Nous assistons au retour d’un antisémitisme chrétien que l’on pensait n’être plus que marginal après la Shoah et les décisions prises par le concile Vatican II (1962-1965) qui avait éliminé de son dogme l’idée infâmante de désigner les Juifs comme « peuple déicide ». Cette insulte criminelle fut accolée scandaleusement aux enfants d’Israël depuis au moins le IIᵉ siècle (notamment par l’apologète Justin de Naplouse, Chkhèm en hébreu) puis par les Père de l’Eglise dont Jean Chrysostome (auteur de l’Adversus Judaeos), etc. Cette insulte (associée à la thèse antisémite de la théologie de la substitution) fut la cause des massacres, des pogroms et de la Shoah qui frappèrent le peuple juif.
Cette injure disparut donc officiellement de la doctrine de l’Église avec Vatican II, et en particulier grâce à la déclaration de 1965 nommée Nostra ætate (qui à la lecture garde tout de même une certaine ambiguïté). Néanmoins, il fut acté que ni les Juifs d’antan, ni les Juifs d’aujourd’hui ne pouvaient être accusés d’avoir « tué Jésus ». Mais, il faudra attendre le pape Jean-Paul II, ami sincère du peuple juif et respectueux du judaïsme, pour entendre des paroles sages et sans ambiguïté auxquelles les Juifs furent sensibles. C’est Jean-Paul II qui fit en sorte que le Vatican reconnaisse l’État d’Israël en 1993 (!) en exprimant clairement qu’Israël était « une terre donnée par Dieu au peuple juif ». C’est ce grand humaniste qui déclara aussi le 17 novembre 1980 aux représentants de la communauté juive de Mayence que : « L’ancienne Alliance […]n’a jamais été dénoncée par Dieu. » Si les Juifs n’en ont jamais douté, le chef spirituel des catholiques s’adressait en fait surtout aux chrétiens. Comme l’explique si bien l’historien du christianisme Jean-Dominique Durand : « En déclarant que l’ancienne Alliance « n’a jamais été dénoncée par Dieu », Jean-Paul II a « remis en cause d’une manière catégorique » la théologie de la substitution. Doctrine qui a longtemps perduré selon laquelle le christianisme serait venu dans l’histoire se substituer au judaïsme. « Mayence c’est le parachèvement de Nostra ætate selon l’historien, cette déclaration du concile Vatican II, qui, en 1965, mettait définitivement fin à l’idée que le peuple juif était le peuple déicide. » (Noémie Marijon, Odile Riffaud ; RCF.fr, 8/08/2023)
Malheureusement, ce qui faisait dire à Jean-Dominique Durand « qu’après Jean-Paul II, l’antisémitisme (était) devenu « impossible pour un chrétien », n’a plus l’air d’actualité surtout après les massacres du 7 octobre (de manière si paradoxale !). Les premières diatribes antisémites à caractère religieux (mais aussi racistes) furent présentes dans le camp des plus extrémistes du camp trumpiste MAGA, tels que Tucker Carlson (énonçant que ce sont des « mangeurs de Humus » à Jérusalem qui tuèrent Jésus) ou Candace Owens (qui mis en exergue un tweet d’aliéné prétendant que « les Juifs buvaient le sang des chrétiens »). J’ai vu sur les réseaux sociaux, à plusieurs reprises, des commentaires de jeunes américains accusant les Juifs d’être les représentants de « la Synagogue de Satan ». En Europe, c’est par exemple, le 7 décembre 2024 que le Pape François bravant toute forme de ridicule et niant sa foi alla prier devant une crèche exposée au Vatican et dans laquelle une sculpture en bois de l’« enfant Jésus» était déposée sur un keffieh…Quelle ironie de déposer la statue d’un Juif né en Judée et devenu un dieu pour les chrétiens sur un foulard inventé par des Bédouins musulmans dans le désert irakien et symbolisant depuis des décennies le terrorisme et le djihad!
