Tribune Juive

Yoan Attali. Notre dernière chance d’éviter le pire

Si vous voulez mon ressenti sur la tournure des évènements en Israël, j’ai la sombre impression que nous sommes à l’aube d’une conflagration sans précédent, dans les jours ou les semaines à venir.

Samedi, pour la première fois, l’aéroport Ben Gourion a été visé ; la roquette est tombée tout près du terminal.

C’est un tournant gravissime.

Les États-Unis semblent désormais convaincus que l’Iran se moque des négociations.
Un diplomate américain, sous couvert d’anonymat, a affirmé la semaine dernière que l’Iran posséderait déjà l’arme nucléaire.

La Turquie, l’Égypte, la Syrie : autant de pays qui laissent planer la menace d’une extension du conflit.

Les Houthis continuent de tirer chaque jour sur Israël, comme si les ripostes ne les touchaient pas.

Le Hamas ne cède rien et ne souhaite pas libérer les 59 derniers otages.

L’impatience en Israël est palpable. Les gens en ont assez.

Plus d’un an et demi à vivre sous la menace constante de sept fronts.

La tension est à son comble.

Nous sommes au bord d’une déflagration.

D’un côté, j’espère me tromper. De l’autre, comment continuer ainsi ?

En Israël, nous vivons chaque jour avec une épée de Damoclès.
Il faut mettre un terme à cela.

Mais à quel prix ? Quelles conséquences ?

Nul ne le sait. Ne rien faire serait suicidaire.

Alors, à qui la faute ?

À ces gouvernements faibles et lâches qui ont laissé le Hamas, le Qatar, agir en toute impunité.
À l’ONU, ce « machin » comme l’appelait de Gaulle, qui a financé le Hamas à travers l’UNRWA et qui a condamné Israël dès le 8 octobre 2023.

Plutôt que d’exiger la libération immédiate des otages, plutôt que de former une vraie coalition contre le Hamas, plutôt que de faire pression sur le Qatar pour couper les financements du terrorisme islamiste… le monde a préféré détourner le regard.

Aujourd’hui, Israël n’a plus vraiment le choix.

Nous allons devoir nous préparer.

Mais une chose est certaine : quel que soit le chemin difficile qui nous attend, Israël vivra. Et le peuple juif en sortira plus fort, plus uni, plus vivant.

Comme le disait Herbert Pagani Zal :
« Aujourd’hui, je me dois d’être solidaire envers tous les miens, même ceux que je déteste, au nom de cet ennemi insurmontable : le racisme. »

Je rajouterai :
Soyons plus proches les uns des autres. Aidons ceux qui en ont besoin dans nos communautés. Gardons nos langues de la médisance. Jugeons-nous favorablement, et nous serons sauvés.

À chaque époque où les Juifs se respectaient, la miséricorde de D.ieu se manifestait, même sans observance rigoureuse de la Torah.
Mais quand nous respections la Torah tout en étant divisés, les catastrophes survenaient. Ce fut le cas, le 7/10, en pleine fracture de la société israélienne.

D.ieu veut avant tout notre entente, comme un père veut que ses enfants s’aiment même s’ils ne l’écoutent pas.

C’est peut-être notre dernière chance d’éviter le pire.

Que D.ieu protège Israël et le peuple juif.

AM ISRAËL HAY

© Yoan Attali

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