Mon neveu Achille Barosi était déjà sorti. Indemne. En sécurité. Puis il a décidé de revenir.
Ce sont des mots qui me tombent dessus comme des pierres, ceux de Michele Rescigno, l’oncle d’Achille. Des mots qui ne cherchent pas pitié, mais qui disent un acte qui n’a pas besoin de justification.
Achille avait 16 ans. 16 ans. L’âge où tu crois avoir tout le temps devant toi, quand l’avenir est encore une promesse. Et à la place, devant les flammes qui dévoraient déjà Le Constel, Achille fit ce que peu auraient le courage de faire : il y est retourné.
Pas par imprudence. Pas pour que l’héroïsme soit affiché. Mais par instinct. Ce sentiment réel, immédiat, quand vous savez que quelqu’un a besoin de vous.
Un ami était à l’intérieur. Et à ce moment Achille ne pensait pas à la fumée, au feu, au danger, à lui-même. Il pensait juste qu’il y avait encore une chance. Ça aurait pu le faire. Ils auraient pu se sauver eux-mêmes
« Il croyait pouvoir », disent-ils. Et dans ces quelques mots il y a toute la tragédie et toute la grandeur de ce geste.
Voici comment Achille Barosi est mort. Je ne m’enfuis pas. Ne pas regarder ailleurs. Mais revenir en arrière, quand les flammes étaient déjà là.
Les victimes de Crans aujourd’hui ont un nom, une histoire, un visage. Et celui d’Achille est le visage d’une génération souvent décrite comme distraite, fragile, distante. Et cela à la place, dans le moment le plus extrême, a montré ce que signifie avoir un cœur plus grand que la peur.
Tous les héros n’ont pas le temps de le devenir. Certains sont en un seul instant irrévocable.
Achille n’est pas mort « accidentellement ». Il est mort pour quelqu’un. Une vérité qui fait mal, mais qui ne peut être réduite au silence.
Il y a des gestes qui ne nécessitent pas d’applaudissements. Ils demandent juste qu’on se souvienne de eux.
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