Tribune Juive

L’assassinat de Sarah Halimi le 4 avril 2017 : 8 ans après, alors qu’une re-ouverture du dossier est à l’étude, les media se taisent

8 ans. Cela fait 8 ans que les Français épris de justice et les Français Juifs atterrés par l’assassinat de l’une des leurs et l’absence de justice qui en suivit vont, obstinément et la gorge serrée, comme « en attente » qu’un jour la vérité éclatât.

Avez-vous remarqué combien furent rares les media mentionnant, en février dernier, la ré-ouverture possible du « Dossier Sarah Halimi ». Et comment ceux qui en parlèrent consacrèrent un simple et trop prudent entrefilet à cet élément nouveau auquel croient un pool d’avocats, et non des moindres.

Un Avocat majuscule y croit. Il va gérer le dossier et tout faire pour que Justice soit enfin rendue à Sarah Halimi

Hier, en regardant notre rassemblement au Trocadéro, j’ai encore pensé à ceux, nombreux, que nous, Juifs, escortés de quelques Justes, fîmes pour que « l’Affaire » Sarah Halimi interpelle davantage, notamment lorsque la Commission d’enquête menée avec brio par Meyer Habib mit en exergue les indiscutables manquements et graves dysfonctionnements qui illustrèrent de A à Z la procédure. Scandaleusement, Rien n’y fit, et l’on dut se contenter d’une conclusion batarde qui exhortait à … ne pas reproduire lesdites « erreurs ».

Comme pour nombre de vous, cette « affaire » resta gravée en moi comme l’exemple même de l’inachevé, d’une « faute » lourde restée comme une tache sur la Justice de France, de l’erreur judiciaire de laquelle un jour peut-être « on » reparlerait à la faveur d’un élément « nouveau ».

« L’élément nouveau », peut-être aujourd’hui est-il là: on le devrait alors à l’indicible opiniâtreté d’un frère, William, qui fit de la justice à rendre à sa soeur le centre de sa vie, qui alla, vint, prit des risques, agaça, à force, toujours escorté et écouté par celle, si discrète, trop discrète, une sorte d’ange dévoué à Sarah elle aussi, S.G.

Lorsque j’eus connaissance de cette pièce faite d’un « audio » enregistré par un témoin de l’assassinat, je confesse m’être dit: « Encore. Quoi cette fois ».

Jusqu’à ce que ladite pièce me fut transmise.

Et que me hantât la question: Pourquoi diable la Juge Anne Ihuellou la confia-t-elle à la police scientifique plutôt qu’à un expert indépendant?

La question et ses lourdes conséquences: Si les 3 psychiatres qui disputèrent alors entre abolition ou altération du discernement avaient eu accès au dit audio, les 3 auraient eu la preuve irréfutable de la lucidité de Kobili Traoré au moment des faits, l’audio le démontrant indiscutablement.

A l’avocat qui a eu le talent et le coeur de bien vouloir « accepter » l’affaire, je tire bas mon chapeau.

Avec certitude j’assure qu’aujourd’hui « L’affaire Sarah Halimi » revient en force sur le devant de la scène.

Un pensée forte pour Maître Alex Buchinger

Et pour ce frère, devant la constance et la foi duquel je m’incline.

Sarah Cattan

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