« L’antisémitisme n’est jamais une opinion : c’est toujours un symptôme de décadence morale et politique. » — Hannah Arendt
« L’injustice faite à un seul est une menace faite à tous. » — Montesquieu
L’accession au pouvoir de Hugo Chávez en 1999 marque une rupture radicale dans l’histoire politique, économique et morale du Venezuela. Présenté comme un « libérateur du peuple », un héraut du socialisme bolivarien et de l’anti-impérialisme, Chávez inaugure en réalité un régime autoritaire fondé sur la désignation systématique de boucs émissaires. Parmi eux, la communauté juive du Venezuela occupe rapidement une place centrale, à la fois symbolique et idéologique.
Avant 1999, cette communauté – environ 20 000 personnes – constituait la communauté juive la plus prospère et la mieux intégrée d’Amérique du Sud. Présente depuis le XIXᵉ siècle, renforcée par des vagues migratoires venues d’Europe après la Shoah et du Moyen-Orient, elle participait activement à la vie économique, culturelle et intellectuelle du pays. Rien ne la distinguait politiquement, sinon son attachement aux libertés démocratiques et à l’État de droit.
C’est précisément ce qui la rendit vulnérable.
L’ANTISEMITISME CHAVISTE : UNE IDEOLOGIE IMPORTEE ET REACTIVEE
Dès les premières années du régime, le discours chaviste se nourrit d’un imaginaire conspirationniste classique, empruntant à la fois au marxisme le plus vulgaire et à l’antisémitisme traditionnel : le Juif comme incarnation du capitalisme, de la finance internationale, de l’ « ennemi intérieur » et de la domination étrangère.
À partir du début des années 2000, les attaques verbales se multiplient. Chávez évoque à plusieurs reprises une « élite internationale » qui contrôlerait l’économie mondiale, désignant implicitement – et parfois explicitement – les Juifs. En 2006, lors d’un discours télévisé, il affirme : « Le monde appartient à tous, mais quelques minorités, descendants de ceux qui ont crucifié le Christ, se sont approprié les richesses du monde. »
Cette phrase, d’une violence symbolique extrême, marque un tournant : l’antisémitisme n’est plus un sous-texte, il devient un langage politique assumé.
DES ACTES, PAS SEULEMENT DES MOTS
L’antisémitisme chaviste ne se limite pas au discours. Il s’incarne dans des faits précis, documentés et répétés.
Entre 2004 et 2013 :
• Des synagogues sont profanées et attaquées, notamment à Caracas (Tiferet Israel, 2009), parfois par des groupes armés.
• Des livres de Torah et de Talmud sont brûlés, assimilés à des symboles d’oppression.
• Des perquisitions arbitraires sont menées dans des écoles et institutions juives sous prétexte de « sécurité nationale ».
• Des médias d’État diffusent des caricatures et messages antisémites, associant systématiquement judaïsme, sionisme et impérialisme américain.
• Des responsables communautaires sont harcelés, menacés, surveillés.
L’État ne protège plus. Il encourage, tolère ou instrumentalise.
L’appel à l’aide de cette communauté spoliée, intimidée, contrainte à l’exil, ne rencontre pratiquement aucun écho international. Trop petite, trop silencieuse, trop peu stratégique pour intéresser les chancelleries occidentales fascinées par le mythe chaviste.
L’EXODE DANS L’INDIFFERENCE
En moins de quinze ans, près de 80 % de la communauté juive vénézuélienne quitte le pays. Israël, les États-Unis, le Panama ou l’Espagne deviennent des terres de refuge. Les synagogues se vident, les écoles ferment, les cimetières sont abandonnés.
Ce n’est pas un simple exil économique. C’est une expulsion idéologique.
La communauté juive n’a pas fui la pauvreté : elle a fui la haine d’État, la peur quotidienne, la certitude qu’elle n’avait plus d’avenir dans un pays qui l’avait pourtant longtemps intégrée.
MADURO : LA CONTINUITE DANS LA RADICALITE
Avec l’arrivée au pouvoir de Nicolás Maduro en 2013, beaucoup espéraient une inflexion. Il n’en fut rien. Maduro hérite non seulement du pouvoir, mais aussi de l’idéologie et des ennemis désignés.
Sous son régime :
• L’antisionisme obsessionnel devient un pilier diplomatique, avec un alignement total sur l’Iran et le Hezbollah.
• Toute critique internationale est assimilée à un « complot sioniste ».
• La mémoire de la communauté juive vénézuélienne est effacée du récit national.
Maduro ne fait qu’achever l’œuvre de Chávez : un Venezuela vidé de ses Juifs, sans même que cela ne suscite d’émotion internationale.
UNE LEÇON POLITIQUE UNIVERSELLE
L’histoire de la communauté juive du Venezuela est une alerte majeure, trop souvent ignorée. Elle démontre une fois de plus que l’antisémitisme est toujours un marqueur avancé de la dérive autoritaire. Là où l’on commence par désigner les Juifs comme responsables de tous les maux, on finit toujours par écraser l’ensemble de la société.
Le chavisme n’a pas seulement ruiné une économie. Il a détruit un tissu humain, culturel et moral, en commençant par ceux qu’il pouvait isoler sans coût politique.
CONCLUSION
De Chávez à Maduro, l’antisémitisme n’a pas été une dérive marginale, mais un héritage idéologique structurant, assumé, transmis, approfondi. Le Venezuela n’a pas seulement perdu ses richesses et sa démocratie. Il a perdu une part de son âme, dans le silence presque total du monde.
Car l’histoire le montre inlassablement : quand les Juifs doivent fuir, la liberté est déjà morte.

L antisemitisme sud americain autant que l antisemitisme européen ont une seule origine commune : l enseignement de l eglise catholique , l extreme gauche , la droite ou l extreme centre n ont sur ce point aucune influence .
Maduro, Chavez, des amis et des modèles pour Mélenchon. Tout cela est effrayant et l’exode dans l’indifférence, c’est ce qui se passe en France et en Europe. D’où le danger de Mélenchon et LFI, cette gauche radicale, un antisémitisme affirmé,une idéologie qui plongerait le pays dans la catastrophe économique. La France perdrait également son âme si on ne fait rien contre les haineux (LFI et tous les autres).