Concernant un article d’une antisioniste, Alexandra Da Rocha, dans Le Monde des Ados : « La Cisjordanie, un territoire occupé » – Par Nicolas Carras

Donc voilà sur quoi je suis tombé en lisant Dreuz.infos aujourd’hui, c’est l’image qui illustre un article de Liliane Messika: « Qu’ont appris, ces jours-ci, ceux qui lisent « Le Monde des ados » ? », ici : https://www.dreuz.info/2026/01/quont-appris-ces- jours-ci-ceux-qui-lisent-le-monde-des-ados-323817.html

C’est désespérant en plus de révolter, une telle bêtise humaine… Le Monde des ados… Je savais que la gauche adorait les jeunes, ça n’est de toute évidence que pour mieux les endoctriner avec sa propagande…

Il est également question de Cisjordanie occupée dans Le Figaro, mais je n’ai pas le souvenir d’y avoir lu ce type de propagande digne du KGB.

C’est monstrueux de mettre ça dans la tête de gamins, Alexandra Da Rocha. Vous voulez les détraquer ? C’est une question que je pose.

J’ai retranscrit le texte pour les lecteurs de Tribune Juive, avec mes commentaires :

— « La Cisjordanie, un territoire occupé – Alexandra Da Rocha / Tu entends souvent parler de la bande de Gaza. Mais il existe un autre territoire palestinien : la Cisjordanie. Depuis le 7 octobre Israël y mène une politique de colonisation encore plus forte qu’avant. »

Ça commence mal, Alexandra Da Rocha. Très, très mal.

Il n’y a pas d’« occupation » de la Cisjordanie par Israël au sens juridique strict, car la Cisjordanie n’a jamais été reconnue comme un État souverain par la communauté internationale et n’a jamais constitué un territoire palestinien souverain. Avant 1967, ce territoire n’appartenait à aucun État reconnu : il a été occupé illégalement par la Jordanie entre 1949 et 1967, annexion qui n’a été reconnue que par deux pays et rejetée par le reste du monde.

Ce que l’on appelle aujourd’hui la « Cisjordanie » correspond historiquement et juridiquement à la Judée et à la Samarie, des régions constitutives du foyer national juif telles que définies par le mandat britannique pour la Palestine de 1922, mandat adopté par la Société des Nations et toujours valide en droit international, faute d’avoir jamais été abrogé. Ce mandat reconnaît explicitement le droit du peuple juif à s’établir sur l’ensemble de ce territoire, y compris en Judée et Samarie.

En 1967, Israël n’a donc pas conquis un territoire appartenant à un État souverain palestinien — qui n’a jamais existé — mais a repris le contrôle d’un territoire dont le statut juridique était indéterminé depuis la fin du mandat, après avoir été occupé illégalement par la Jordanie. Parler d’« occupation » israélienne revient ainsi à inverser les faits historiques et juridiques, en effaçant à la fois l’illégalité de l’occupation jordanienne et la continuité du droit reconnu au peuple juif sur ces territoires.

Entre 1949 et 1967, ce n’est pas Israël mais la Jordanie qui a occupé la Judée et la Samarie à la suite de la guerre de 1948, déclenchée par cinq États arabes avec pour objectif explicite l’anéantissement du jeune État juif. À l’issue des combats, la Jordanie a pris le contrôle militaire de cette région sans aucun fondement juridique international.

En 1950, Amman a procédé à l’annexion unilatérale de ce territoire, annexion immédiatement condamnée par la quasi-totalité de la communauté internationale et reconnue seulement par deux États. Cette occupation et cette annexion étaient donc illégales en droit international. C’est également à cette période que la Jordanie a imposé l’appellation « Cisjordanie », terme purement politique destiné à effacer l’identité historique de la Judée et de la Samarie et à la redéfinir comme une extension occidentale du royaume hachémite.

Il est essentiel de rappeler qu’à aucun moment, durant cette période, la Judée et la Samarie n’ont constitué un État arabe ou palestinien souverain. Aucun projet d’État palestinien n’a été proclamé par la Jordanie, et aucun État palestinien n’a existé sur ce territoire entre 1949 et 1967.

En juin 1967, lors de la guerre des Six Jours, Israël n’a pas conquis un territoire palestinien souverain : il a mis fin à une occupation jordanienne illégale et a repris le contrôle d’un territoire dont le statut juridique était resté indéterminé depuis la fin du mandat britannique. Qualifier cette reprise de contrôle de « nouvelle occupation » revient à nier la réalité de l’occupation précédente et à transformer une libération militaire d’un territoire occupé illégalement en acte d’agression, ce qui constitue une inversion complète des faits historiques et juridiques.

