
Djemila Benhabib
Il devient insupportable d’entendre sans cesse brandir le terme « Islamophobie », comme si ce mot devait clore tout débat.
1. Les actes antimusulmans ont-ils réellement besoin de ce mot ?
Les agressions, les discriminations ou les atteintes aux droits doivent être condamnées peu importe la religion de la victime.
Pourquoi alors isoler ces actes sous un terme aussi chargé, au lieu d’utiliser les lois existantes contre la haine, tout simplement ?
D’autant plus que les actes anti-musulmans ne représentent qu’environ 5 % des actes à caractère raciste dans notre pays, contre 40 % pour les actes anti-catholiques et 55 % pour les actes anti-juifs.
Rapportés à la taille respective de chaque communauté, ces chiffres montrent clairement que les actes visant les musulmans sont très nettement moins fréquents en comparaison.
Cela ne signifie pas qu’ils doivent être minimisés.
Toute atteinte à une personne en raison de sa foi, de son origine ou de ce qu’elle représente est un délit, et doit être fermement condamnée.
Mais les faits doivent être regardés avec honnêteté sans distorsion ni récupération idéologique.
2. En quoi « l’islamophobie » serait-elle une forme de racisme ?
L’islam est une religion, pas une ethnie.
La peur ou la critique d’une religion, qu’elle soit fondée ou non, relève de la liberté d’opinion.
Assimiler cette peur à du racisme est un glissement sémantique dangereux.
Oui, on peut avoir peur d’une religion.
Certains craignent l’islam, d’autres le christianisme, d’autres encore le judaïsme. On parle alors de christianophobie ou de judaismophobie, meme si ce terme n’existe pas vraiment.
Ces peurs peuvent être irrationnelles, exagérées, mais elles peuvent exister et dans une société libre, elles doivent pouvoir être exprimées et débattues.
Alors pourquoi ce terme « Islamophobie » revient-il en boucle, toujours plus accusateur, toujours plus sacralisé ?
Pourquoi cette obsession chez certains, souvent issus de l’extrême gauche et pour ne pas les citer de la LFI ?
Que cherche-t-on à dissimuler derrière ce mot ?
Un moyen de disqualifier toute critique de l’islam ?
D’imposer un tabou ?
De faire taire au nom du « vivre ensemble » ceux qui posent des questions légitimes ?
La liberté de conscience, c’est aussi la liberté de douter, de critiquer, parfois même de craindre.
C’est le prix d’une démocratie.
Il faut donc refuser l’amalgame systématique entre « islamophobie » et tout acte dirigé contre des musulmans.
C’est un mensonge, un de plus.
C’est une manipulation sémantique qui vise à disqualifier toute critique de l’islam, même légitime.
Cette dérive ouvre la voie à une inquiétante soumission de la société française aux injonctions de l’islam radical, notamment celui promu par les Frères musulmans.
© Yoan Attali
Yoan Attali est Membre du comité stratégique de United Hatzalah