Il y a des consciences non pas morales, mais atmosphériques : elles pensent avec l’air du temps.
Elles auraient été sartriennes quand Sartre était la mode, non par conviction mais par climat.
Elles n’auraient été ni camusiennes — trop solitaires — ni aroniennes — trop lucides.
Aujourd’hui, elles parlent la langue de la doxa avec la même ferveur, et la même cécité. Et si l’on se présente comme une voix morale universelle, alors le silence sur l’Iran pose question.
Il est aujourd’hui de bon ton, chez certaines grandes consciences autoproclamées, de se taire sur l’Iran. Ce silence n’est pas un oubli : il est une posture. Car l’Iran oblige à nommer ce que la doxa préfère contourner — l’islamisme, la terreur religieuse, la violence d’État, la pendaison comme mode de gouvernement.
Or les Iraniens ont montré un courage immense.
Ils ont soutenu les Juifs après le 7 octobre.
Ils paient chaque jour leur liberté de leur vie.
Ils affrontent un régime qui torture, emprisonne, exécute, et ils le font à visage découvert.
Pourtant, ils sont invisibles dans l’indignation officielle, absents des grands discours moraux, effacés du paysage compassionnel.
À l’inverse, il est infiniment plus payant, symboliquement et médiatiquement, de s’en prendre à Israël. Cela ne coûte rien, cela rapporte des applaudissements, et cela permet de recycler sans risque les mensonges du Hamas — groupe terroriste soutenu par le régime iranien, et complice direct des ayatollahs qui assassinent leur propre peuple.
Ce n’est pas une morale universelle qui parle ici.
C’est une morale conforme.
© Paul Germon
