Frédéric Joseph Bianchi. La tentative d’assassinat d’Yvan Colonna rallume la mèche de la discorde et cristallise les colères

On mesure bien avec la situation en Corse l’inconséquence et l’absence d’épaisseur du pouvoir politique.

D’un côté il traite en sous mains un nouveau statut politique d’autonomie dont on découvre l’existence de façon détournée et de l’autre il proclame à qui veut l’entendre son intransigeance au sujet des prisonniers Corses.

Cette posture martiale très inhabituelle quand il s’agit d’autres sujets ne manque pas d’interroger. Le pouvoir ne pouvait ignorer les menaces pesant sur les prisonniers Corses depuis les affaires de la cité l’Empereur à Ajaccio et de Sisco. Les islamistes ont lancé le djiad contre les Corses en prison. Tout le monde le sait sauf les responsables. Ils font la loi entre les barreaux et on peut se demander si les gardiens n’ont pas été sommés de regarder ailleurs puisque cette tentative d’assassinat a duré 8 minutes et que la salle était équipée de vidéo surveillance !! Totalement irréaliste s’agissant d’un détenu particulièrement signalé !

C’est exactement l’inverse qu’il fallait faire : Ouvrir des négociations en toute transparence avec les représentants de la Corse sur un nouveau statut puisque tous les élus corses y sont peu ou prou favorables et que la Corse a voté à deux reprises en 2015 et en 2020 pour l’autonomie d’une part, et, d’autre part, conditionner le retour des prisonniers Corses à l’abandon définitif de toute violence. Mais bien sûr prioritairement assurer leur protection.

Le premier ministre refuse l’allègement des conditions de détention pour les corses alors même que leur comportement en prison est irréprochable et que la commission a donné un avis favorable.

Dans le même temps un prisonnier islamiste extrêmement dangereux peut se déplacer sans surveillance dans la même maison d’arrêt…

A quoi cela sert-il de se draper dans une soi disant intransigeance au nom de la République quand il s’agit des corses alors que par ailleurs tous les compromis sont bons lorsque la laïcité est menacée et que les institutions de la République sont littéralement attaquées ! Enseignants et policiers les premiers.

Quel soubresaut de l’histoire . L’assassinat du préfet Erignac avait provoqué un électrochoc et le retour à l’Etat de droit. 25 000 corses avaient fait la plus grande manifestation jamais organisée en Corse pour condamner sans la moindre réserve cet acte odieux. Jamais il n’en a été fait compte à la Corse. Cet assassinat avait mis un terme à des années de dérapage et d’ultra violence.

Et voilà que 20 ans après, la tentative d’assassinat d’Yvan Colonna rallume la mèche de la discorde et cristallise les colères, surtout de la jeunesse.

Bilan ! Bravo ! Les corses sont des gens de parole dans tous les sens du terme. Faute de l’avoir compris et à force de balancer d’un pied sur l’autre avec le ridicule “en même temps “, la Macronie n’a fait que replonger l’ île dans ses anciens tourments alors que tout paraissait politiquement possible.

Merci. Le pire pour l’avenir est que l’idée qui a germé est que la rue était plus efficace que le dialogue, l’écoute et la négociation. Terrible démonstration du décalage entre manager et gouverner qui a déjà embourbé le pouvoir Macronien à plusieurs reprises et dont il ne semble pas être capable de tirer les leçons.

En toile de fond, on retrouve toujours ce refus de dialoguer avec le corps social, ses institutions, ses représentants élus ou légitimes et cette insolence à convoquer des citoyens lambda chargés de représenter le bon peuple et que l’on jette une fois les pseudos consultations terminées deux ou trois virgules plus loin.

Ce mode opératoire ne peut pas fonctionner et pourtant Macron nous promet de refaire le coup s’il est élu…

Incapables de régler les violences et la délinquance dans les banlieues ni même une question qui concerne 340 000 habitants dans une île paradisiaque mais montagneuse et exposée au soleil, on peut vraiment se demander ce qui peut advenir dans le contexte international actuel et pour les années qui viennent.

10 ans ça pourrait être très long… Si au moins ces erreurs et ce manque de méthode pouvaient diffuser un peu de modestie et faire en sorte qu’ils cessent de vouloir donner des leçons aux uns et aux autres, en commençant par Israël ?

© Frédéric Joseph Bianchi

Frédéric Joseph Bianchi est notamment Président de l’Association Terra Eretz Corsica Israël

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