« La possibilité de désarmer le Hamas est au‑delà de l’impossible. La résistance est une ligne rouge que nous ne franchirons jamais. » – Un haut responsable du Hamas, février 2025.*
« La remise des armes au futur État palestinien ne pourra se faire qu’avec la fin totale de l’occupation israélienne. Tant qu’Israël existera, la résistance armée continuera. » – Responsable du Hamas, octobre 2025.**
« Israël mène un projet génocidaire contre notre peuple. Nous appelons la communauté internationale et les tribunaux à reconnaître ces crimes et à agir en conséquence. » – Déclaration officielle du Hamas, novembre 2025***
Aujourd’hui, la bande de Gaza compte environ 2,1 millions de Gazaouis, quasi exclusivement arabes palestiniens, un chiffre en baisse par rapport à l’avant-guerre en raison des morts, des déplacements et de l’effondrement des conditions de vie. Selon les sondages disponibles, environ 30 à 40 % des habitants déclarent soutenir le Hamas comme force politique, soit entre 600 000 et 850 000 personnes. Le Fatah, de son côté, recueillerait environ 25 à 30 % de soutien, ce qui représente environ 500 000 à 650 000 personnes. Le reste de la population se compose de personnes indécises, critiques envers les deux mouvements ou se déclarant sans préférence politique, dans un contexte marqué par l’absence d’élections, la guerre et une forte contrainte sociale.
À Gaza, en additionnant les soutiens déclarés au Hamas (30–40 %), au Fatah (25– 30 %) et aux autres factions engagées dans la lutte pour la libération de la Palestine (environ 8–11 %), on obtient qu’environ 63 à 81 % des Gazaouis soutiennent un parti ou un mouvement politique qui, malgré leurs différences, partagent l’objectif commun de libérer la Palestine. Sur une population estimée à 2,1 millions d’habitants, cela représente entre 1,3 et 1,7 million de personnes qui s’identifient à ces forces politiques palestiniennes, qu’elles soient islamistes, nationalistes laïques ou autres groupes militants. Ce large consensus autour de la cause palestinienne témoigne de l’unité d’objectif, même dans un paysage politique fragmenté et souvent conflictuel.
Partant de ce constat, comment imaginer qu’un plan de paix puisse réellement s’implanter face à une population de Gaza qui, selon les chiffres, regroupe entre 1,3 et 1,7 million de personnes refusant toute forme de compromis pacifique avec Israël ? Ces individus, qu’ils soutiennent le Hamas, le Fatah ou d’autres factions, ne manifestent aujourd’hui aucune volonté concrète de rapprochement ou de coexistence pacifique. Dans ces conditions, la tâche de toute administration, y compris celle de Trump, paraît colossale, voire insurmontable. Il est évident qu’il est impossible de déplacer ou de transformer en masse ces positions profondément enracinées, et aucun signe tangible ne laisse entrevoir une acceptation prochaine d’un plan de paix. Ce qui se joue actuellement ressemble davantage à une pièce de théâtre déconnectée de la réalité factuelle, où de belles théories diplomatiques s’écrivent dans l’ombre, mais butent de plein fouet sur un terrain miné par des réalités sociales, politiques et psychologiques complexes.
On est donc en droit de se demander si tout ce discours officiel sur la paix n’est pas avant tout destiné à paraître vertueux, à donner l’illusion d’un engagement constructif, alors qu’en réalité, les conditions réelles rendent la paix durable quasiment impossible. Le constat est brutal : la seule manière concrète d’envisager une paix stable serait soit d’emprisonner toutes les factions armées, soit de déporter massivement les Gazaouis profondément hostiles à Israël. Car ici, parler d’« anti-israélien » ne relève pas d’un simple vocabulaire diplomatique, mais traduit une haine viscérale et totale, un rejet radical de toute coexistence. Ce dilemme terrible souligne l’écart abyssal entre les belles paroles et la réalité implacable sur le terrain.
Dans les faits, le Hamas n’a fait aucun discours ni signe indiquant une quelconque ouverture à la paix ou un changement d’agenda. Son programme reste inchangé, ancré dans une logique de rejet total d’Israël. Cela signifie que des centaines de milliers de Gazaouis se trouvent clairement enfermés dans une dynamique de haine et de volonté de destruction totale de l’État israélien. Parmi eux, des enfants endoctrinés dès le plus jeune âge, prêts à mourir en tuant des Juifs, perpétuant ainsi un cycle de violence sans fin. Face à cette réalité brutale, on ne peut que constater l’écart abyssal entre ces faits et certains diplomates qui semblent
prisonniers de leurs idéaux, comme si l’histoire et la réalité sociale n’avaient aucune prise sur leurs discours et leurs plans.
Dans ses déclarations récentes, le Hamas confirme qu’il n’a aucune intention de changer fondamentalement son agenda. Un haut responsable a déclaré que la résistance ne désarmera jamais, affirmant que « la possibilité de désarmer le Hamas est au‑delà de l’impossible ». Le mouvement a également nié catégoriquement les rumeurs selon lesquelles il accepterait de remettre ses armes sous supervision internationale, qualifiant ces informations de mensongères. Concernant les négociations sur un cessez‑le‑feu, le Hamas parle bien d’une volonté de mettre fin à l’urgence humanitaire et d’aboutir à une trêve durable, mais toujours sans renoncer à son armement ni à son rôle politique. Il conditionne en outre toute remise d’armes à la fin de l’occupation israélienne, repoussant ainsi toute idée de démilitarisation tant qu’Israël existera. Par ailleurs, le Hamas continue de dénoncer les actions israéliennes comme faisant partie d’un projet « génocidaire», appelant les États et tribunaux internationaux à reconnaître cette réalité, ce qui alimente une rhétorique de confrontation profonde. Ces éléments montrent clairement que, malgré des déclarations sur des négociations ou des trêves, le Hamas maintient une position ferme de résistance armée et ne donne aucun signe d’ouverture à une paix politique durable. Cette posture confirme un fossé important entre la rhétorique diplomatique et la réalité stratégique, où la logique de confrontation reste prédominante.
© Nicolas Carras
Notes :
*The National News : https://www.thenationalnews.com/news/mena/2025/02/25/ disarming-is-beyond-impossible-says-hamas-official/?utm_source=chatgpt.com
* * A h r a m I n f o : https://french.ahram.org.eg/News/75656.aspx? utm_source=chatgpt.com
***Tehran Times : https://www.tehrantimes.com/news/516850/Hamas-condemns- former-Israeli-intelligence-chief-s-genocidal?utm_source=chatgpt.com

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