Steve Witkoff est-il un idiot ? Par Nicolas Carras

Article lié à : « Le fanatisme palestinien et l’amour de la mort contre la vie »

Donc la phase 1 du « plan de paix », celle du cessez-le-feu, n’a pas eu lieu. N’importe qui de vaguement lucide savait que ça n’arriverait pas. Le cessez-le-feu ayant échoué avant même d’exister, Steve Witkoff a tranquillement annoncé que la phase 2 dudit plan — phase qui n’existe que dans le monde fantaisiste des types comme lui — allait être lancée.

À savoir : le désarmement du Hamas.

Désarmement que le Hamas rejette, comme il a rejeté le cessez-le-feu, puisque son objectif affiché depuis sa création est l’anéantissement d’Israël. Ce n’est pas une rumeur complotiste : c’est écrit noir sur blanc, répété à chaque micro tendu.

Je regarde des gens comme Steve Witkoff et je me demande sérieusement s’il n’est pas drogué, fou, ou simplement installé dans un monde parallèle où les faits n’ont pas la même texture que dans notre monde.

Lors d’un briefing mercredi dernier, l’un des officiels de ce plan de paix foireux — ce truc cosmétique qui coûte une blinde pour faire joli dans les conférences — a déclaré :

« Nous avons parlé à un certain nombre de membres du Hamas et nous entendons partout dans le monde arabe que les gens ne veulent plus être en guerre. Ils veulent la paix, un avenir économique meilleur pour leurs familles, des maisons crédibles. »

Et il a ajouté :

« Ils veulent ce que tout le monde veut : une bonne vie, et une bonne vie ne s’obtient pas par des moyens militaires. »

Le gars est en fait un baba-cool qui a fumé un peu trop de marie-jeanne. C’est ça ? J’ai bon ?

Déjà, Gaza ce n’est pas « le monde arabe ». Et ensuite, comme je l’ai déjà écrit, c’est un territoire où environ 1,3 à 1,7 million de personnes sur 2,1 millions soutiennent des groupes dont le programme central reste l’anéantissement d’Israël.

Des fanatiques qui n’ont strictement aucune envie de faire la paix, dont une partie des gamins rêvent de tuer des Juifs, de devenir des martyrs.

Cette réalité sordide, visible comme un éléphant au milieu du salon, n’a pas empêché Witkoff de déclarer en 2025, lors de la conférence de l’America Business Forum à Miami :

« Le Hamas a toujours indiqué qu’il désarmerait. Ils l’ont dit – ils nous l’ont dit directement lors de cette fameuse réunion que Jared a eue avec eux. »

C’est un gag ? Un sketch des Muppet Show ?

C’est Kermit qui parle ou un conseiller diplomatique ?

Et le monsieur d’ajouter — attention, le premier qui rigole … :

« J’espère qu’ils tiendront parole, car s’ils le font, ils comprendront que le plan de développement que nous avons pour Gaza est vraiment formidable – bien meilleur que tout ce qui a jamais été proposé auparavant. »

« J’espère qu’ils tiendront parole. » … « ILS comprendront»

Il parle de fanatiques antijuifs soutenus par des centaines de milliers de Gazaouis, qui ont exterminé 1 200 Israéliens avec une intention explicitement génocidaire. C’est-à-dire que s’ils avaient pu en massacrer 10 000 de plus, ils l’auraient fait sans hésiter. S’ils disposaient de la puissance militaire suffisante, ils extermineraient la totalité de la population juive d’Israël.

Et Steve Witkoff, face à ça, espère qu’ils tiendront parole et qu’ils comprendront.

On n’est plus dans l’analyse géopolitique. On est dans un film avec Jim Carrey. Il n’y a pas d’autre explication possible selon moi.