Les implantations juives sont légales au regard du droit international, car ce droit ne se décrète pas par des votes politiques à l’ONU. Le droit international repose sur des traités, des conventions, des mandats juridiques et des principes établis, pas sur des résolutions non contraignantes adoptées à la majorité simple d’assemblées politiques.

Or, l’ONU n’est pas une juridiction : elle ne crée pas le droit international, elle l’interprète politiquement — et souvent de manière idéologique. Les résolutions de l’Assemblée générale, qui sont celles le plus souvent invoquées contre Israël, n’ont aucune valeur juridique contraignante. Elles expriment des positions diplomatiques, pas du droit. Même les résolutions du Conseil de sécurité ne créent pas du droit ex nihilo : elles s’inscrivent dans un cadre juridique préexistant, qu’elles respectent… ou non.

Heureusement d’ailleurs que l’ONU ne « fait » pas le droit international, quand on voit la composition de cette institution : des dictatures, des régimes autoritaires, des tyrannies assumées et des États liberticides y siègent, votent et condamnent. Confier la fabrication du droit à une telle assemblée reviendrait à considérer que la loi morale et juridique du monde doit être écrite par ceux qui la violent quotidiennement chez eux.

Le droit international applicable à la Judée et à la Samarie repose sur des textes précis — notamment le mandat de 1922 — qui reconnaissent explicitement le droit du peuple juif à s’y établir. Aucun texte juridiquement valide n’a jamais abrogé ce droit. Les condamnations répétées de l’ONU relèvent donc d’un registre politique, militant ou idéologique, mais ne sauraient invalider un droit qui ne dépend ni de votes circonstanciels, ni de majorités mouvantes.

Aussi, en 1988, la Jordanie a officiellement renoncé à toute revendication de souveraineté sur la Judée et la Samarie. Par cet acte, elle a reconnu qu’elle n’avait ni titre juridique valable ni droits territoriaux sur cette région, mettant fin à une prétention déjà largement considérée comme illégitime par la communauté internationale. Cette renonciation a été confirmée et entérinée par la signature du traité de paix israélo-jordanien de 1994, dans lequel la Jordanie reconnaît pleinement l’État d’Israël et renonce définitivement à toute revendication territoriale à l’ouest du Jourdain.

Dès lors, la « Cisjordanie » ne peut être considérée ni comme un territoire jordanien, ni comme un État palestinien souverain — puisqu’aucun État palestinien n’y a jamais existé. Le terme « Cisjordanie » ne désigne donc pas une entité juridique réelle, mais une construction politique et sémantique, utilisée pour donner l’illusion d’un territoire doté d’une souveraineté qui n’a jamais existé en droit. Il s’agit d’une fiction juridique, maintenue dans le discours diplomatique et médiatique, mais dépourvue de fondement étatique.

À l’inverse, la Judée et la Samarie ne sont pas des inventions récentes : elles constituent une réalité historique, géographique et civilisationnelle attestée depuis des millénaires, bien antérieure aux découpages coloniaux du XXᵉ siècle. Leur existence ne relève pas d’un slogan politique, mais d’une continuité historique et juridique que nul vote, aucune résolution et aucune requalification terminologique ne peuvent effacer.

Il faut retourner à l’école, Alexandra Da Rocha, avant de vous adresser aux plus jeunes.

— « Le 7 octobre 2023, le Hamas, organisation terroriste, a attaqué Israël, cela a déclenché une guerre à Gaza… »

Vous auriez pu préciser que cette attaque ne s’est pas limitée à un simple acte militaire, mais qu’elle a consisté en un massacre de masse d’une barbarie assumée: plus de 1 200 personnes — en majorité des civils — ont été assassinées de sang- froid. Des familles ont été exécutées chez elles, des enfants et des nourrissons tués, des femmes violées, mutilées, puis assassinées, des vieillards brûlés vifs ou abattus, des civils traqués lors d’un festival de musique et exécutés à bout portant.

Ce massacre n’était ni accidentel, ni collatéral, ni le résultat d’un affrontement armé : il était méthodiquement planifié, revendiqué et filmé par ses auteurs, qui ont eux-mêmes diffusé les images de leurs crimes. Il s’agissait d’une opération terroriste visant explicitement des civils, avec une intention génocidaire clairement exprimée, conforme à l’idéologie du Hamas.

