Alors que l’Amérique et la Chine, la Russie depuis peu, se disputent le Groenland ou les richesses du territoire Inuit pour sécuriser un accès aux terres rares dans le contexte d’une guerre d’influence arctique entre États-Unis et Chine, et jusqu’à ce que Trump revendique l’acquisition du Groenland, l’ensemble de la planète, et plus particulièrement l’Europe, se fichait du territoire glacé des Inuits.
Ils s’en fichaient tellement, qu’ils ont laissé pendant des années, le Danemark, présenté comme un modèle de démocratie monarchique, stériliser les femmes et petites filles Inuits.
Stérilisation des femmes et petites filles inuits : un génocide organisé
Entre 1966 et 1975, le gouvernement danois a mené une vaste campagne de stérilisation forcée au Groenland, ciblant des milliers de femmes inuites, dont certaines âgées de 12 ans.
Cette politique visait à réduire la croissance démographique de l’île, sous tutelle coloniale, afin de diminuer les subventions liées à une population et des personnes que les Danois considéraient comme des animaux.
Plus de 4 500 femmes ont été contraintes de se faire poser un dispositif intra-utérin (stérilet) sans leur consentement, sans explication ni avis parental.
A l’arrachée, avec des méthodes de nazis qui auraient fait jubiler Mengele
Les conséquences furent dramatiques : douleurs, infections, stérilité permanente, et traumatismes psychologiques profonds.
Ce scandale, longtemps ignoré, n’a été révélé qu’en 2017 grâce aux témoignages de Naja Lyberth, première victime à dénoncer l’acte.
En mars 2024 des centaines de femmes ont déposé plainte contre l’État danois pour obtenir réparation.
Et enfin, en 2025, 60 années après cette expérience génocidaire, le Danemark a enfin reconnu ses responsabilités et a présenté des excuses publiques au nom du pays : « pardon, pour la douleur et l’injustice » causées.
Une enquête officielle est maintenant en cours pour faire toute la lumière sur cette période, et il sera possible avec les outils actuels, de chiffrer la stagnation démographique du peuple de l’Arctique, après cette stérilisation forcée des femmes et petites filles.
Aujourd’hui, les 55.000 âmes restantes et résistantes à ce qu’il faut bien nommer génocide, qui ont banni le terme « esquimau » au bénéfice de celui « d’Inuit, personne humaine », sont de nouveau sous le regard avide de pays et d’empires qui veulent maintenant dépecer leur terre, comme autrefois leurs corps, sans se soucier de leur existence et de leur désir d’indépendance.
Ce n’est sans doute pas si simple pour les 55.000 Inuits d’aujourd’hui de faire la différence entre réalité et fantasme de liberté
Ils ont troqué leurs igloos pour des chalets, abandonné et sacrifié aux progrès beaucoup de leur culture ancestrale, à part la pêche aux phoques et à la baleine dont ils mangent la viande, malgré l’arrivée jusqu’à eux d’une civilisation policée où le besoin des hommes est décidé par des autorités aux gros derrières coincés dans des fauteuils de cuir, bien au chaud à boire de l’hydromel ou de l’akvavit. De la bière à Bruxelles ou à Pékin.
Sans entrer dans des polémiques géostratégiques complexes, et alors que l’on voudrait qu’enfin les Inuits puissent vivre de leurs richesses comme ils le souhaitent, qu’ils les oublient même pour revenir à leur culture traditionnelle si cela leur chante, l’Europe, Macron en tête, pour s’opposer à l’Amérique bien plus qu’à la Chine et la Russie, s’est souvenue que par le jeu des alliances, elle avait des droits sur le Groenland et a décidé de les faire valoir « baïonnette au fusil » si je peux dire, pour soutenir le Danemark dans ses revendications « coloniales ».
Et Macron, le premier de nos troufions, exulte. Jubile.
Il l’aura enfin, sa guerre !
© Louise Gaggini
Ecrivain, journaliste, mais aussi sculpteur et peintre, pianiste, bref une « artiste plurielle ». Diplômée de lettres, d’Histoire de l’Art et de Conservatoire de musique. Auteur de nombreux dossiers pour la presse et la télévision, dont certains ont été traduits par l’Unesco, des organismes humanitaires et des institutions étrangères à des fins d’éducation et de prévention et d’autres furent diffusés par l’EN, Louise Gaggini est l’auteure d’essais et de romans dont La résultante ou Claire d’Algérie et d’un livre d’art pour l’UNICEF: Les enfants sont la mémoire des hommes. Elle est aussi l’auteure d’essais de société, et expose régulièrement, récemment à New York.
elle a publié son premier roman pour littérature jeunesse en 2001, et son premier roman pour adultes en 2004.
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