Tribune Juive

Philippe-Emmanuel Toussaint. Notre-Dame de la Haine

Virginie Despentes


À la suite de son dernier borborygme obscène et forcé à propos de la cérémonie des César, le morceau de tribune mi-psychédélique mi-dégueulasse que Virginie Despentes avait vomi comme un monument funéraire à la barbarie des Kouachi a eu le temps de refaire surface. Et d’interroger à nouveau.

Virginie Despentes a commis là, à son tour, une espèce de « Sublime, forcément sublime… ». Outre que, n’est pas Duras qui veut, qui donc, lorsqu’il s’agit de déraisonner de la sorte, qui grand Dieu veut encore être Duras ?
Autant dire que la rebelle punk, pur carton bouilli, d’un certain germonapratisme dévoyé post-humaniste, n’a été que répugnante et criminelle. Insane.
On ne fait pas des simagrées et des minauderies d’écriture à propos de monstres de bestialité alors que l’odeur de leur carnage vous prend encore à la gorge, et que les corps suppliciés par ces bourreaux ne sont pas même portés en terre.

Et puis, quand on irait jusqu’à faire confiance à la décantation du temps, qu’on ne se méprenne pas : aucun nombrilisme, aucune mégalomanie, aucun égotisme baveux d’écrivain ne justifie la défense et illustration de la barbarie par des effets de manche et de style à deux sous.
Le paravent « littéraire », l’alibi de l’« Art », le prétexte « esthétique » finissent toujours en galvaudage nauséeux. Voilà à quel accouchement tératologique peuvent mener la coquetterie sotte, le narcissisme et la vanité d’une femme folle de ses propres arabesques scripturales, qui décide un jour de puiser l’inspiration et de prendre la pose dans la barbarie et l’odeur du charnier.

C’est Néron qui faisait des vers et les chantait sur la lyre au-dessus de l’infernale fournaise de Rome. Comment cette pasionaria indigente et misérable a-t-elle pu ne pas voir qu’elle confessait de la sorte une filiation à ce point honteuse et déshonorante ?

Le dernier « auteur » qui a pu croire que sa prose chichiteuse et narcissique pouvait se tordre et se défigurer dans l’inhumanité jusqu’à l’ordure mentale, sous prétexte d’écriture artiste et de pseudo-intellectualisme à base d’« interrogation de la notion de provocation », le dernier qui a cru qu’on pouvait se piquer d’écrire en se grisant de volutes rhétoriques (il a osé sortir, entre autres éjaculats numériques : « Je sais pas pour vous, moi, je trouve la phrase “J’aime la mort comme vous aimez la vie”, de Mohamed Merah, troublante de beauté »), a fini abandonné, par les lâches effrayés et dépassés qui auparavant soutenaient hypocritement ses éructations, au fond des poubelles du nazislamisme.

Quand Céline vomit une haine prophétique dans Bagatelles pour un massacre, il se confond alors sans retour avec sa propre dépravation, l’homme et l’artiste ne font plus qu’un. S’il est possible de faire la part de l’écrivain et du salaud dans Voyage au bout de la nuit ou Mort à crédit, que reste-t-il donc à « séparer » dans les vomissures de Bagatelles, de l’École des cadavres ou des Beaux draps ? RIEN.

Quand Meklat se répand en dysenterie haineuse, quand Despentes se purge de la sorte en public, ils produisent une écriture unidimensionnelle où le scripteur n’a plus aucun recul, aucune marge textuelle ou littéraire, ou la réserve scripturale à sauver est nulle, parce que le faisceau du texte, illusoire et pauvre, n’est constitué que d’un seul brin torsadé sur lui même, indémêlable, sans rédemption, perdu pour la littérature ; ces immondes pelotes de réjection, du même modèle d’infamie que les pamphlets céliniens, sont destinées à les rejoindre dans la grande décharge où se putréfient de faux morceaux de style, n’ayant plus valeur que de témoignage de l’abjection inouïe dont soit capable une cervelle humaine.

Despentes est donc de la lignée funeste des Duras extatiques à l’idée qu’une mère puisse tuer son enfant, et des Néron jouissant de l’incendie, du sang et de la mort ; de la même effroyable trempe qu’un Meklat en transe rêvant d’orgies djihadistes et de répétition solennelle et fantasmatique de l’histoire de la Shoah ; voici son papa, voilà sa maman, et voyez son petit frère. Autant dire qu’elle se constitue à plaisir en pur MONSTRE de foire. CQFD

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