
Question – Depuis des mois, un discours alarmiste domine. On parlait d’un effondrement économique imminent. Où en est-on réellement aujourd’hui ?
Oshy Dorman :
Il faut être clair : toutes les grandes prédictions de catastrophe se sont révélées fausses. On nous annonçait une fuite massive des investisseurs, une Bourse en chute libre, une économie détruite par la guerre. Or, la réalité est exactement inverse.
La Bourse israélienne a battu tous ses records historiques, les investissements étrangers ont continué d’affluer, et l’économie a montré une résilience exceptionnelle.
Question – Pourtant, beaucoup affirmaient que la prolongation de la guerre rendrait toute croissance impossible.
Neve Dromi :
C’est un raisonnement théorique qui ne résiste pas aux faits. En 2025, le PIB israélien a progressé entre 3,5 % et 4 %. Ce n’est pas une croissance spectaculaire, mais c’est une croissance réelle — et surtout, il n’y a pas eu de récession.
Dans des conditions comparables, de nombreuses économies occidentales sont entrées en stagnation, voire en contraction.
Question – Les pessimistes parlaient aussi d’un effondrement du marché du travail.
Oshy Dorman :
Là encore, c’est l’inverse. Il n’y a pas de chômage structurel en Israël.
Toute personne qui souhaite travailler peut le faire. Le marché du travail reste tendu, ce qui est un indicateur de vitalité économique. Le problème n’est pas l’absence d’emplois, mais parfois le manque de main-d’œuvre.
Question – Les agences de notation ont pourtant abaissé la note de crédit d’Israël. N’est-ce pas un signal d’alerte sérieux ?
Neve Dromi :
C’est un événement important, mais il faut le contextualiser.
Oui, c’est la première dégradation de la note souveraine d’Israël. Mais elle était prévisible dans un contexte de guerre. Ce qui compte, c’est la suite :
- Les investissements n’ont pas ralenti
- Les réserves de change sont à des niveaux record
- La perspective de notation est aujourd’hui stable, avec une anticipation de révision positive par plusieurs analystes
Les agences sont composées d’êtres humains. Elles n’ont pas toujours intégré correctement la puissance du secteur high-tech israélien, renforcé aujourd’hui par l’exportation sécuritaire.
Question – Un autre point souvent évoqué est la force du shekel. Est-ce un indicateur fiable ?
Oshy Dorman :
Absolument. Le shekel est l’une des monnaies les plus fortes de la région, autour de 3,18 pour un dollar.
C’est un signal de confiance très fort. Les investisseurs ne renforcent pas une monnaie s’ils pensent que l’économie va s’effondrer.
Concrètement, cela se traduit par une baisse du coût des importations et un pouvoir d’achat renforcé pour les Israéliens à l’étranger.
Question – Et du côté de la consommation intérieure ?
Neve Dromi :
Les données sont très claires :
- Les dépenses par cartes de crédit augmentent mois après mois
- Les ménages continuent de consommer, de voyager, d’investir
- La consommation privée a joué un rôle clé dans le soutien à la croissance
Une économie paralysée par la peur ne consomme pas. Or, ici, la dynamique est restée positive.
Question – Certains expliquent les bons résultats par une dynamique “malgré le gouvernement”. Que répondez-vous ?
Oshy Dorman :
C’est un raisonnement idéologique. En Israël, on entend souvent :
Quand la Bourse baisse, c’est la faute du gouvernement. Quand elle monte, c’est malgré lui.
Mais la Bourse ne fonctionne pas à l’idéologie. Les marchés arbitrent sur des faits, pas sur des slogans.
Question – Vous allez jusqu’à dire que le ministre des Finances a, sur certains points, bien agi. C’est une position peu populaire.
Oshy Dorman :
Elle est impopulaire, mais elle est fondée.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a placé le coût de la vie au centre de son action :
- Lutte contre les monopoles
- Ouverture accrue aux importations
- Pression concurrentielle sur les grands acteurs
Ce sont des mesures structurelles, pas des slogans. Elles dérangent, mais elles produisent des effets.
Question – Quel enseignement tirer de cet épisode de “panique annoncée” ?
Neve Dromi :
Un enseignement fondamental :
👉 quand l’analyse part d’une position idéologique, elle finit par ignorer les faits.
Or, en économie, ce sont les indicateurs qui tranchent. Et aujourd’hui, ils montrent une économie israélienne solide, innovante et résiliente, malgré des défis réels.
Conclusion
L’économie israélienne n’est pas parfaite. Elle fait face à des défis lourds : déficit, dépenses sécuritaires, coût de la vie.
Mais elle ne s’est ni effondrée ni affaiblie comme annoncé.
Les prophéties de catastrophe se sont fracassées sur la réalité des chiffres.
Et cette réalité est simple : Israël avance, même sous pression.
© David Germon


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