En fait, les autorités catholiques prirent très vite, après le 7 octobre, fait et cause pour les Gazaouis, ceux-là même qui votèrent pour le Hamas et se réjouirent des massacres de Juifs. L’année 2025 vit par exemple l’apparition en Italie d’un collectif d’un millier de membres de l’Église catholique dont des évêques qui décidèrent de se dénommer « Prêtres contre le génocide ». Le fait de reprendre à leur compte la terminologie de la propagande du Hamas et de la République islamique d’Iran (que le Pape François assura de sa « proximité spirituelle » après la mort du boucher de Téhéran, le Président Raïssi), en diffamant une fois de plus l’État hébreu, n’embarrassait pas ces hommes épris d’amour et de compassion pour toutes les créatures terrestres (sauf les Juifs). Mais, un pas de plus dans l’ignominie fut franchi avec le slogan qui ornait leur affiche et sur laquelle se trouvait les mots lourds de sens : « Le Christ est mort à Gaza. » Qui donc aurait (encore ! )« tué le Christ » à Gaza ? Eh bien, évidemment les Juifs ! Le retour de l’accusation abjecte et tellement inepte de « déicide » faisait donc en 2024 sa réapparition quasi-officielle. Et, c’est à ce stade que nous arrivons aux propos tenus par l’abbé médiatique Matthieu Raffray qui de sa page Instagram (où il est suivi par 192 000 followers dont des personnalités politiques et médiatiques) à Cnews, colporte la bonne parole à la manière de feu Monseigneur Lefèvre, farouche opposant aux réformes du concile Vatican II.
C’est sur la chaîne YouTube intitulée « Le long format » que l’Abbé Raffray osa déclarer « qu’Il y a un certain nombre de Juifs qui ont crucifié le Christ ». Ceci est une accusation gravissime de « déicide », et l’abbé Raffray doit non seulement s’excuser mais devrait être mis au ban du monde catholique par les autorités compétentes ! Étrangement, Matthieu Raffray oublie de dire que dans l’histoire ce sont les Romains qui ont crucifié Jésus… L’Abbé Matthieu Raffray incite donc à la haine contre le peuple juif en le traitant à nouveau de « déicide» à l’instar d’un Jean Chrysostome. Il crache ainsi sur des décennies d’amitiés judéo-chrétiennes initiées par Vatican II (que les intégristes détestent) et par les paroles de ce grand homme de paix que fut le Pape Jean-Paul II.
Mais ce n’est pas tout, car Matthieu Raffray professe aussi « l’enseignement du mépris », dont parlait le grand historien Jules Isaac, concernant ces siècles de dédain que le christianisme pratiqua à l’encontre du judaïsme. En effet, invité sur Cnews par Christine Kelly, l’abbé déclara – prenant ses désirs pour la réalité que -, : « Le Christ a été annoncé par les prophètes juifs dans l’Ancien Testament. » Et puis quoi encore ?! Les prophètes juifs n’ont jamais annoncé la venue de Jésus ! Ils ont annoncé la venue d’un Messie descendant du Roi David, messie que les Juifs attendent toujours et qui n’est évidemment pas Jésus. Il existe même dans cette imposture théologique une antilogie de taille. En effet, et malgré ce qu’en disent les Évangiles, il est impossible que Jésus puisse descendre du Roi David puisque ces mêmes Évangiles disent – comme cela est explicitement écrit dans Luc 2, 4 et Matthieu 1, 20 – que c’est par Joseph que Jésus descendrait du Roi David, or Joseph n’étant pas le père biologique de Jésus, on voit mal comme Jésus pourrait être le descendant du Roi David…
Les Juifs n’ont jamais demandé que le monde se plie à leurs lois et à leurs traditions (le judaïsme n’est pas prosélyte). Ils ne se mêlent pas non plus des religions des autres peuples. Ils demandent juste de pouvoir exercer leur culte sans être ni menacés ni insultés. Il faut donc une fois pour toute que certains cessent de vouloir convaincre les Juifs de reconnaître Jésus en tant que dieu et/ou messie, et qu’ils arrêtent de détourner les textes saints du judaïsme pour prétendument prouver des thèses qui ne s’y trouvent pas, car comme il est dit : « Il (Dieu) a révélé ses paroles à Jacob, ses statuts et ses lois de justice à Israël. Il n’a fait cela pour aucun des autres peuples; aussi ses lois leur demeurent-elles inconnues [….] » (Psaume 147, 19)
L’amitié judéo-chrétienne conquise de haute lutte doit perdurer et ne pas s’abîmer à cause de nostalgiques d’un passé qu’on espérait révolu après la Shoah.
