Tribune Juive

Pendant qu’on accuse les haredim, les milliards passent ailleurs. Par David Germon

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Enquête – Quand l’argent public alimente le crime organisé


Introduction – Le grand détournement d’attention

Depuis des années, le débat public israélien s’est figé autour d’une accusation devenue automatique :
les haredim prendraient les budgets de l’État, pèseraient excessivement sur les finances publiques et vivraient aux dépens du contribuable.

Cette narration s’est imposée comme une évidence médiatique.
Elle est simple.
Elle est émotionnelle.
Elle est efficace.

Mais elle détourne l’attention d’une réalité budgétaire autrement plus massive.

👉 Les plus importantes enveloppes budgétaires sectorielles ciblées votées par l’État d’Israël au cours de la dernière décennie ont été destinées à la société arabe, à travers des plans gouvernementaux pluriannuels cumulant des dizaines de milliards de shekels.

Là où les financements haredim prennent la forme d’allocations annuelles visibles et identifiables, les budgets alloués à la société arabe ont été intégrés dans de vastes programmes structurels multisectoriels, beaucoup moins débattus publiquement — mais sans commune mesure en volume absolu.

C’est dans ce cadre que cette enquête prend tout son sens.
Car au-delà des montants, une question s’impose :
qu’est devenu cet argent ?


Quand le crime change d’échelle

Il fut un temps où les organisations criminelles vivaient de petits rackets locaux.
Ce temps est révolu.

Selon le reportage, ces organisations sont devenues de véritables empires criminels :

Un tel changement d’échelle suppose une chose :
👉 des flux financiers considérables, réguliers et protégés.


Les premiers signaux d’alerte

Dès les premières années de mise en œuvre des plans budgétaires, des anomalies apparaissent.

Des centaines de millions de shekels destinés à l’éducation et aux collectivités locales deviennent impossibles à tracer précisément.
Des fonds disparaissent.
Les prix des appels d’offres explosent.

Très tôt, des alertes internes établissent un constat clair :
👉 les municipalités arabes sont infiltrées par des organisations criminelles, notamment via les marchés publics.

L’État paie plus cher.
Le crime organisé encaisse.


Quand l’État sait

À partir de 2020, ces informations ne relèvent plus de soupçons isolés.
Elles sont documentées.

Des rapports administratifs signalent que :

Ces informations sont connues avant l’élargissement massif des budgets.


2021 : la décision politique malgré les avertissements

L’année 2021 constitue un tournant central dans le récit du reportage.

Avec la formation du nouveau gouvernement, Naftali Bennett devient Premier ministre.
Dans ce cadre, il préside personnellement la commission spéciale chargée de la société arabe, organe par lequel transitent :

Selon le texte source, les alertes sont connues à ce stade :

Malgré cela, le gouvernement décide :
👉 de tripler les enveloppes budgétaires,
👉 de passer d’environ 10 milliards à près de 30 milliards de shekels,
👉 sans mise en place préalable de mécanismes de contrôle réellement opérationnels.

Le reportage pose alors une question centrale :
comment expliquer que, sachant que l’argent public alimente déjà des organisations criminelles, l’exécutif choisisse d’augmenter massivement les montants transférés ?


La décision 550 : l’aveu écrit

La décision gouvernementale 550 est un document clé.

Elle reconnaît noir sur blanc que :

Cette reconnaissance n’entraîne pas un gel des fonds.
Elle précède au contraire leur amplification.


L’architecte administratif du système

Au cœur du dispositif se trouve un acteur central :
Hassan Twaferi.

Nommé à la tête de l’Autorité pour le développement économique des minorités, il concentre un pouvoir exceptionnel :

Selon les témoignages cités :


Le système parallèle

Officiellement, les fonds publics doivent transiter par Merkava, le système comptable central de l’État.

Dans la pratique, une architecture parallèle est mise en place :

👉 L’argent circule sans contrôle effectif.


Pressions et menaces

Lorsque des responsables politiques tentent d’imposer des mécanismes de contrôle, la réaction est immédiate.

Dans les couloirs de la Knesset :

Des avertissements sont formulés :
👉 le blocage des fonds entraînerait des troubles, voire des émeutes.

Le message est clair :
contrôler, c’est provoquer.


Le rôle du Shin Bet et la logique du “calme”

Des échanges ont lieu avec des représentants du Shin Bet.

La logique exposée est brutale :

Un ancien responsable résume :

On achète le calme aujourd’hui,
et on paie le chaos demain.


May Golan : demander des comptes devient une faute politique

Dans la phase la plus récente du dossier, une figure cristallise les attaques :
May Golan.

Chargée de l’égalité civile, elle est accusée publiquement de :

Selon le reportage, la réalité est différente.

Elle ne demande pas l’arrêt des fonds.
Elle demande :

C’est précisément cette exigence qui déclenche la tempête.


Les premières victimes : les citoyens arabes

Une question traverse tout le texte :

Combien de citoyens arabes ont été assassinés cette année ?

Cette question rappelle une évidence trop souvent occultée :
👉 les premières victimes du détournement de l’argent public sont les citoyens arabes eux-mêmes, livrés à une criminalité renforcée par les fonds censés les protéger.


Quand l’égalité devient un instrument

Dans ce dossier, le mot égalité change de nature.

Il ne signifie plus :

Il devient un outil politique, utilisé pour :


Conclusion – Le vrai scandale

Pendant que l’opinion publique se concentre sur les budgets des haredim,
les plus grandes enveloppes sectorielles ciblées de l’État ont circulé ailleurs.

Et une partie de cet argent, destiné à réduire les inégalités,
a contribué à renforcer le crime organisé,
au détriment :

Le scandale n’est pas idéologique.
Il est politiqueadministratif et sécuritaire.

👉 La question centrale n’est plus combien a été donné,
mais qui savait — et qui a continué malgré tout.


Article basée sur le reportage diffusé par Chaîne 14 (ערוץ 14),
série « תקאדום – כך זרמו כספי המסים לארגוני הפשיעה בחברה הערבית »,
épisode 1, diffusé le 31 décembre 2025.


© David Germon

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