Marco Koskas : au bureau de vote, un scrutateur est une fatma en tchador noir

Je comptais faire la fermeture, comme en boîte, tu me connais Tam Tam, jamais rentré avant 5h du mat, et puis finalement l’ambiance était trop bonne au bistrot d’en bas, et Miri Biton m’a fait jurer que j’irai voter, alors j’y suis allé à midi pile. Là, parmi les scrutateurs, mélange de vieux travaillistes et jeunes branchés telavivis, il y avait une Fatma en tchador noir. Elle me rend ma carte d’identité en me disant ” shokran ” au lieu de “toda”, et aussi sec j’attrape un hoquet.

J’aurais pu lui balancer un truc en arabe à mon tour, faire un esclandre, mais je me rends aussitôt compte que dans une hyper démocratie comme l’Etat d’Israël , on peut tolérer la crispation identitaire arabe jusque dans le bureau de vote. Il n’y a qu’en Israël qu’on peut s’en foutre, s’en battre les couilles même. C’est à cette tolérance que je mesure la force intérieure de ce pays.

Marco Koskas

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