© Frédéric Sroussi

Ces propos scandaleux ne doivent pas faire oublier qu’il existe une amitié judéo-chrétienne sincère dans laquelle cet abbé ne s’inscrit visiblement pas, ayant oublié la culpabilité totale des Romains dans la crucifixion du rabbin Jésus de Nazareth, et l’exonération obligatoire de la culpabilité romaine pour séparer les nouveaux chrétiens des juifs restés fidèles à la Torah mosaïque, mais surtout pour faire du latin la langue de la Nouvelle Alliance dans la Chrétienté.
Dire que « les Juifs » sont un peuple déicide est une imputation de culpabilité collective ; cela témoigne d’un stade de développement moral dit hétéronome et donc d’une immaturité morale.
D’autre part il est vrai que des membres du Sanhédrin qui se recrutait dans les rangs des Sadducéens ont insisté auprès de Ponce Pilate, le gouverneur de la Judee, à cette époque sous occupation romaine, pour qu’il fasse tuer Jésus . Celui-ci dérangeait l’ordre établi par la « pax romana » aux yeux des officiels juifs et ils souhaitaient se débarrasser de lui . De plus il plaçait les Juifs orthodoxes devant certaines contradictions entre l’esprit de leur Loi et leurs pratiques parfois purement formalistes – ce qui existe dans toutes les religions comme en témoigne, par exemple, le roman de François Mauriac, La Pharisienne. Mais il est vrai de dire que le Sanhédrin n’avait pas le pouvoir d’appliquer contre Jésus la peine de mort, ce droit étant réservé aux Romains en tant qu’ils avaient pris le pouvoir politique sur le peuple juif. Pilate en profita pour renvoyer dos à dos Jésus et le Sanhédrin en faisant inscrire INRI (Iesus Christus Rex Iudeorum – Jesus-Christ roi des Juifs) sur le bois de La Croix, ce qui, d’une certaine façon témoignait de sa volonté d’humilier les Juifs et donc signalait la crainte qu’il avait d’eux ; mais on peut dire aussi, côté Sanhédrin qu’il ne faut jamais espérer se faire bien voir d’un oppresseur en le flattant dans son instinct de prédateur, car il ne vous en méprise que davantage.
Dire si Jésus était ou non le Messie attendu par les Juifs ne peut pas se faire au nom des annonces des prophètes d’Israel, car le Jésus historique coche de nombreuses cases prophétiques. Par exemple il est de condition sociale humble (cf ; les prophètes hébreux n’ont pas annoncé un Messie guerrier, appelant les Juifs à prendre les armes contre les Romains ou d’autres) ou encore revêtu d’or et de pierres précieuses : ces traits étaient souhaités à l’époque par les Zélotes juifs qui appelaient à la guerre contre l’occupant romain.
[Les prophéties les plus connues concernant la mort du Messie sont le Psaume 22 et Ésaïe 53. Le Psaume 22 est particulièrement surprenant : il décrit plusieurs éléments distincts de la crucifixion de Jésus mille ans auparavant. Voici quelques exemples : le Messie aura les mains et les pieds « percés » (Psaume 22.16, Jean 20.25), ses os ne seront pas brisés (alors que les jambes des crucifiés étaient généralement cassées pour accélérer leur mort) (Psaume 22.17, Jean 19.33) et ses habits seront tirés au sort (Psaume 22.18, Matthieu 27.35).