Passer ce fait sous silence, ou le réduire à la formule neutre « le Hamas a attaqué Israël », revient à effacer la nature même de l’événement, à neutraliser moralement un pogrom contemporain et à priver les lecteurs — en particulier les plus jeunes — de la compréhension de ce qui s’est réellement produit le 7 octobre 2023.

— « … En parallèle, le gouvernement israélien le plus extrémiste de l’histoire du pays, a accéléré sa politique de colonisation de la Cisjordanie… »

Vous affirmez que « cela a déclenché une guerre à Gaza » puis, dans la même phrase, vous qualifiez le gouvernement israélien de « plus extrémiste de l’histoire du pays », tout en l’accusant d’avoir accéléré une prétendue politique de colonisation. Or vous ne prenez jamais la peine d’expliquer en quoi consisterait cet extrémisme, ni sur quels critères objectifs il serait établi. L’extrémisme devient ici un simple adjectif disqualifiant, lancé sans définition, sans démonstration, sans le moindre effort d’analyse.

Quant à la « colonisation », il ne s’agit pas d’un fait, mais d’un postulat idéologique, déjà réfuté juridiquement et historiquement. Répéter ce terme ne le rend pas plus vrai, pas plus légitime, pas plus fondé.

Ce qui est particulièrement problématique — et intellectuellement malhonnête — c’est la mise en parallèle directe que vous opérez entre une guerre de légitime défense menée contre une organisation terroriste responsable d’un massacre de masse, et la prétendue illégitimité des implantations juives en Judée et Samarie. En procédant ainsi, vous suggérez une causalité morale, comme si la guerre contre le Hamas trouvait sa justification, ou son explication, dans l’existence même des Juifs vivant sur ces territoires.

Pourquoi ce parallèle, Alexandra Da Rocha ? Pourquoi associer un pogrom contemporain à une narration politique contestable ? Expliquez-nous la logique de cette association, car elle n’a rien d’évident — ni sur le plan des faits, ni sur celui du droit, ni sur celui de la morale.

  • « un territoire palestinien »

Non, il n’y a pas de territoire palestinien Alexandra Da Rocha. Ce n’est pas beau de mentir. Ou alors êtes-vous inculte en histoire d’Israël, mais dans ce cas, que faites- vous au Monde des Ados pour les instruire?

  • « Depuis des dizaines d’années, des israélien·nes, très religieux, s’installent illégalement en Cisjordanie… »

Encore une fois, aucune illégalité.

  • « Ces colons défendent l’idée d’un « Grand Israël ».

Ils défendent leur droit à vivre sur le territoire Israélien, dans LEUR pays : Israël.

  • « Ils construisent des villes sur des terres confisquées aux Palestiniens »

Ils construisent sur une terre juive… Juive depuis des milliers d’années. Et il y a toujours eu une présence juive en Judée et Samarie.

  • « Des affrontements violents, parfois meurtriers, ont souvent lieu entre l’armée israélienne et/ou les colons »

Oui, vous auriez pu aussi parler des attaques des arabes de Judée et Samarie contre des juifs. Par milliers et milliers… Quotidiennement. Lisez mon article :

« Violence antijuive en Judée et Samarie : attaques, idéologie, enseignement, et réalité vécue. »

Je me cite : « …

Nombre d’attaques terroristes antijuives : les ordres de grandeur – Attaques totales (y compris pierres, cocktails Molotov, tirs sporadiques, engins incendiaires).

Les données du Shin Bet (reprises par l’INSS et d’autres organismes de sécurité israéliens) montrent :

3 436 attaques en 2023.

6 828 attaques en 2024 (année en cours dans les rapports).

Ces chiffres incluent l’ensemble des agressions répertoriées contre des civils et des militaires.

Sur vingt à vingt-cinq ans, les chercheurs estiment un ordre de grandeur de plusieurs dizaines de milliers d’incidents, possiblement entre 30 000 et 100 000 attaques cumulées, selon qu’on inclut ou non les jets de pierres (qui sont quotidiens dans certaines zones).

Attaques significatives (tirs, bombes, attaques au couteau, voitures-béliers) / Sur deux décennies, les chiffres cumulés s’élèvent à plusieurs milliers d’attaques graves, estimées entre 2 000 et 6 000, selon les périodes d’escalade (2000-2006, 2015, 2022-2024).

