Tribune Juive

11/9 Par Marc Hellebroeck

Le dernier jour d’un con damné

Tic tac, compte à rebours des heures ;
clic clac, le bruit de mon chargeur.
Je ne connais pas tous ces gens,
il y a des femmes et des enfants,
je dois les tuer, ces mécréants,
j’en ai le droit, je suis croyant,
je suis le bon, eux les méchants.
Bientôt pour moi le grand moment ;
ma voie, ma foi, leurs hurlements.

J’ai passé ma vie à mentir,
j’ai passé ma vie sans sourire,
j’ai passé ma vie à maudire.
Surtout, ne jamais réfléchir,
surtout, ne jamais questionner,
ne pas douter, ne pas penser,
prier, prier, prier, prier ;
inspirer, souffler, réciter.

Peu importe ce que je vois,
tout ce qui compte, c’est que je crois.
Versets de sang, versets terreur ;
verser le sang, versés les pleurs.
Mon Dieu, je dois tuer pour ta gloire ;
c’était ça ou bien c’était boire.
Je Te tutoie, je tue pour Toi ;
Ta voix me dit que Tu es moi,
mon dernier cri, c’est tuez-moi !

J’ai passé ma vie à haïr,
j’ai passé ma vie sans sourire,
j’ai passé ma vie à mourir.
Surtout, ne jamais réfléchir,
surtout, ne jamais questionner,
ne pas douter, ne pas penser,
tirer, tirer, tirer, tirer ;
inspirer, souffler, réciter.

Ma vie n’avait pas d’avenir,
j’ai rêvé ma mort en martyr.
Mon Dieu, je vais mourir ce soir ;
ces corps sont-ils pour moi l’espoir ?
Mon sang coule sur le trottoir,
ma mort est-elle une victoire ?
Mon Dieu, je voudrais tant savoir :
m’attends-Tu dans Ton Paradis
d’éternelle pornographie ?

© Marc Hellebroeck

Source: rupture-mag.fr

Le dernier jour d’un con damné – Rupture

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