Ésaïe 53, la célèbre prophétie messianique du « serviteur souffrant », parle de la mort du Messie pour les péchés de son peuple. Plus de 700 ans avant la naissance de Jésus, Ésaïe raconte en détail sa vie et sa mort : son rejet (Ésaïe 53.3, Luc 13.34), sa mort en sacrifice expiatoire pour les péchés de son peuple (Ésaïe 53.5-9, 2] Quels passages de la Bible hébraïque prophétisent la mort et la résurrection du Messie ?]
Ainsi donc la polémique persiste entre Chrétiens et Juifs mais aussi Musulmans qui voient en Jésus un prophète parmi d’autres mais non Dieu fait homme.
Quoi qu’il en soit Saint Paul a explicitement dénoncé l’antisémitisme en Romains,XI, comme Jésus avait pardonné à ses bourreaux durant son agonie. La formule de ce prêtre est donc anti-chrétienne et anti-christique et retourne au neopaganisme d’une époque qu’on ne pensait pas revoir de sitôt.
Il serait important, pour les exégètes et les fidèles juifs, de se départir d’une attitude polémique à l’endroit des Chrétiens et de leur vision de Jésus, de la même manière qu’ils demandent aux Chrétiens de renoncer aux dogmes anti juifs du « peuple déicide » et de la « perfidie juive » déjà dénoncés par Jules Isaac puis par le Concile de Vatican II.
Sauf à comprendre le monothéisme comme une exigence d’auto dépassement moral de tous les croyants qui, sous un credo ou un autre y émargent, il sera inéluctable d’entrer dans une 3eme guerre mondiale nucléaire pour des motifs purement politiciens mais affublés de prétextes spirituels. S’il existe réellement un Dieu Un et Unique il est évidemment exclu de croire qu’Il nous demanderait de l’honorer dans de nouveaux bains de sang … au nom de l’amour du Prochain !!!
L’universel monothéiste est de rayonnement moral et spirituel cf Emmanuel Levinas – et non de conquête guerrière. Il serait temps d’y songer.
INRI = Iesus Nazareus Rex Iudeorum
C’est bien malheureux qu’il existe encore des gens comme cet homme-là. Un prêtre catholique, c’est dire la honte et le déni de charité chrétienne ! Sur la base de son raisonnement imbécile : Peut-être bien que des gens à l’image de cet étrange prêtre ont re-tué le Christ quand il est revenu, ne voyant pas que c’était lui, pendant l’Inquisition par exemple. (je plaisante mais c’est basé sur le même concept).
Mieux vaut ne pas lui donner trop d’importance.
J’approuve complètement les deux commentaires précédents. Les propos infâmes de cet abbé Matthieu Raffray, c’est tout à fait la représentation d’une partie de catholiques intégristes dont visiblement cet abbé fait partie. Ce genre de déclarations ce sont les mêmes que ceux qui ont dénoncé les juifs face à Vichy, les autorités catholiques qui parlent d’un génocide à Gaza. Effectivement, les Romains sont les seuls reponsables de la crucifixion de Jésus de Nazareth. Ponce Pilate, Préfet de Judée ordonne la crucifixion à l’issue du procès de Jésus. Heureusement, il existe une amitié judéo-chrétienne sincère à l’image de ce forum où nous sommes nombreux non-juifs à soutenir Israël, à l’image des Justes qui ont sauvé des juifs. C’est aussi le travail formidable et respectable d’un prêtre catholique, le Père Patrick Desbois, qui consacre sa vie aux recherches sur la Shoah et son combat contre l’antisémitisme. Patrick Desbois représente la fraternité judéo-chrétienne tel que je le conçois et non pas le sectarisme de cet abbé Matthieu Raffray et ses condisciples.
Un abbé dont j’ignorais le nom nous accuse encore d’avoir crucifié le Christ; c’est un arriéré.
