Le « droit international » mis en place après la Seconde Guerre mondiale n’a jamais permis de mettre fin à une guerre, de résoudre un conflit ni de renverser un dictateur.
L’ONU s’est vite révélée être un immense bazar au sein duquel les bons sentiments l’emportent sur le principe de réalité. Pire : au fil des décennies, ce « machin », comme l’appelait De Gaulle, a fait de plus en plus la part belle aux pires régimes de la planète. Et l’impuissance de cette organisation s’est maintes fois vérifiée : elle a été dans l’incapacité de faire appliquer sa décision sur le conflit israélo-palestinien en 1948, s’est avérée totalement inutile pendant la guerre froide – forte tension géopolitique entre bloc atlantiste et bloc soviétique – qui dura près d’un demi-siècle, et a été enjambée et marginalisée lors des actions contre Milosevic en Yougoslavie en 1999, Hussein en Irak en 2003 et Kadhafi en Libye en 2011, toutes effectuées sans son accord. L’ONU, conçue par des technocrates pour des technocrates, n’a jamais été en capacité de résoudre aucun conflit, car les individus à sa tête se sont obstinés, depuis 80 ans, à croire contre toute évidence que la parole et la diplomatie suffisaient à empêcher les guerres.
Pendant plusieurs décennies, ce système a pu fonctionner car les États-Unis étaient l’unique superpuissance (l’URSS étant amoindrie par sa faiblesse économique), et car, au début des années 1990, avec la chute du bloc soviétique, les élites mondiales ont cru à la « fin de l’histoire », c’est-à-dire une paix éternelle dans un monde totalement aux mains des Occidentaux mondialistes et atlantistes. Mais l’éveil de la Chine et des pays arabes, terreau du terrorisme islamiste, et le redressement d’une Russie humiliée d’avoir été méprisée par l’Occident, ont abouti au monde actuel, dans lequel l’ONU s’avère aussi impuissante qu’inutile.
Dans tout cela, les dindons de la farce, ce sont, comme depuis un siècle, les pays européens. Depuis des années, l’Europe occidentale demeure l’unique zone géographique à continuer à croire, naïvement et contre toutes les évidences, en un droit international qui réglerait tout. Après la Seconde Guerre mondiale et pendant plus de 70 ans, les dirigeants européens, à l’exception notable de De Gaulle, se sont rangés derrière les États-Unis. Qu’il s’agisse des Français Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande, des Britanniques Eden, Wilson, Thatcher, Blair et Cameron ou des Allemands Adenauer, Kiesinger, Schmidt, Kohl et Merkel, tous ont accepté de se soumettre non seulement à la vision géopolitique, mais également aux idées et à la politique économiques des États-Unis.
Par ailleurs – attention, sujet tabou jamais évoqué dans les médias ni dans les manuels scolaires -, à la fin du dernier conflit mondial, lorsqu’ils sont arrivés dans tous les pays et villes qu’ils ont libérés, les États-Unis se sont systématiquement opportunément emparés à la fois du matériel, de l’argent (billets et pièces et lingots d’or) et du personnel scientifique des nazis, mais également de toutes les richesses matérielles (lingots, billets, œuvres d’art, tableaux) que ceux-ci avaient confisqués aux juifs et qu’il était impossible de restituer à leurs propriétaires, soit parce qu’ils étaient morts soit parce qu’on ne pouvait pas déterminer leur identité exacte. Cet afflux de richesse physique et matérielle a permis aux États-Unis d’acquérir une puissance économique et militaire considérable, au point d’être deux ou trois fois plus puissants que n’importe quel autre pays dans le monde… et cela fait 80 ans que ça dure ! Cela, les dirigeants de l’époque le savaient, les historiens l’ont vérifié et documenté, mais personne n’a jamais dénoncé cette injuste spoliation donnant plusieurs longueurs d’avance aux États-Unis.
Les dirigeants européens ont accepté cet état de fait, étant rassurés de constater que l’idéologie des présidents américains successifs était pleinement en accord avec la leur. Aussi longtemps que l’on était d’accord avec le grand frère américain et qu’il nous assurait de sa protection, il n’y avait pas de raison de ne pas lui obéir. Tout a changé, une première fois en 2016 et une seconde fois l’année dernière, avec l’arrivée de Trump au pouvoir. Contrairement à tous ses prédécesseurs depuis 70 ans, Trump juge que l’Europe est plus encombrante qu’utile et n’a plus l’intention de la protéger. De plus, il ne considère pas la Russie comme l’ennemi des États-Unis. Trump, s’il est sur la même ligne économique que ses prédécesseurs ainsi que les dirigeants européens successifs depuis un demi-siècle, n’adhère en revanche aucunement à leurs idées atlantistes et multiculturalistes. Surtout, Trump fait quelque chose que les présidents américains ne faisaient jamais jusqu’à présent : il assume de se contreficher du droit international et des directives de l’ONU. Là où ses prédécesseurs tenaient ce genre de discours en aparté, dans le secret des tête-à-tête avec les autres dirigeants, lui le dit ostensiblement devant les caméras. Trump ne reconnaît qu’une chose : le rapport de force. Et c’est ce qui fait sa force face à Poutine, à Xi Jinping, à Khamenei, à Kim Jong-un ou à tout autre dirigeant autoritaire. Tous les dirigeants de ce « Sud global » savent désormais, et plus encore après l’opération effectuée au Venezuela, que Trump est capable de faire ce qu’il dit qu’il va faire, là où, depuis 50 ans, les dirigeants occidentaux, y compris américains, se contentaient de parler et de menacer sans jamais joindre les actes à la parole…
Et voilà comment les dirigeants européens se retrouvent, et leurs peuples avec eux, comme les dindons de la farce : 80 ans à prôner la diplomatie et le respect du droit international face à des États autoritaires qui n’en avaient que faire et 80 ans à se contenter de la protection des États-Unis sans envisager de se rebâtir une vraie puissance et une vraie souveraineté nationale… pour finalement se retrouver aujourd’hui abandonnés par ce grand frère protecteur et complètement nus face aux dangers du monde !
© Romain Tancredi

merci pour votre billet d humour ou d humeur
oui les européens n existent plus face
aux grandes puissances
la doctrine monroe a eu raison de notre
europe et
la france compte pour du beurre
mais nous l avons bien cherché hélas
Que veut dire « obj » ?
Pardon?