Tribune Juive

Raphaël Nisand – La double catastrophe du voyage Macron en Israël

Le voyage du Président de la République en Israël se soldera à court terme par un bilan très négatif à tous égards.

Sur l’affaire Sarah HALIMI, M.MACRON a fait semblant de prendre en compte la demande d’un procès émanant tant de la communauté juive française que de l’opinion publique en général.

Ce faisant, il a cru donner des gages à l’opinion alors qu’en réalité il a à mon sens rendu le dossier encore plus ingérable. 

En  disant qu’il fallait un procès pour Sarah HALIMI et en  laissant espérer que ce procès aurait lieu, le Président de la République a trompé son monde.

– Lui ne peut rien sur une affaire judiciaire  en cours. Au contraire, en tant que Président de la République, il est censé être le garant de l’indépendance de la magistrature et là il se montre partial alors qu’il ne peut rien décider

– L’affaire est entre les mains de la Cour de Cassation; les hauts magistrats de la Cour de Cassation ont la plus grande détestation pour les rarissimes injonctions venues d’en haut.

J’avais peu de foi en la cassation dans cette affaire mais là, avec la soi disante injonction présidentielle de casser l’arrêt d’appel afin qu’il y ait un procès HALIMI, je ne donne pas cher de la décision de la Cour de Cassation.

Je peux évidemment me tromper mais elle ne cassera pas, ne serait-ce que pour préserver l’indépendance de la magistrature.

Dès lors, habileté suprême : à qui en voudra l’opinion ?  A la Cour de Cassation et aux magistrats alors que c’est MACRON et lui seul qui par ses propos en Israël aura scellé le rejet du pourvoi en cassation.

Encore une fois, si Macron voulait changer le cours des choses il faudrait changer la loi et exclure les crimes terroristes et de haine de la possibilité de l’irresponsabilité pénale.

Mais le Président a décidé d’offrir un miroir aux alouettes en guise de solution.

Nous nous en mordrons tous les doigts .

S’agissant des relations franco-israéliennes, le Président a également opté pour le « en même temps » qui occasionne tant de frustrations . Après avoir gelé les relations franco-israéliennes au plus haut niveau depuis son accession au pouvoir, le Président de la République est certes allé en Israël mais dans un voyage aux petits pieds, une visite strictement réservée à la Mémoire.

Le Président est allé honorer les victimes de la Shoah certes, mais il n’a pas voulu voir Israël.

Il a voulu se limiter à la visite d’installations françaises en Israël et faire des rencontres bilatérales sans aucune envergure mais en n’omettant pas la sacro sainte accolade  donnée à Mahmoud ABBAS à Ramallah .

Là où le Président de la République s’est aussi montré sous un jour très négatif c’est avec cette colère totalement feinte à l’entrée d’une église de Jérusalem.

Il s’en est pris dans un anglais de cuisine, lui qui maîtrise parfaitement l’anglais, aux forces de sécurité israéliennes qu’il a menacées en les pointant du doigt.

Cette pâle imitation de l’attitude de Jacques CHIRAC elle aussi préméditée au même endroit il y a longtemps a été la risée du monde entier.

Personne ne s’y est trompé. M.MACRON cherchait à faire pardonner dans une fraction de son électorat  son voyage en Israël.

Cette attitude cousue de fil blanc est intolérable.

M.MACRON fait semblant d’oublier que Jérusalem est comme beaucoup d’autres villes au monde victime du terrorisme et que ce sont les forces israéliennes qui étaient responsables de sa sécurité.

Qu’aurait-on dit s’il lui était arrivé quelque chose et Israël n’aurait -il pas du supporter alors une responsabilité internationale ?

Mais il y a plus. Lorsqu’on y réfléchit M.MACRON en se mettant dans les pas de Chirac et en faisant un incident diplomatique à Jérusalem traite Israël comme un Etat de seconde zone, un Etat qu’on peut humilier chez lui, même en tant que visiteur invité.

Ce que MACRON a fait à Jérusalem, il ne le ferait ni à Berlin, ni à Washington, ni à Ramallah ni nulle part ailleurs dans le monde.

En fait M.MACRON a malheureusement traité Israël comme le juif des nations ce qui nuira aux intérêts français au Proche Orient, et son approche là-bas de l’affaire Sarah HALIMI ici dessert les Juifs de France et la cause qu’il prétendait défendre.

Qui dit mieux ?

Raphaël Nisand
Chroniqueur le lundi matin 8H30 sur Radio Judaïca

Quitter la version mobile