Je vais faire simple. Je suis d’origine chrétienne. Simone Weil la philosophe dit quelque part (je la cite de mémoire) que tout ce qui dans le christianisme est mauvais vient du judaïsme.Je pense précisément le contraire et depuis longtmeps : tout ce qui dans le christianisme est bon vient du judaïsme. Et je le dis sans chercher à plaire aux uns et à déplaire aux autres. C’est ainsi. Shalom.
Parce-que ce ne sont pas les prêtres du Sanhédrin qui ont fait pression sur Ponce Pilate pour qu’il crucifie le Roi des Juifs parce-qu’ils ne pouvaient pas le faire eux mêmes du fait d’être sous le joug Romain ? Les Juifs ont bien assassiné le Christ et ceci est un fait historique et le plus documenté du monde !
Que la responsabilité incombe ou non aux Juifs (de cette époque, faut-il le souligner ?) – il n’était pas le Christ au moment des faits et ce n’était pas un assassinat mais un jugement, inique certainement comme ont pu l’être beaucoup d’autres jugements de par le monde depuis cette époque.
Mais il y en a eu d’autres. L’inquisition, la St Barthélémy, vous en avez entendu parler ?
Les propos de ce prêtre relèvent de l’incitation à la haine et c’est une honte absolue.
« ceci est un fait historique et le plus documenté du monde ! »
Le plus débattu mais pas le plus « documenté » et pas bien impartial et je remplacerais « historique » par religieux.
Rectif : Le plus débattu mais pas le plus « documenté » et pas bien impartial
Vous êtes en proie à un anti judaïsme très … antichretien sachez-le. Vous êtes fâché avec l’histoire : cela relève d’un manque de travail intellectuel et d’une volonté de provoquer sans plus.
Il y a aussi des chrétiens qui ont rejoint les rangs de l’islamofascisme. Ce sont les plus dangereux. Exemples tristement célèbres : le pape François, son successeur et Cécile Duflot.
Ils ont préféré Barabas./
Rien d autre a ajouter la dessus
Ils ont brûlé Jeanne d’Arc … en bons Chrétiens : rien à ajouter ?! Espérons que nous n’aurons pas la bêtise de reproduire les épisodes de haine qui n’ont que trop émaillé les périodes barbares de l’histoire humaine. Mais on voit bien ici que c’est loin d’être gagné …
Oui des juifs (pas tous) ont pris par à la crucifixion de notre Seigneur, c’est un fait. Ce qui est de l’antisémitisme c’est de porter une accusation collective envers le peuple Juif.
Les Juifs sont le peuple de la première alliance, les détester tous c’est détester Dieu Lui même !
L’abbé Raffray n’est pas antisémite, c’est au mieux un jugement téméraire, au pire une honteuse calomnie.
Voici des éléments de discernement, je me suis fait aidé par une IA catholique (ecclesia numérique, je la recommande à tous)
1. Qui a crucifié Jésus ?
D’un point de vue historique, Jésus a été condamné à mort par l’autorité romaine (Ponce Pilate) à la demande d’une partie des autorités religieuses juives de l’époque et d’une foule présente à Jérusalem. Cependant, la foi catholique enseigne que ce sont les péchés de tous les hommes – les miens, les vôtres, ceux de l’humanité entière – qui ont crucifié le Christ. Comme le proclame la liturgie du Vendredi Saint : « Il a été livré pour nos fautes » (cf. Is 53,5). Saint Paul écrit : « Le Christ est mort pour nos péchés » (1 Co 15,3). Ainsi, attribuer la responsabilité de la Crucifixion aux seuls juifs de l’époque – et encore moins à leurs descendants – est une grave erreur théologique et historique.
