« Crans-Montana: Ils ne sont pas morts à cause d’Instagram ». Par Markos Mom

« L’incendie du Station NightClub (dans l’état de Rhode Island, É-U) a eu lieu en 2003. Pas de smartphones. Pas d’Instagram. 100 personnes sont tout de même mortes pour être restées plantées là à regarder les flammes, croyant que cela faisait partie du spectacle. J’ai mis aux normes de sécurité incendie certains des plus grands ensembles immobiliers du Royaume-Uni après l’incendie de la tour Grenfell. On confond stupidité, biologie, physique et erreurs de conception catastrophiques. Voici l’explication scientifique de ce que l’on voit sur la vidéo : 1. Lorsque la musique continue et que le personnel ne panique pas, le cerveau humain inhibe l’instinct de fuite et replace la menace dans un contexte normal. C’est ce qu’on appelle le biais de normalité. Ces jeunes sont restés figés sous l’influence de signaux sociaux contradictoires, et non pour obtenir des « likes ». Ils étaient probablement déjà en train de filmer. Certains étaient aussi probablement alcoolisés. 2. Nous concevons explicitement les bâtiments pour tenir compte de cette hésitation (temps de réaction). Les normes de sécurité incendie partent du principe que les gens attendront avant de courir. Dans un bâtiment conforme, on peut prévoir jusqu’à une ou deux minutes avant que l’évacuation ne commence. Les systèmes d’extinction automatique et de détection sont conçus précisément pour gagner du temps. 3. Si ce délai n’existait pas ici, c’est à cause du matériau. Ce plafond est en mousse de polyuréthane. Sa combustion n’est pas linéaire ; il atteint le point d’embrasement généralisé éclair (600 °C) en moins de 90 secondes. C’est en quelque sorte de l’essence solide. En pratique, c’est comme si la pièce avait explosé. Bien avant que quiconque puisse raisonnablement évacuer. 4. On calcule la largeur des issues de secours en fonction du nombre de personnes pouvant franchir une porte par minute (débit) et de la vitesse de propagation du feu. Avec les incendies de mousse, le temps d’évacuation sécuritaire disponible chute presque à zéro. Même en cas de réaction instantanée, la densité de la foule aurait bloqué les issues avant que la pièce ne soit vidée. 5. Dans tout incendie de bâtiment classique, surtout s’il débute modestement, on s’attend à ce qu’un adulte responsable l’éteigne, ou que les sprinklers agissent. Lorsqu’un feu de poêle se déclare dans un restaurant, on ne court pas dehors de peur que tout le bâtiment n’explose soudainement. Personne de sensé n’aurait dû s’attendre à cela, à moins d’être le propriétaire et de connaître la conception du bâtiment. Ces pauvres adolescents ont probablement perdu connaissance, intoxiqués par la fumée, peu après la diffusion de cette vidéo. Sans cela, ils auraient été pris au piège d’une explosion catastrophique, entassés dans l’unique et minuscule issue de secours. Ils ne sont pas morts à cause d’Instagram. Ils sont morts parce que la physique du feu était trop rapide pour que des corps humains puissent se faufiler dans une porte, et qu’un mépris total des principes de sécurité ne leur a laissé aucune chance. »

VO sur X:

« The Station Nightclub fire happened in 2003. No smartphones. No Instagram. 100 people still died because they stood watching the flames, thinking it was part of the show. I’ve retrofitted fire safety for some of the largest property portfolios in the UK post-grenfell. You are confusing stupidity with biology, physics, and catastrophic design failures. Here is the actual science of what you are watching: 1. When the music keeps playing and staff don’t panic, the human brain overrides flight instincts to fit the threat into a normal context. This is called normalcy bias. These kids froze to process conflicting social cues, not to post for likes. They were likely already filming. They were also likely drunk. 2. We explicitly design buildings to account for this hesitation (pre-movement time). Fire safety codes assume people will wait before running. In a compliant building, you can assume up to a minute or two before egress commences. Sprinklers and detection systems are designed specifically to buy that time. 3. The reason the time buffer didn’t exist here is the material. That ceiling is polyurethane foam. It doesn’t burn linearly; it hits flashover (1,100°F) in under 90 seconds. It’s essentially solid gasoline. The room would have exploded for all intents and purposes. Way before anyone could reasonably evacuate. 4. We calculate exit widths based on how many people can physically pass through a door per minute (flow rate) versus how fast a fire spreads. With foam fires, the available safe egress time drops to almost zero. Even if they had reacted instantly, the crowd density would have choked the exits before the room cleared. 5. In any normal building fire, especially one that starts off small, you expect a responsible adult to put it out, or sprinklers to do the same. When there’s a pan fire in a restaurant, you don’t run out in case the entire building suddenly explodes. No reasonable person should have expected this unless they were the owner and knew how the building was designed. Those poor teenagers likely passed out from smoke inhalation soon after this video. If they didn’t, they would have been caught in a catastrophic explosion as they crammed into the single tiny exit. They didn’t die because of Instagram. They died because the physics of the fire moved faster than human bodies can physically squeeze through a door, and a catastrophic disregard of safe design principles meant they never stood a chance ».

© Markos Mom

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1 Comment

  1. C’est intéressant, mais n’est-il pas possible tout de même que nos réactions soient plus ou moins efficaces qu’avant, même si ça n’a rien à voir avec Instagram ?

    La prévention n’est pas la même en tout lieu et à toute époque, donc je suppose qu’il doit y avoir parfois du progrès ou de la régression.

    Si c’est du progrès, alors il faut continuer à progresser. Si c’est de la régression, alors il faut le dire, en rechercher les raisons, et mener des actions pour inverser la tendance.

    En tout cas j’ai l’impression qu’on a encore une marge de progression. On est pas au top.

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