Le récent vote de l’assemblée générale de l’ONU sur Jérusalem a fortement attiré l’attention des observateurs.
Parce-que la grande majorité de cette assemblée générale a une fois de plus, de façon tout à fait négationniste, allégué que les juifs n’avaient aucun lien avec Jérusalem.
Parce-que le mont du temple où le roi Salomon avait édifié le temple hébreu à Jérusalem , a été rebaptisé contre toute vérité historique haram al sharif, une appellation nouvelle, purement arabe désignant la mosquée et ses bâtiments annexes construits dans l’ancien temple lui-même des siècles après.
Voici donc les juifs qui seraient privés de toute légitimité pour s’occuper du mur occidental le Kotel et de leur seul lieu sacré celui vers lequel ils se tournent pour chaque prière depuis des millénaires.
Les Etats occidentaux ont voté contre cette résolution folle mais pas la France.
La France, l’Espagne et l’Italie ont voté pour alors que les Etats-Unis, la Grande Bretagne et l’Allemagne ainsi que la plupart des pays de l’est européen votaient contre ou s’abstenaient.
L’Union européenne a également disparu dans ce naufrage, chaque pays votant à sa guise.
Cette résolution est tellement absurde qu’elle a provoqué de vives protestations des Etats-Unis mais aussi de la Grande Bretagne et d’autres pays occidentaux.
Cet acte inamical de la France à l’égard d’Israël et de ses alliés occidentaux est incompréhensible car même en termes de realpolitik il n’amène rien à la France.
En quelques mois le quai d’Orsay aura réussi à se fâcher avec les Etats-Unis, la Grande Bretagne et l’Australie.
Avec la Russie de Poutine sous les coup de sanctions européennes les relations sont glaciales.
De nombreux pays européens suivent les Etats-Unis dans l’affaire du boycott diplomatique des jeux olympiques de Pékin qui vont se tenir dans quelques semaines, mais là aussi la France s’isole en disant qu’elle va d’abord se concerter avec ses alliés européens.
Avec la Turquie ce furent des insultes réciproques pour lesquelles l’Allemagne s’est bien gardée de prendre position.
Quant à la Chine, elle ne considère que le jeu asiatique et sa rivalité avec les Etats-Unis, elle ne sera même pas gré à la France de sa posture.
Au final, si l’on demandait à un français de citer ne serait-ce qu’un seul pays allié de la France, fidèle partenaire, et avec lequel nous n’aurions pas de problème il n’y en a pas.
La France est seule dans le Sahel à ferrailler contre l’islamisme mais même les pays qu’elle aide militairement comme le Mali ou le Tchad ne lui sont plus guère favorables et commencent à se tourner vers les Etats-Unis , la Russie ou la Chine.
Il est loin le temps de cette France-puissance dont la voix était entendue dans le monde entier et qui avançait main dans la main avec l’autre grande puissance européenne l’Allemagne pour construire un continent prospère, libéral et fier.
Charles de Gaulle et François Mitterrand ont été à l’apogée d’une diplomatie française crédible et audible.
Pour l’heure, la piteuse situation diplomatique de la France tranche avec ces beaux souvenirs d’un passé aujourd’hui révolu.
Raphaël Nisand Chroniqueur sur Radio Judaïca