Écrivain de langue française mondialement reconnu, ex-prisonnier politique d’une dictature, peut-être bientôt académicien… Et si, après des générations d’intellectuels français compromis dans la collaboration avec le nazisme, « compagnons de route » du communisme ou complices de l’islamisme, Boualem Sansal incarnait aujourd’hui le renouveau des idées françaises héritées des Lumières ?
Tandis qu’une large part de notre élite politique et que certains français de papier (toilette) s’essuient le postérieur avec la République, Boualem Sansal noircit du papier en construisant une œuvre parmi les plus importantes de la littérature francophone de ce XXIème siècle.
Désormais libéré de la prison algérienne où il était arbitrairement détenu, l’écrivain vient de faire acte de candidature à l’Académie française. A l’heure où le Conseil d’État (profond), émanation d’un PS totalement gangrené par le wokisme, valide l’écriture inclusive sur des plaques commémoratives, le renfort d’un Boualem Sansal à l’Académie ne serait effectivement pas de trop pour défendre notre langue française et notre mémoire historique qui sont attaquées « en même temps »…
Le dernier ouvrage en date de Boualem Sansal s’intitule « Le français, parlons-en ! » et c’est une déclaration d’amour à la langue française, une langue française non seulement menacée par la langue inclusive des wokistes (un sociolecte), mais aussi par le wesh-wesh des allogènes (un sabir) et par le globish technocratique de nos gouvernants (un jargon).
Un insupportable français !
Né à Theniet El Had en Algérie et naturalisé français en 2024, Sansal incarne aujourd’hui la quintessence de la francité, ce qui lui vaut le ressentiment, voire la haine, de tout ce que la France compte de politicards/polytocards parmi les plus sordides.
Tout d’abord, il est insupportable, pour les groupusculaires nostalgiques de Pétain et de la collaboration, de constater qu’un français né au Maghreb soit l’un des plus éminents et talentueux représentants de notre patrimoine littéraire contemporain, disqualifiant ainsi les grotesques théories racistes. N’en déplaise à l’extrême droite xénophobe et heureusement résiduelle, Boualem Sansal est bien plus français que ne l’ont jamais été les traîtres français dits « de souche » de la LVF (Légion des Volontaires Français) durant la seconde Guerre mondiale.
Ensuite, il est insupportable, pour ceux qui pensent « qu’il n’y a d’ailleurs pas une culture française » et que notre nation doit se dissoudre dans le grand marché européen, de constater qu’un français d’origine immigrée fait rayonner la langue française dans le monde entier, s’opposant ainsi au culturicide programmé par les instances bruxelloises. N’en déplaise à l’extrême centre européiste et xénocrate, Boualem Sansal est un authentique francophile, contrairement aux maastrichtiens germano-serviles de la nouvelle LVF (Légion des Veules Francophobes) qui viennent, avec le Mercosur, de sacrifier nos compatriotes éleveurs au profit de l’industrie automobile allemande. Notre destin est-il de devenir des prisonniers sans vaches ?
Enfin, il est insupportable, pour les partisans d’un communautarisme précurseur de la guerre civile interethnique et interreligieuse, de constater qu’un français né dans un pays arabo-musulman, au lieu de se replier dans la bigoterie moyenâgeuse et de se vautrer dans l’antisémitisme, s’affirme athée et a choisi de devenir le chantre de l’universalisme républicain. N’en déplaise à l’extrême gauche islamogauchiste, Boualem Sansal est un laïque parfaitement intégré à la société française, tandis que tel leader tonitruant, issu d’une famille de fonctionnaires coloniaux, ne sera jamais digne de devenir un « maghrébin européen ». Mais n’est-ce pas finalement logique, quand on descend du colon, que d’émettre des idées nauséabondes ?
Ceux qui n’ont pas agi pour faire libérer l’otage français Boualem Sansal, comme ceux qui l’ont accablé pendant sa détention, sont les pierres avec lesquelles on lapide la liberté d’expression et sont aussi les Pierre (Cauchon et Laval) d’aujourd’hui. Et l’Histoire reconnaît souvent un héros au fait que sa geste engendre invariablement la haine et la jalousie de la part des médiocres, des félons et des ratés qui n’ont pas d’autre alternative que la collaboration, la trahison et la soumission pour se rapprocher du pouvoir.
Français par l’encre versée
Boualem Sansal était français de cœur et d’âme avant même que d’être naturalisé. Il était français par l’encre versée au service de la francophonie, comme certains tirailleurs sont devenus français -ou auraient dû le devenir- par leur sang versé au service de la République.
Par son œuvre, ode aux libertés de pensée et d’expression, Boualem Sansal est le descendant, sinon par le sang, du moins par l’esprit -ce qui est bien plus important- de Voltaire et de Zola. Comme Voltaire (qui défendit Calas) et comme Dreyfus (qui fut défendu par Zola), Boualem Sansal a été embastillé par le golem sans âme que constitue tout pouvoir tyrannique.
Qu’il intègre ou pas ce riche lieu de culture qu’est l’Académie française importe finalement peu dans la mesure où, après un an d’embastillement dans les geôles de la junte d’extrême droite algérienne, la résilience de l’écrivain démontre qu’il est déjà un « Immortel » ! Ses co-prisonniers algériens ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, qui l’ont surnommé « la Légende »…
L’épée d’académicien sera superfétatoire pour notre auteur : sa plume acérée est déjà une épée, l’épée de la langue française au service du Vrai, du Bien et du Beau.
Si Marianne était un homme, il faudrait l’appeler Boualem.
