Jusqu’à quand la gauche nous donnera-t-elle des leçons ? Par Paul Germon

Il y a un moment où l’indignation morale devient obscène.
Un moment où ceux qui ont tout excusé, tout relativisé, tout justifié, devraient se taire.
La gauche française a dépassé ce moment depuis longtemps.

Car il faut le rappeler, encore et encore : la gauche a soutenu, accompagné, justifié ou minimisé la plupart des grands régimes criminels du XXᵉ siècle et du début du XXIᵉ.

La longue liste qu’ils veulent faire oublier

Elle a soutenu ou excusé :

  • l’URSS de Joseph Staline ;
  • la Chine de Mao ;
  • le Cambodge de Pol Pot ;
  • Cuba de Castro ;
  • le Venezuela de Chavez puis Maduro ;
  • les dictatures “révolutionnaires” africaines ;
  • aujourd’hui encore, les théocraties islamistes quand elles se drapent d’anti-impérialisme.

À chaque fois, le même mécanisme :

  • enthousiasme initial ;
  • aveuglement volontaire ;
  • silence gêné ;
  • excuses tardives et presque inaudibles.

Il faut ajouter une vérité que la gauche préfère soigneusement évacuer : le Parti communiste français, totalement aligné sur Staline, n’a jamais été un contre-pouvoir moral au stalinisme.
Il a justifié les procès truqués, nié les purges, relativisé le Goulag, discipliné ses cadres et ses intellectuels au nom de la ligne soviétique.
Ce ne fut pas une erreur marginale, mais une soumission idéologique durable, jamais réellement assumée.

Il faut également rappeler un fait historique trop souvent édulcoré : le Parti communiste français, fidèle à Moscou, a été objectivement l’allié de l’Allemagne nazie tant que dura l’alliance entre l’URSS et le Reich.
Jusqu’à la rupture du pacte germano-soviétique par Adolf Hitler, le PCF dénonça la guerre comme “impérialiste”, refusa toute logique de résistance nationale et se conforma strictement aux consignes venues du Kremlin.
Ce ne fut ni un accident ni un malentendu, mais l’aboutissement logique d’une fidélité idéologique à un totalitarisme.

Phnom Penh : la honte française

Avril 1975.
Les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh.

La ville est vidée.
Les malades sont chassés des hôpitaux.
La terreur commence.

Et en France ?

« Libération » jubile.
« Le Nouvel Observateur » s’enthousiasme.
On parle de « libération ».
On célèbre la chute d’un régime « pro-américain ».

Deux millions de morts suivront.

Deux millions.

« Le Monde » et l’art de l’excuse

Pendant des années, « Le Monde » expliquera.
Nuancera.
Contextualisera.

Puis viendra le procès de Kang Kek Iew, dit Douch, le bourreau de S-21.

Et là encore :

  • pas de mea culpa clair ;
  • pas de reconnaissance franche de l’aveuglement ;
  • quelques lignes, tardives, presque gênées.

Des excuses si discrètes qu’elles ressemblaient à un murmure.
Indignes au regard du crime.

Toujours la même arrogance morale

Et malgré tout cela, la gauche continue :

  • à distribuer des brevets d’humanisme ;
  • à donner des leçons de morale ;
  • à expliquer le Bien et le Mal.

Elle n’a jamais payé le prix de ses aveuglements.
Jamais rendu de comptes pour ses enthousiasmes meurtriers.
Jamais assumé sa responsabilité intellectuelle.

Elle a soutenu les bourreaux au nom du peuple,
puis elle s’est réfugiée dans l’oubli au nom de la complexité.

Aujourd’hui encore

Aujourd’hui, elle hésite face à l’Iran.
Relativise les mollahs.
Cherche des “causes profondes”.
Explique l’inexplicable.

Toujours la même indigence morale.
Toujours la même incapacité à dire simplement :

une dictature est une dictature.

Conclusion

La question n’est plus de savoir si la gauche s’est trompée.
Elle s’est trompée massivement, répétitivement, structurellement.

La vraie question est celle-ci :

Jusqu’à quand ceux qui ont applaudi Phnom Penh, excusé Pol Pot, relativisé Staline, suivi Moscou jusque dans l’alliance avec le Reich, minimisé les mollahs et fermé les yeux sur tant de charniers continueront-ils à nous donner des leçons ?

Leur passif est trop lourd.
Leur silence trop tardif.
Leur arrogance morale désormais indécente.

© Paul Germon

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