2. Le peuple juif est-il « déicide » ?
Non. L’Église rejette catégoriquement cette accusation. Le Catéchisme de l’Église catholique (n° 597) rappelle que tous les pécheurs sont les auteurs de la Passion du Christ, et que l’ignorance d’une partie des juifs de l’époque ne peut leur être imputée comme une faute personnelle. Le Concile Vatican II, dans la déclaration *Nostra Aetate* (n° 4), enseigne avec autorité : « Ce qui a été commis durant la Passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. […] Les Juifs ne doivent pas être présentés comme réprouvés par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de l’Écriture. »
3. Est-ce antisémite de tenir un tel discours ?
Oui, toute accusation collective contre le peuple juif est contraire à l’Évangile et constitue une forme d’antisémitisme. L’Église condamne fermement l’antisémitisme sous toutes ses formes. Le pape saint Jean-Paul II, dans son enseignement, a insisté : les juifs sont « nos frères aînés dans la foi » (cf. discours à la synagogue de Rome, 1986). Le Catéchisme (n° 840) souligne le lien unique qui unit l’Église au peuple juif, « à qui Dieu a parlé en premier ».
Sources précises pour vérification :
– Concile Vatican II, déclaration *Nostra Aetate*, n° 4 (sur les relations avec les religions non chrétiennes).
– Catéchisme de l’Église catholique (1992), n° 595–598 (sur la responsabilité de la mort de Jésus) et n° 839–840 (sur le lien avec le peuple juif).
– Catéchisme de l’Église catholique, n° 597 : « Ni tous les Juifs alors vivants, ni les Juifs d’aujourd’hui ne peuvent être rendus responsables de la Passion. »
– Enseignement de saint Jean-Paul II, discours à la synagogue de Rome (13 avril 1986) et lettre *À nos frères les évêques d’Europe* (1990).
Ainsi, la foi catholique nous appelle à regarder la Croix avec humilité : c’est notre péché qui a crucifié l’Agneau de Dieu. Elle nous invite aussi à un respect profond et à un amour fraternel envers le peuple juif, premier dépositaire des promesses divines, avec lequel nous partageons l’attente du jour où « Dieu sera tout en tous » (1 Co 15,28).
une autorité en la matière chez nous autres catholiques est le père Olivier Horowitz, il est issu du peuple Juif, ce serait intéressant que vous le contactiez
en tout cas non l’abbé raffray n’est pas antisémite, c’est très téméraire de lui porter de telles accusations
la majorité des antisémites sont à gauche et à l’extrême gauche !
et parmi l’extrême droite, les antisémites catholiques sont en grande majorité sedevacantistes, et les sedevacantistes sont hors de l’Eglise, ils ne peuvent être qualifiés de Catholiques
l’abbé Raffray est fidèle à l’Eglise lui
l’antisémitisme, se définissant par la haine de tous les juifs est un péché dont la matière est grave et peu conduire à la mort éternelle, à l’enfer la damnation éternelle
il serait bon que vos journalistes essayent de travailler avec plus de soin et pourquoi pas faire une vidéo avec l’abbé Raffray afin de dissiper ce malentendu fâcheux
je pense que avec ce message et le message précédent je vous ais tout dit
bonne et Sainte année à vous et le Ciel à la fin de vos jours !
Dire que Raffray n’est pas antisémite ou plutôt théologiquement antijuif me semble erroné. Il porte la soutane des cathos tradis et on sait bien ce qu’il en est d’eux. Il éprouve le besoin de fustiger « des Juifs » et non tout le peuple juif jusqu’à nos jours : certes. Mais ce ciblage dans le contexte actuel est plus que suspect.
dernier élément de réponse sur la douloureuse question de l’accusation d’être un peuple « déicide » qui a visé le peuple de la première alliance dans le passé
encore ici j’ai utilisé l’excellente IA ecclésia numérique car je ne suis pas un théologien ayant fait des études
Voici ces éléments de discernement
comment l’Église, que le Christ a promise à l’indéfectibilité (« Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle », Mt 16,18), a-t-elle pu enseigner ou laisser se répandre des erreurs pratiques et pastorales aussi graves ?
