
Puisque c’est à la mode, lançons-nous aussi.
Après la « Flottille de la Liberté » qui vogue vers Gaza avec son cortège de provocateurs professionnels, ses Greta, ses ONG militantes et ses caméras embarquées prêtes à pleurer sur commande, j’aimerais proposer, moi aussi, la flottille Exodus, le retour.
Oui, une flottille. Mais cette fois, en sens inverse. Cap sur Marseille.
Un sondage diffusé sur France Inter révèle que 16 % des collégiens refusent d’être amis avec un Juif. Parce que 25 % estiment que la phrase « Hitler aurait dû finir le travail » est tout à fait acceptable.
Et dans ce contexte, peut-être est-il temps que ce soit Israël qui vienne sauver les enfants juifs de France.
Et cette flottille, bien sûr, ne partirait pas de n’importe où. Elle lèverait l’ancre depuis le port d’Ashdod. Ashdod, ville balnéaire devenue front de guerre, ville bombardée des milliers de fois par ces mêmes Palestiniens qui, paraît-il, n’ont pas d’argent pour manger, pas de quoi construire des écoles, ni acheter des manuels, mais manifestement assez pour forer des tunnels à la petite cuillère et construire des roquettes dans des arrière-cours d’enfants affamés.
Car quand il s’agit d’inculquer la haine du Juif, l’imagination ne manque pas, les manuels scolaires sont soudain très bien imprimés, et les fonds — que les ONG occidentales croyaient allouer à l’aide humanitaire — deviennent métal, explosifs et slogans, avec l’aimable participation de quelques capitales européennes qui préfèrent ne pas savoir.
Imaginez un instant : une flottille israélienne, drapeau bleu et blanc au vent, accostant dans le port de Marseille pour recueillir les élèves juifs qui ne peuvent plus aller au collège sans avoir la boule au ventre.
À son bord ? Pas de stars médiatiques en mal de buzz, mais des rescapés de la Shoah, des immigrants récents venus d’Europe, des Israéliens du quotidien, qui n’ont jamais quitté leur terre pour briller mais qui connaissent mieux que quiconque le prix du silence et de la lâcheté.
Eux ont décidé de revenir. Non pas pour fuir, mais pour rapatrier les leurs. Une opération d’Alia inversée.
Et qui sait ? Si la flottille rencontre un succès, peut-être que « Le Dernier des Juifs » cessera d’être une fiction prémonitoire et deviendra un récit dépassé, une prophétie avortée.
Mieux encore, cette expédition deviendra peut-être la plus belle épopée d’Alia depuis l’Exodus.
Et comme toute belle histoire, il faudra bien une fin…
Alors imaginons l’arrivée au port. La France, dans sa dignité retrouvée, fera ce qu’elle sait faire de mieux : elle condamnera fermement, elle chantera très juste, elle allumera des bougies avec beaucoup d’émotion, elle organisera un hommage à la diversité perdue.
Mais les bateaux repartiront. Et dans leur sillage, un vide. Un de plus.
Et puisque dans chaque ville de France et d’Europe l’antisémitisme ne fait plus l’objet d’un frisson mais d’un simple constat, la flottille de la Ménorah a, hélas, un bel avenir devant elle.
Et qui sait ? Peut-être même que le président Macron, en pleine quête désespérée d’un électorat depuis longtemps chapardé par LFI, trouvera l’idée formidable : se débarrasser des Juifs avec le sourire républicain.
Peut-être organisera-t-il, pour chaque départ, un concert républicain, quelques bougies républicaines, un discours ferme et digne, et même, pourquoi pas, un petit clip de communication aux couleurs de Marianne.
Car oui, la spécialité française, face aux attentats, face aux meurtres d’innocents, c’est l’événementialisation de la tragédie.
C’est l’art d’illuminer les monuments, de réciter des textes puissants, de « condamner fermement », mais surtout, de ne rien faire.
Et dans ce domaine-là, vraiment, la France excelle.
Dédicace : Sur une idée de mon ami David Lévy, parti en Israël avec la plus belle des flottilles : El Al. En aller simple il y a 4 ans.
© Etoile de David
A propos de l’auteur:
« Je ne savais pas encore …
J’ai choisi une photo de moi, enfant.
Parce qu’à cet âge-là, on ne sait pas encore.
On vit porté par la douceur, les rêves, les bras aimants.
On ne se pose pas de questions.
On est juif comme on est vivant : libre, sans le savoir.
Aujourd’hui, j’ai 50 ans.
Je vis en France.
Et je sais.
Je sais ce que l’on nous dit, ce que l’on nous refuse, ce que l’on attend que l’on taise.
Mais je ne me tairai pas.
Je vais me battre, avec vous, pour que cette liberté — celle de l’enfance, celle de vivre sans se cacher —
revienne.
Et qu’elle n’ait plus d’âge
© l’étoile de David
Contact: heysibonnesidees@gmail.com
