Tribune Juive

Parce que sur terre, la fraternité, ça existe ? Par Chochana Boukhobza

Comment supporter cette logorrhée permanente que l’on nous inflige sur les plateaux de télévision et les ondes radio ? Des heures de commentaires, d’analyses creuses, de bavardages prétendument stratégiques sur le Groenland — un territoire où, à l’heure qu’il est, il ne se passe strictement rien. Rien, sinon des fantasmes géopolitiques recyclés en boucle.

Trump, encore Trump. On nous assomme de ses rodomontades, de ses menaces de prise de contrôle, de scénarios d’invasion imaginaires. Une dramaturgie médiatique confortable, sans victimes réelles, sans sang, sans cris.

Pendant ce temps, en Iran, on tue. On viole. On torture. On pend. Les Gardiens de la mort écrasent un peuple désarmé, et cela se déroule dans un silence presque parfait : silence des réseaux, silence des gouvernements occidentaux, silence des partis politiques, silence des foules si promptes à s’indigner ailleurs.

Pas de breaking news. Pas de hashtags. Pas de marches blanches.

Alors qu’il y aurait tant à faire : fermer les ambassades iraniennes, rompre les relations diplomatiques, imposer des sanctions réelles, envisager enfin des réponses politiques — et non ces communiqués lâches et creux — face aux mollahs.

À la place, on récite le catéchisme médiatique : « monde de prédateurs », « herbivores contre carnivores », menace des trois empires — Russie, Chine, États-Unis — budgets militaires, réarmement européen, chiffres et graphiques. Du bruit. Encore du bruit.

Et l’Iran ?

Et la menace islamiste chiite qui nous vise directement ?

Et ces femmes iraniennes abattues dans la rue pour une mèche de cheveux ?

Et ces enfants exécutés pour avoir crié liberté ?

Serait-ce une simple « perturbation » ? Un phénomène météorologique appelé à se dissiper ? On attend que ça passe ?

Je me souviens. Nous étions déjà peu nombreux à dénoncer Assad, pendant qu’il exterminait son propre peuple. Cinq cent mille morts. Et pourtant, il siégeait à l’ONU, blanchi par le silence international, soutenu sans honte par Mélenchon et ses affidés, jusqu’à sa chute finale.

J’aimerais revoir ces foules qui hurlent pour de bonnes causes. Je rêve de voir des femmes défendre les femmes, vraiment. J’aimerais voir Médecins sans frontières et Amnesty International mener des campagnes d’ampleur mondiale. Mais il n’y a rien. Le néant. Le mutisme.

Pour le Hamas, l’argent coulait à flots. La victimisation était rentable. Un fonds de commerce idéologique parfaitement huilé. Et pendant ce temps, sur les plateaux de la RTBF, un journaliste peut mentir sans ciller sur la mort d’un enfant prétendument victime du froid, alors qu’il fait 22 degrés sur place.

Une conclusion s’impose : la propagande qatarie n’était pas un simple outil d’influence. C’était — et c’est encore — une machine de guerre.

« Sur la terre, comme au ciel, continuez le combat pour la fraternité », nous ressasse cette publicité.

Ah oui ?

Comme au ciel ?

Parce que sur terre, la fraternité, ça existe ?

© Chochana Boukhobza

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