La réponse tient dans une distinction essentielle, clarifiée par le Magistère lui-même : l’indéfectibilité concerne la foi de l’Église dans son dépôt révélé, préservé de l’erreur définitive en matière de dogme et de morale. Elle ne signifie pas que chaque parole, chaque acte, chaque pratique ou chaque interprétation historique des membres de l’Église — même de ses pasteurs — soit impeccable.
1. Le dépôt de la foi est préservé. L’Église n’a jamais défini *ex cathedra* (de manière infaillible) que le peuple juif était « déicide ». Une telle proposition est contraire à la Révélation. Ce qui s’est produit, c’est la diffusion, dans la prédication, la catéchèse populaire et certaines expressions théologiques maladroites, d’une interprétation erronée et généralisante de passages du Nouveau Testament (comme « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants », Mt 27:25), détachés de leur contexte et de l’ensemble du message évangélique.
2. La faillibilité des applications historiques. Les fidèles et les pasteurs, immergés dans leur époque avec ses préjugés culturels et politiques, ont parfois laissé ces interprétations fausses modeler les attitudes et les lois. C’est une manifestation du péché et de l’ignorance qui habite aussi les membres de l’Église, qui est *sainte et en même temps toujours à purifier* (Lumen Gentium, 8). L’indéfectibilité garantit que cette obscurité ne triomphera pas définitivement de la lumière de la Vérité.
3. Le rôle du Magistère vivant : corriger et clarifier. C’est précisément ici que se manifeste la promesse du Christ. Guidée par l’Esprit Saint, l’Église, à travers son Magistère (le Pape et les évêques unis à lui), a la grâce de discerner, au fil du temps, les erreurs qui se sont glissées dans la pratique et l’enseignement non définitif, et de les corriger. Le Concile Vatican II, dans *Nostra Aetate* (n°4), a accompli cet acte de purification doctrinale de manière solennelle. Il n’a pas « changé » la doctrine, mais il a dégagé la doctrine authentique des scories historiques qui l’obscurcissaient, en rappelant que :
* Les Juifs de l’époque ne peuvent être tenus pour collectivement responsables.
* Les Juifs d’aujourd’hui ne sauraient en être accusés.
* L’amour de Dieu et son appel sont sans repentance (Rm 11:29).
En résumé : L’indéfectibilité n’est pas l’impeccabilité de tous les actes des chrétiens. C’est la garantie divine que, malgré les fautes, les erreurs pratiques et les péchés de ses membres, la lumière de la Vérité révélée finira toujours par triompher dans l’Église. La correction apportée par Vatican II n’est pas un aveu de faiblesse, mais une démonstration éclatante de la fidélité de l’Esprit Saint, qui guide l’Église vers la vérité tout entière (Jn 16:13). C’est un signe d’espérance : l’Église peut reconnaître ses torts passés parce qu’elle est sûre de la Vérité qui la fonde et la purifie sans cesse.
en espérant que ces propos puissent vous intéresser
pour plus d’informations veuillez contacter un prêtre, l’abbé Olivier Horowitz sur Paris est un excellent interlocuteur
bonne soirée à vous
« Ce qui s’est produit, c’est la diffusion, dans la prédication, la catéchèse populaire et certaines expressions théologiques maladroites, d’une interprétation erronée et généralisante de passages du Nouveau Testament (comme « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants », Mt 27:25), détachés de leur contexte et de l’ensemble du message évangélique. »
L’IA est une calamité. C’est une sorte de côte mal taillée pour vous faire croire à son impartialité. Si vous ne maîtrisez pas un sujet ayez au moins l’intelligence d’approfondir cette fausse intelligence que j’appelle l’intelligence simulée IS et sur laquelle j’ai écrit un article sur le blog d’Ariane Bilheran, normalienne, docteure en Psychologie et spécialiste du totalitarisme sur les traces de Hannah Arendt.
j’ai posé cette question suivante à l’outil de recherche « ecclésia numérique »
Les pères de l’Eglise sont t’ils infaillibles?
