Iran Update #15. La Feuille de route d’Hamid Enayat

Bilan humain et arrestations massives

• Selon l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), le nombre total des arrestations et détentions liées au soulèvement entre le 27 décembre 2025 et le 13 janvier 2026 dépasse 50 000 personnes à l’échelle nationale.
• Une partie des personnes arrêtées de manière massive sur le terrain a été relâchée ultérieurement ; leur nombre exact demeure inconnu.
• Les arrestations se poursuivent sous forme de raids surprises dans les domiciles, les quartiers et les lieux de travail fermés.
• Ces chiffres sont issus d’enquêtes menées dans 144 villes et de témoignages recueillis dans 76 autres villes, auprès de témoins directs, de familles, de personnels locaux et de détenus.
• Il est souligné que seule une inspection complète de l’ensemble des prisons et centres de détention du régime permettrait d’établir un bilan précis.

Rappel

• Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire du régime, a reconnu qu’au cours du soulèvement de 2022, environ 90 000 arrestations avaient eu lieu.
• En mai 2025, il a admis publiquement que ces dossiers concernaient des étudiants, lycéens, enseignants, femmes, hommes, ouvriers et citoyens de toutes les couches sociales.

18ᵉ jour du soulèvement : affrontements et combats de rue

Les mardi et mercredi 13 et 14 janvier, Téhéran ainsi que de nombreuses villes du pays ont été le théâtre de violents affrontements entre les jeunes insurgés, la population révoltée et les forces de répression.

Le soulèvement populaire se poursuit

• À Téhéran, mardi soir, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs quartiers aux cris de « Mort au dictateur », accompagnées d’affrontements directs avec les unités spéciales.
• Dans le quartier Ekbatan, des rassemblements nocturnes ont été signalés. À Naziabad, des tirs indiscriminés de plombs ont fait plusieurs blessés parmi les manifestants.
• Mardi matin, des milliers de personnes ont accompagné les dépouilles des martyrs au cimetière de Behesht-e Zahra, scandant « Mort à Khamenei ».
• Mardi soir à Téhéran, des combats de rue ont opposé les insurgés aux forces spéciales dans plusieurs zones de la capitale.
• Toujours à Téhéran, les insurgés ont incendié un dépôt de munitions appartenant au CGRI et au Bassidj dans le quartier de Gholhak.

Extension des affrontements en province

• À Machhad, lors d’affrontements directs, un colonel et trois membres du Bassidj qui tiraient sur la foule ont été tués.
• À Kermanshah, les combats ont duré toute la nuit. Dans le secteur de Tagh-e Bostan, les forces du régime ont ouvert le feu sur la population. Des renforts ont été déployés depuis Qasr-e Shirin, Ravansar et Javanrud.
• Dans la province de Kerman, notamment à Shahr-e Babak, la situation est décrite comme quasi guerrière, avec des centaines d’arrestations. Les forces de répression ont été déployées avec des armes lourdes. Le régime y pratique également l’extorsion financière pour la restitution des corps des victimes.
• À Tabriz, dans le quartier d’Abresan, les affrontements entre jeunes insurgés et forces répressives se sont poursuivis.
• À Ispahan, les jeunes insurgés ont incendié des motos appartenant au Bassidj.
• Des affrontements et courses-poursuites ont également été signalés mardi soir à Chiraz, Ilam, Karaj, Arak et Qom.
• À Yazdanshahr (Ispahan), les insurgés ont opposé une résistance déterminée aux tirs des forces du CGRI et des unités spéciales.

Conclusion

Malgré la coupure des communications, la répression massive et les arrestations de grande ampleur, le soulèvement populaire en Iran ne faiblit pas. Il est entré dans une phase plus coûteuse et plus violente, marquée par une confrontation directe et étendue entre la population et l’appareil répressif du régime.

© Hamid Enayat

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