Attaques mortelles / Selon les bases de données d’ONG, de l’armée israélienne et des journalistes, plusieurs centaines de Juifs ont été tués en Judée et Samarie depuis le début des années 2000. … »

  • « 1017 Palestinien·nes dont 221 enfants tués en Cisjordanie depuis 2023 ».

Là je vais citer Liliane Messika : « Aucun de ces chiffres n’est sourcé. Ceux du côté palestinien étant toujours invérifiables, il se peut qu’en les divisant par 2 ou 3, on obtienne le nombre de terroristes abattus par l’armée israélienne, qui a poursuivi les brigades du Hamas jusqu’à Jénine. Mais des femmes et des enfants ? Peu probable : Tsahal sait qu’elle a trop à perdre (et l’Autorité palestinienne tout à gagner) si elle fait des victimes civiles. D’où les précautions qu’elle prend, « visant à minimiser le nombre de victimes collatérales ».

Puisqu’on parle de Jénine, cette ville a fait la Une du Monde et des autres, en 2002, car les Israéliens étaient accusés d’y avoir tué 500, non des milliers de Palestiniens, en majorité des femmes et des enfants : « À Jénine, c’est pire qu’à Auschwitz » en avait conclu José Saramago, prix Nobel de littérature. Quelques mois plus tard, un rapport de l’ONU publiait le bilan réel, approuvé par l’Autorité palestinienne et par l’armée israélienne : en tout, 52 Palestiniens avaient été tués, et 23 Israéliens.

Bien sûr, des « colons » commettent des délits ou des crimes contre des biens ou des personnes palestiniennes. Les criminels juifs sont arrêtés et jugés par la justice israélienne. L’un d’entre eux est en prison à vie.

Le nom d’aucun d’entre eux n’a été donné à des écoles et aucun n’est célébré comme un héros dans les livres d’Histoire, que ce soit dans la Gaza du Hamas ou en « Cisjordanie occupée », où règne depuis 20 ans un Président élu pour 4 ans (autre précision oubliée par l’hebdo qui permet d’être au courant de l’essentiel). »

  • « ce que dit l’ONU »

Alexandra Da Rocha, l’ONU ne fait pas le droit international. Elle est une arène politique, pas une instance juridique souveraine. Ses prises de position relèvent de rapports de force diplomatiques et de majorités circonstancielles, souvent dominées par des régimes autoritaires et des dictatures. Elles n’ont pas valeur de droit. Encore une fois, la Judée et la Samarie font partie intégrante des territoires sur lesquels le peuple juif dispose de droits reconnus, et aucun vote onusien ne saurait effacer cette réalité juridique et historique.

Tous les plans de partage proposés depuis un siècle ont été acceptés par les autorités juives et rejetés par les autorités arabes. Ce fait, pourtant central, est systématiquement passé sous silence. Il révèle pourtant une constante : le refus arabe n’a jamais porté sur les frontières, mais sur l’existence même d’un État juif, quelle que soit sa taille.

Vous parlez d’extrémisme du côté juif, mais vous semblez ignorer — ou feindre d’ignorer — que depuis les années 1920, ce sont des courants fanatiques, radicalement hostiles à toute coexistence, qui ont pris le pouvoir du côté arabe. Les voix modérées, ouvertes au compromis et au dialogue, ont été marginalisées, réduites au silence, exilées ou assassinées.

La ligne idéologique est restée la même : pas de paix avec l’entité sioniste, pas de reconnaissance, et une volonté affichée d’anéantissement. C’est cette réalité-là qu’il faudrait avoir l’honnêteté d’enseigner, plutôt que de travestir l’histoire au nom d’un moralisme de façade.

© Nicolas Carras

Nicolas Carras est Créateur (vidéo – son- photo), artiste, poète

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2 Comments

  1. Alexandra d’à Rocha ignore les faits historiques et fait preuve d’une malhonnêteté intellectuelle qui ne l’a grandit pas une vraie militante a l’indignation sélective et je dirais même qu’elle est une antisémite qui s’ignore

  2. La « Cisjordanie » est la plus grande aberration historique et géographique de l’Histoire contemporaine. Bourguiba, en son temps, avait fustigé les termes de Transjordanie et Cisjordanie; ce qui avait provoqué la rupture des relations diplomatiques entre la Jordanie et la Tunisie.
    https://www.youtube.com/watch?v=mjzGsbbKOA0
    Bien avant Bourguiba, Chateaubriand écrivait en 1804: « Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris sans doute mais pour être frappé d’un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem ; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer. »

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