
J’écrivais dans mon récent livre, « Israël sur sa terre – ce qu’en disent les Palestiniens » (chez Amazon): « On a tout dit sur le côté ahurissant de Donald Trump. Mais dans ses rapports avec Israël, on peut, au contraire, lui appliquer cette ancienne formule, puisée dans une pub d’insecticide : « Quand Trump passe, le mythe trépasse ».
Ont trépassé les contributions américaines à l’Unesco pour avoir ratifié tous les mythes arabes sur Jérusalem; au Conseil des droits de l’homme de l’ONU dont la défense des droits de l’homme hors d’Israël fut et reste un mythe – et des plus accablants; à l’UNRWA, qui perpétue l’état de dépendance des réfugiés palestiniens et leur fait miroiter le mythe d’un « droit du retour »; qui refuse par ailleurs d’intégrer le Haut‑Commissariat pour les Réfugiés, chargé de gérer l’ensemble du problème des réfugiés et des déplacés qui sont 70 millions dans le monde.
Quant à la reconnaissance par Trump de la nature de Jérusalem, elle mettait fin à un autre mythe, à savoir que Jérusalem pourrait ne pas être la Capitale de l’Etat juif » !
De ce point de vue, la saine raison de Donald Trump l’a emporté sur les accommodements et les voltiges de ses pairs.
Certes, si j’avais été Américain, vivant dans cette Amérique où les miséreux vivent misérablement, où la sécurité sociale est bafouée, j’aurais voté Biden. Mais pas à cause du comportement « ahurissant » de son président.
D’abord parce que les voltiges des autres chefs d’Etat, dès qu’il s’agit des Palestiniens, ne sont pas moins ahurissantes et parce que plus ahurissant que tout, reste le narratif palestinien et la politique du refus qu’il provoque.
Quant aux Palestiniens, je veux parler des gens de Palestine, ils se trompent. Ils se trompent en proclamant à son de trompe leur bonheur de voir Trump la trompe dans l’Hudson.
Ils se trompent énormément. Parce que si Trump avait été réélu, en ces temps où les Emirats ont déboulonné l’axiome de leur centralité, leurs chefs n’auraient pas maintenu, quatre ans de plus, la tradition du refus qui fait leur malheur.
Maintenant, on peut craindre que l’ancienne politique américaine des pressions sur Israël, à qui on demandera de donner l’exemple des concessions – qui seront toujours considérées comme insuffisantes par la partie adverse – repousse pour quelques années de plus la mise en place d’un vivre ensemble.
© Jacquot Grunewald
Rabbin, écrivain, journaliste, Jacquot Grunewald vit en Israël depuis 1985.
Jacquot Grunewald, reprenant en 1965 la direction du Bulletin de nos communautés d’Alsace et de Lorraine, en fit l’hebdomadaire d’informations Tribune juive, qu’il dirigera 25 ans durant, jusqu’en 1992.