Antisémitisme assumé, revendiqué : jusqu’à quand, jusqu’où ? Par Corinne Serfati-Chetrit

Le 30 décembre 2025, à l’aéroport de Roissy–Charles de Gaulle, en pleine journée, à 11 heures du matin, s’est déroulée une scène d’antisémitisme d’une gravité sidérante. Une scène ordinaire par son décor — un café d’aéroport, des salariés en pause, des voyageurs pressés — et pourtant révélatrice d’un basculement profond.

Une femme française, mère de famille juive, accompagne son fils à l’aéroport avant son embarquement. À une table voisine, un homme, manifestement employé de l’aéroport, discute avec des collègues. Les propos sont clairs, décomplexés, répétés :
« Ces sionistes de m…, ces juifs de m…, je les déteste, ces sionistes de m… »

Choquée, la mère conduit son fils à l’embarquement, choisissant de revenir seule pour le protéger, pour ne pas le traumatiser. Au moment de régler sa consommation, elle glisse à la serveuse :
« Vous indiquerez à ce monsieur que c’est la sioniste de m… qui lui paie sa collation. »

De retour à sa table, elle affronte calmement l’auteur des propos :
« Je suis juive. Pourquoi avez-vous tenu ces propos ? Vous les assumez ? »
La réponse est immédiate, brutale, revendiquée :
« Vous êtes juive, vous êtes sioniste. »
— « Je suis les deux. »
— « Eh bien oui, j’assume », confirme-t-il, soutenu par une collègue attablée avec lui.

Lorsque cette femme sort son téléphone pour filmer — puisque, dit-elle, il assume — l’homme lui assène une tape sur la main pour faire tomber l’appareil. L’altercation verbale devient extrêmement violente.

Tout cela s’est déroulé sous les yeux de centaines de personnes. Personne n’est intervenu. Personne n’a réagi. Le courage, et même l’héroïsme, de cette femme se sont heurtés à un silence assourdissant.

Nous ne sommes plus face à un antisémitisme « libéré » dans les mots. Nous sommes désormais face à un antisémitisme assumé, revendiqué, banalisé, devenu sujet de conversation entre collègues sur un lieu de travail, en public, en plein jour. Les mots, on le sait, précèdent toujours les actes.

Une plainte a été déposée. La justice devra être rapide et sévère. Mais ce dossier interpelle aussi, et surtout, nos responsables politiques. Ils ne peuvent plus se contenter de déclarations d’intention. Le silence, l’inaction, l’inertie sont devenus une forme de complicité. À force de ne pas répondre, ils finiront par être comptables de ce qui arrive.

Jusqu’à quand ? Jusqu’où ?

© Maître Corine Serfati-Chetrit, Représentante régionale du BNVCA

La victime a déposé plainte et sera défendue et représentée par Maître Corine Serfati Chetrit, Avocat au Barreau de Perpignan

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11 Comments

  1. La verité c est que ces 2 energumenes vehiculent la doxa française et ne font que repeter , tel des perroquets , la  » position  » macrono socialiste imposée a une France sous controle !
    Dans un pays sans presse libre , comment imaginez vous que tel. Ou rel citoyen lambda echappe a la machine de propagande d etat ?

    • Ah les pauvres citoyens! ils ne peuvent pas échapper à la machine d’état. Et pourquoi d’autres le peuvent? C’est là toute la question et le mystère de notre humanité depuis que le monde est monde, que certains arrivent à dire non et les autres amen. Hélène.

    • Bon, je sais pas où est passé ma réponse. je la réitère : Ah ces pauvres citoyens,c’est pas de leur faute! alors pourquoi certains arrivent à dire non? c’est là tout le mystère de notre humanité depuis la nuit des temps! On va me sortir des tas d’explications sur le déterminisme du milieu social, sur l’éducation, etc etc, et pourtant c’est pas satisfaisant, il y a tant d’
      exemples qui battent en brèche les explications les plus…rationnelles soi disant.Et peut être que c’est tant mieux! Alors je lève mon verre à ceux qui font mentir les raisonnements les plus savants, aux simples d’esprit, aux gens de coeur, aux justes du monde entier! Hélène.

  2. Jusqu’à quand? Jusqu’où? Je peux répondre et j’assume: Jusqu’à ce qu’a notre tour (et si ce n’est pas trop tard) nous rendions coup pour coup! A ceux qui ne connaissent que la violence pour mode d’expression, il faut utiliser le même langage! Ils ne craignent que la force!

  3. La plupart des gens présents lors du comportement décomplexé de ces médicocres employés ont fait silence… Cependant, si l’on veut chercher un indice de ce que l’Homme est capable de faire ou dire, il faut aller chercher dans ce que l’Homme à déjà dit et fait.
    L’Homme ordinaire : l’employé de l’aéroport, le voisin, l’homme politique, l’artiste, le journaliste, etc. etc. etc. a déjà dit et a déjà fait, et à chaque génération, ça recommence…
    Les nazis n’auraient pu faire ce qu’ils ont fait sans la complicité de tous ces gens ordinaires. À chaque génération se lèvent les médiocres, les jaloux, les envieux, les incultes, bref ! De quoi devenir misanthrope…

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