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Aussi, le Hamas s’apprête à organiser une élection interne pour désigner son nouveau chef, une étape cruciale qui intervient après la mort de Yahya Sinwar, tué par Israël en 2024. Ce processus, mené par le Conseil de Shoura, reflète non seulement la volonté du mouvement de maintenir une structure politique et militaire solide, mais aussi son refus clair de s’effacer ou de chercher un apaisement réel avec Israël. Plutôt que de considérer cette élection comme une opportunité d’ouverture vers une paix durable, elle apparaît comme un renforcement du leadership du Hamas, qui veut continuer sa lutte sur ses propres termes, sans concession majeure.

Le projet technocratique de paix, centré sur une administration neutre de Gaza, semble ainsi largement déconnecté de la réalité du terrain et des objectifs réels du Hamas.

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Pour rappel* :

  • Un responsable du Hamas : « Nous n’avons jamais accepté de rendre nos armes et cela n’arrivera pas ; Trump est un menteur. »

Le 15 octobre, le portail d’information Arabi21 citait un responsable anonyme du Hamas qui démentait les affirmations de Trump selon lesquelles le Hamas aurait promis de désarmer. Il déclarait : « C’est vraiment étrange, et on peut même parler de pur mensonge. Nous insistons sur le fait que personne n’a conclu d’accord avec nous en échange de la reddition des armes de la résistance. » Le responsable a ajouté que « les derniers sondages d’opinion auprès de la société américaine indiquent que 76 % des déclarations de Trump sont mensongères. Il est sans conteste le président le plus menteur des États-Unis et même au-delà… »

Le responsable a poursuivi : « Nous n’avons négocié jusqu’à présent que sur la première phase de l’accord et n’avons pas encore entamé les négociations sur la seconde. Nous n’avons en aucun cas manifesté la moindre volonté de désarmer ou quoi que ce soit de ce genre. À en juger par ces déclarations, on dirait que Trump négociait avec lui-même. Il parle avec les Israéliens et pense pouvoir finir par nous imposer cela, à nous, à la résistance, mais cela n’arrivera pas… La position de la résistance a été très claire avant, pendant et après l’annonce de l’accord de cessez- le-feu : ces armes ne seront pas rendues… »

  • 15 décembre 2025 — Dans une déclaration marquant le 38e anniversaire de sa fondation, le Hamas a qualifié les attaques du 7 octobre de « jalon majeur dans notre marche vers liberté et indépendance », affirmant que la lutte contre Israël et la « défense de la terre et des lieux saints » resteraient au cœur de ses objectifs et qu’il poursuivrait ces objectifs « indépendamment des sacrifices » nécessaires. … « L’attaque du 7 octobre restera une étape solide marquant un véritable commencement pour repousser l’occupation et mettre fin à sa présence sur notre terre. » – The Jerusalem Post
  • Oussama Hamdan, responsable du Hamas : « Aucun Palestinien n’acceptera de rendre les armes. »

Le 9 octobre, après l’annonce d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Charm el-Cheikh, Oussama Hamdan, responsable du Hamas, a déclaré à la chaîne qatarie Al-Jazeera Mubasher qu’« aucun Palestinien n’acceptera de rendre les armes » et que « notre peuple a un besoin urgent de résistance »

  • Husam Badran, membre du bureau politique du Hamas : « Les armes resteront tant que l’occupation se poursuivra. »

Husam Badran, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré au journal qatari Al-Arabi Al-Jadid que « la question des armes de la résistance est exagérée, comme si nous possédions des chars ou des avions », et que les armes palestiniennes sont destinées à l’autodéfense et « resteront en place tant que l’occupation se poursuivra ». Il a ajouté que la question avait été reportée à une discussion entre les Palestiniens et que la position de tous les Palestiniens concernant les armes était « connue d’avance ».