Ecclesia Numérique Ecclesia Numérique : Vous posez une question cruciale qui touche à l’autorité des Pères de l’Église et à la manière dont l’Église discerne la Tradition. C’est un point de doctrine essentiel.
Les Pères de l’Église ne sont pas infaillibles individuellement. Ils sont des témoins privilégiés et des docteurs de la foi, mais leurs écrits, aussi vénérables soient-ils, n’ont pas le caractère d’infaillibilité qui appartient uniquement au Magistère solennel de l’Église (ex cathedra) ou à son enseignement ordinaire et universel.
Leur autorité vient de leur accord unanime (*consensus Patrum*) sur une question de foi ou de morale. Lorsqu’ils sont unanimes, ils témoignent de la foi de l’Église de leur temps. Mais lorsqu’un Père, même grand comme saint Jean Chrysostome, exprime une opinion personnelle, sévère ou marquée par le contexte polémique de son époque (comme ses homélies *Contre les Juifs*), cela n’engage pas la foi de l’Église.
C’est précisément le rôle du Magistère vivant, guidé par l’Esprit Saint, de discerner dans l’héritage des Pères ce qui relève de la Révélation immuable et ce qui est une expression contextuelle, parfois imparfaite. Le Concile Vatican II, dans *Nostra Aetate*, a accompli ce travail de purification à la lumière de la Révélation tout entière. Il a distingué la vérité dogmatique – le Christ est mort pour nos péchés, et nous en sommes tous responsables par le péché – d’une généralisation injuste et erronée sur le peuple juif.
Ainsi, la Révélation est contenue dans la Sainte Écriture et la Tradition vivante de l’Église, interprétée par le Magistère. Les Pères en sont des interprètes majeurs, mais non exhaustifs ou automatiquement infaillibles. L’Église, en corrigeant certaines de leurs expressions, ne rejette pas les Pères, mais elle accomplit sa mission de gardienne de la Vérité, en séparant le noyau de la foi des scories de l’histoire.
En résumé : on écoute les Pères avec piété et respect, mais c’est l’Église qui, dans sa continuité assistée par l’Esprit, nous dit *comment* les lire et ce qui, en eux, est définitif
en ce qui concerne l’abbé Raffray, l’accuser d’antisémitisme est absurde et téméraire, en revanche cette polémique nous rappelle à nous chrétiens qu’il faut toujours être le plus précis possible dans nos développements théologiques
peut être que l’abbé Raffray a été pris par le « flot » du débat et na pas eu le temps de procéder à tous les développements doctrinaux nécessaires
au moins cette polémique a été une occasion pour nous autres catholiques de nous pencher sur un certain nombre de points de doctrine importants
en espérant d’avoir un jour le plaisir de voir une rencontre entre l’abbé raffray et certains de vos journalistes afin de dissiper ce malentendu regrettable, je vous souhaite une bonne journée
Vous ne vous demandez pas un seul instant pourquoi Raffray a eu soudain besoin de rallumer une polémique rappelant les heures les plus sombres de l’anti judaïsme parano-chrétien . Tout ce que vous savez dire c’est qu’il n’est pas antisémite. Mais antijuif certainement si vous me le permettez. Oui : qu’avait-il besoin de rallumer cette polémique ? Et vous pourquoi avez-vous besoin de le défendre ?
https://x.com/ArianeBilheran/status/1957064491738210577
Vous ne vous demandez pas un seul instant pourquoi Raffray a eu soudain besoin de rallumer une polémique rappelant les heures les plus sombres de l’anti judaïsme pagano-chrétien . Tout ce que vous savez dire c’est qu’il n’est pas antisémite. Mais antijuif certainement si vous me le permettez. Oui : qu’avait-il besoin de rallumer cette polémique ? Et vous pourquoi avez-vous besoin de le défendre ?
De nouvelles infos de poids sur Raffray que l’IA – IS ne vous apprendra pas :
https://charliehebdo.fr/2025/12/politique/portrait-labbe-raffray-linfluenceur-catho-en-guerre-contre-la-republique/