Tribune Juive

Chochana Boukhobza. L’otage, cœur battant de notre humanité. Tant que nous le laisserons captif, Nous tous nous resterons prisonniers

« Il faudrait que tous portent ce garçon comme une couronne. Il représente 2000 ans de douleur »
Chochana Boukhobza

Bien des gens répètent comme un refrain : Israël a gagné la guerre, pourquoi ne pas négocier, même à un prix écrasant, avec le Hamas ? Pourquoi le poursuivre jusque dans ses retranchements, pourquoi vouloir le démanteler jusqu’à la racine ?

Ces gens ne comprennent pas que le nœud du problème est le statut de l’otage, du captif : ce civil, ce résident, ce journaliste, cet écrivain, ce touriste dont les islamistes s’emparent et qu’ils retiennent dans des prisons ou dans des tunnels.

Cet otage, c’est le cœur battant de notre humanité.

Il est détenu dans des conditions atroces, battu,  humilié devant ses camarades. Ecoutez les témoignages de ceux qui sont passés par là : Georges Malbrunot, Christian Chesnot (Irak), Nicolas Hénin (Syrie), Louis Arnaud (Iran), Olivier Dubois (Sahel) et tant d’autres. Leurs récits disent tous la même chose : la prise d’otages est une arme politique, une stratégie de domination et de terreur. Chaque fois qu’on accepte de négocier sans poser de conditions, on ouvre la voie à de nouveaux enlèvements.

Oui, il faut libérer l’otage et surtout, empêcher que d’autres ne tombent entre leurs mains.

Mais notre monde a basculé depuis le 7 octobre.

Dans la société civile, l’indifférence règne! On va  jusqu’à arracher les portraits d’otages que de jeunes Juifs, la nuit, collent sur les murs, dans la peur et la hâte… Entourés de voitures protectrices, ces jeunes s’élançaient pour coller à toute vitesse les visages de vieillards et de bébés, sachant qu’au matin déjà les affiches seraient arrachées avec les ongles. Ils ne connaissaient pas ces otages, ne recevaient aucune compensation, n’appartenaient à aucun mouvement politique. Ils étaient simplement envahis par une détresse profonde, ils avaient vu les vidéos filmées par les terroristes — et cela avait suffit pour se porter volontaires à ces collages nocturnes, dangereux, car bien souvent des individus ivres de rage, surgissaient pour les agresser.

Dans le monde journalistique, on a parlé des otages avec un « oui, mais », et l’on n’a brossé leur portrait qu’au moment de leur libération. Pourtant, c’est parmi les journalistes que la mobilisation aurait dû être la plus forte. Les journalistes qui savent  qui s’empare d’otages : Iran, Irak, Syrie, Algérie, Hamas, Djihad islamiste. Les journalistes, qui auraient dû monter en première ligne, qui auraient dû ébranler l’opinion pour exiger leur libération. Mais rien, ou presque : une goutte d’eau dans l’océan du silence.

Dans le monde politique, enfin. Et là, c’est un gouffre. Qu’Emmanuel Macron, au lieu de se préoccuper des otages détenus en Iran, en Algérie, ou de nos compatriotes assassinés par le Hamas, choisisse d’aller à l’ONU pour demander la création d’un État palestinien au moment le moins opportun, c’est offrir un sursis au Hamas, un second souffle, une légitimation, et oui, presque une justification. 

Et au même moment, on voit les moyens dont dispose les terroristes : on sait que Zaher Birawi est un relais officiel du Hamas en Grande-Bretagne et qu’il a financé la première et la deuxième flottille. A-t-il été arrêté ? Non. Des lobbying très puissants inondent de fake les cercles diplomatiques, juridiques, financiers pour salir le monde juif et israélien.. Ils manipulent ou corrompent des députés hauts placés et des juges dans le monde entier. 

Et pendant ce temps… 

Les familles des otages, sont seules, sans moyens. Elles devraient être invitées partout, relayées par les institutions, portées par une solidarité internationale. Mais elles sont laissées à leur solitude, comme si le destin des otages était devenue une affaire secondaire.

Or la question de l’otage est centrale. Elle engage le droit international, la dignité humaine.

Un monde qui s’habitue à voir des civils séquestrés, humiliés, marchandés, est un monde qui a renoncé à ses valeurs. 

Il faut un front international, qui dépasse les frontières et les clivages, pour que plus aucun État, plus aucune organisation, ne puisse utiliser la prise d’otages comme instrument de guerre et de propagande. Il faut que les voix des familles, des survivants, des journalistes, des simples citoyens, se rejoignent pour que ce crime ne soit plus toléré.

Car l’otage n’est pas seulement un individu enfermé : il est le miroir où se mesure notre humanité. Tant que nous le laisserons captif, c’est nous tous qui resterons prisonniers.

Je pense aux otages israéliens, vivants et morts détenus dans les tunnels du Hamas, aux otages français en Iran : Cécile Kholer,  Jacques Paris, Lennart Monterlos et à ceux qui sont détenus en Algérie : Boualem Sansal et Christophe Gleizes

© Chochana Boukobza
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