Trump-Venezuela : Un Nouveau Sheriff Est En Ville. Par Yves Mamou

L’opération américaine au Venezuela ne peut pas être perçue comme un brutal épisode latino-américain. Elle constitue un signal stratégique global.

janv. 04, 2026

Dans la journée du 3 janvier 2026, les troupes d’élite américaines ont pénétré au Venezuela et capturé en quelques heures Nicolas Maduro, son président. Ce chef d’État, sans doute l’un des plus protégés au monde, est arrivé menotté sur le territoire américain pour y être jugé.

Cette opération militaire chirurgicale :

– ne se réduit pas à une opération contre le narcotrafic qui gangrène les États-Unis et le monde occidental. Même si le Venezuela est une plateforme d’exportation de cocaïne et de migrants illégaux, le geste militaire américain apparait disproportionné. Le danger ne justifie pas l’opération militaire, sauf si l’administration Trump entend envoyer un message à l’ensemble des chefs d’État et aux populations.

– Elle illustre sans doute la nouvelle doctrine de l’administration Trump (Cf Stratégie de sécurité nationale) qui postule que la sécurité des États-Unis passe par le contrôle ou la surveillance du Canada, du Groenland et de l’Amérique latine. L’hémisphère occidental, semble dire Donald Trump, ne doit plus être perçu par des puissances hostiles comme un espace de concurrence ouverte. L’emprise de la Chine sur l’économie effondrée de Caracas va sans doute être balayée. Fini l’approvisionnement bon marché de la Chine en pétrole vénézuélien. Le Venezuela, dirigé par les États-Unis, ne sera plus un État vassal de la Chine.

Les ports chinois du canal de Panama avaient déjà été désignés d’emblée comme nuisibles à la sécurité des États-Unis. Le port péruvien de Chancay, contrôlé majoritairement par un groupe chinois, est devenu une cible. Dans les médias, les commentateurs se sont fait un plaisir de rappeler que l’administration Trump ravive la doctrine Monroe qui autorise les États-Unis à agir au XXIᵉ siècle, comme elle agissait avec ses canonnières, au XIXᵉ siècle.

– L’opération vénézuélienne confirme le message déjà envoyé à l’Iran. Début janvier, Donald Trump avait déjà mis en garde les autorités iraniennes contre la répression brutale de manifestants qui expriment leur colère face à leurs difficultés économiques. Washington « viendra à leur secours ». « Nous sommes fin prêts et armés » ajoutait-il sur Truth Social, sans donner plus de détails.

Désormais, les dirigeants iraniens sont obligés de considérer l’opération vénézuélienne comme un message personnel. Depuis des décennies, les Gardiens de la Révolution élaborent une stratégie nucléaire et de destruction de l’État d’Israël en se basant sur l’idée que l’Occident, et les États-Unis en particulier, éviteront toujours l’affrontement direct. À travers Maduro, Trump envoie le message que la patience stratégique a des limites. Le temps des régimes qui se croient intouchables est terminéToute tentative de fuite en avant extérieure accélèrera le désastre.

Le peuple iranien qui manifeste sa colère et sa volonté d’en finir avec un régime corrompu et totalitaire ne peut que se sentir encouragé dans sa protestation.

© Yves Mamou

Source: Yves Mamou Décryptage mamouhttps://open.substack.com/pub/mamou/p/trump-venezuela-un-nouveau-sheriff?r=12aqn8&utm_medium=ios&shareImageVariant=overlay

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2 Comments

  1. Je n’envie pas le/la représentant(e) de l’opposition vénézuélienne, pourtant légitimée par les dernières élections, qui sera imposé(e) au pays par la volonté de Trump.

  2. Si c’est la barbarie de Maduro qui justifie l’intervention américaine on se demande pourquoi ils ne sont pas allés dessouder le président de la Corée du Nord et combien d’autres…
    Sauf que le Venezuela a la 1ère réserve de pétrole du monde. Point final !

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