  • Responsable du Hamas : « Le désarmement est hors de question. »

Un responsable du Hamas, sous couvert d’anonymat, a déclaré le 11 octobre à la chaîne saoudienne Al-Arabiya que, pour le Hamas, « le désarmement n’est pas à l’ordre du jour » et est « hors de question »

  • Muhammad Nazzal, membre du bureau politique du Hamas : « Nous ne désarmerons pas ; c’est non négociable. »

Le 12 octobre, Muhammad Nazzal, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré à Al-Jazeera Mubasher que « le Hamas ne rendra jamais ses armes ; c’est non négociable ». Il a précisé que « les armes de la résistance sont indissociables de la création d’un État palestinien indépendant et pleinement souverain, et que lorsque cet État sera établi, les armes lui seront remises ». Soulignant que « toute discussion sur le désarmement ou le dépôt des armes est totalement inacceptable», Nazzal a ajouté que « les médiateurs égyptiens et autres ne nous ont jamais présenté une telle initiative ». La décision concernant l’avenir des armes et tout arrangement potentiel, a-t-il déclaré, revient à toutes les factions de la résistance, car « cette question ne concerne pas seulement un mouvement, mais plutôt toutes les factions de la bande de Gaza, y compris le Jihad islamique palestinien, le Front populaire [pour la libération de la Palestine] et d’autres »

  • Abd al-Jabbar Sa’id, membre du bureau politique du Hamas : Le désarmement est actuellement impossible ; les armes lui seront remises lorsqu’un État palestinien sera établi.

Abd al-Jabbar Sa’id, également membre du bureau politique du Hamas à l’étranger, a déclaré au portail d’information Arabi21 le 16 octobre : « Désarmer la résistance à Gaza dans le contexte actuel, sans la création d’un État palestinien indépendant et en l’absence d’un gouvernement pour administrer la bande de Gaza, conduirait inévitablement à un chaos total et créerait un vide immense et dangereux, difficile à combler.» Le Hamas, a-t-il affirmé, a clairement indiqué que ses armes « sont liées à l’existence de l’occupation et à notre droit légitime de mener une résistance »[7], et a ajouté : « Lorsque nous aurons établi un État palestinien indépendant et souverain qui défend les droits du peuple palestinien, ces armes seront remises à cet État et à son armée et feront partie de son arsenal. » Il n’y aura alors aucune raison ni justification à leur existence [entre les mains du Hamas]…

  • Muhammad Nazzal, membre du bureau politique du Hamas : le Hamas ne peut s’engager à désarmer

Le 30 octobre, Muhammad Nazzal, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré à Reuters que le Hamas ne pouvait s’engager à désarmer et que cette question serait abordée lors de la prochaine phase des négociations, sous réserve de l’accord des autres factions palestiniennes. Interrogé sur la possibilité que le Hamas renonce à ses armes, il a répondu : « Je ne peux pas répondre par oui ou par non. Franchement, cela dépend de la nature du projet. Le projet de désarmement dont vous parlez, qu’entendez-vous par là ? À qui les armes seront- elles remises ?» Il a ajouté que les questions à aborder lors de la prochaine phase des négociations, notamment la question des armes, concernaient non seulement le Hamas, mais aussi d’autres groupes armés palestiniens, et nécessiteraient que les Palestiniens, dans leur ensemble, parviennent à une position commune…

*Source MEMRI : https://www.memri.org/reports/contrary-trumps-plan-senior- hamas-officials-emphasize-organization-will-not-disarm

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Cela va faire cent ans que les fanatiques qui ont pris le pouvoir dans ce coin du monde veulent en finir avec les Juifs et avec Israël. Cent ans que c’est leur obsession centrale, leur horizon politique, leur religion séculière. Et depuis un siècle, ils s’y sont mis méthodiquement : harcèlement quotidien, attentats, massacres, propagande dès l’enfance, promesse répétée d’effacer un peuple de la carte.

Tous les jours, depuis cent ans, les Juifs d’Israël vivent avec ça. Mais Witkoff, lui, va enfin réussir.

Oui, cette fois ils vont comprendre.

Ils vont se réveiller un matin, regarder le « plan formidable » et se dire :

« Mince alors, on s’est trompés de siècle de haine, rendons les armes et plantons des palmiers. »

HA HA HA !

Allez un peu de musique

(Merci au grand Daniel Greenfield qui m’a inspiré cet article.)

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