
En Kabbale, 2026 se réduit à 10.
Dix, c’est propre. Dix, c’est complet. Dix, c’est l’Arbre entier.
Mais surtout — et c’est là que l’époque commence à tousser — 10, c’est Malkhout.
Le royaume.
Le monde concret.
L’endroit précis où les idées cessent d’être brillantes et commencent à produire des factures.
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I. Malkhout, ou le retour du monde non négociable
Malkhout n’est pas une sphère spirituelle aimable.
Ce n’est pas l’utopie.
Ce n’est pas la promesse.
C’est l’incarnation.
C’est le réel qui se présente sans préavis et dit calmement :
« Très bien. Maintenant, on regarde ce que vous avez fait. »
2026 est une année sans patience pour le verbe creux.
Une année où :
• les slogans rencontrent les stocks,
• les promesses rencontrent les délais,
• les récits rencontrent l’électricité,
• et la communication rencontre la géopolitique.
C’est l’année où le réel cesse d’être caricaturé comme réactionnaire.
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II. Lecture historico-politique : la fin de la politique hors-sol
Depuis deux décennies, nos élites ont inventé une forme inédite de gouvernance :
• décider sans produire,
• parler sans trancher,
• gouverner sans assumer.
La Kabbale appelle cela un déséquilibre entre les sphères supérieures et Malkhout.
La science politique appelle cela une déresponsabilisation systémique.
Le citoyen, lui, appelle cela : ça ne marche plus.
En 2026, Malkhout réclame son dû.
Pas sous forme de colère mystique.
Sous forme de réalités très profanes :
• pénuries,
• dépendances,
• fractures territoriales,
• votes imprévus,
• institutions soudain sommées de produire des résultats.
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III. Le moment Malkhout des dirigeants modernes
Le Zohar est limpide :
Malkhout est le lieu où tout ce qui n’a pas été assumé remonte.
Pas par idéologie.
Par gravité.
Ce n’est pas le radicalisme qui progresse.
C’est la densité du réel qui revient.
L’énergie rappelle qu’elle ne se stocke pas dans des éléments de langage.
L’industrie rappelle qu’elle exige des décisions longues.
L’école rappelle qu’elle ne survit pas à l’effacement de l’autorité.
La santé rappelle qu’un système n’est pas une feuille Excel.
Le monde rappelle qu’il n’est pas un séminaire inclusif.
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IV. 2026 : une année cruelle pour les lâches, féconde pour les courageux
Malkhout n’est pas seulement punitive.
Elle est révélatrice.
Les dirigeants qui :
• assument le conflit,
• acceptent le désaccord,
• tranchent sans se réfugier derrière la procédure,
• réhabilitent la production, l’effort et la responsabilité,
peuvent refonder une autorité politique légitime.
Les autres découvriront que :
• gouverner sans décider est une profession à durée déterminée,
• et que le réel, lui, ne proroge pas les mandats.
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V. Conclusion : la réalité, cette populiste
2026 n’est pas une année de révolution.
C’est plus embarrassant que cela.
C’est une année de vérité.
Une année où :
• ce qui tient tient,
• ce qui ment tombe,
• ce qui produit est réhabilité,
• ce qui parle trop est poliment contourné.
En Kabbale, on appelle cela Malkhout.
En politique, on appelle cela la fin de l’irresponsabilité heureuse.
Et comme souvent dans l’Histoire :
ce ne sera ni spectaculaire, ni doux.
Juste inévitable.
© Paul Germon
