À la découverte de la gastronomie et de la culture juives de Montréal

Les membres de la communauté juive de Montréal sont originaires de partout dans le monde. Les tout premiers résidents juifs étaient des marchands et des commerçants venus de Grande‑Bretagne, après la conquête britannique de 1760. Puis vinrent des juifs moins fortunés de l’est de l’Europe (Juifs ashkénazes), fuyant la misère et l’oppression au début du XXe siècle.
Wilensky

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Ils débarquent à Montréal avec peu de ressources, mais forts d’une riche culture yiddish. Ils s’installent le long du boulevard Saint-Laurent (la « Main ») et travaillent dans l’industrie du vêtement ou dans les petites entreprises familiales, dont bon nombre d’entre elles sont aujourd’hui des images emblématiques de Montréal. Depuis 1950, des Juifs du nord de l’Afrique, d’Iran, de Russie, et d’une foule d’autres régions du monde, s’établissent à Montréal afin de se réaliser sur les plans artistiques, littéraires et culinaires, contribuant ainsi à faire de la communauté juive une part essentielle de l’âme et de l’identité de la ville.

Les voix de la communauté

Leonard Cohen et Mordecai Richler sont assurément les deux auteurs les mieux connus de Montréal, ceux-ci ayant leurs racines dans la communauté juive d’ici. Les romans de Richler sont parmi les plus évocateurs du mode de vie sur le Plateau et dans Mile End des années trente et quarante. Pour ce qui est de Leonard Cohen, les paroles de ses chansons expriment clairement la ferme religiosité qui émane des rues de Montréal, bordées d’églises et de synagogues de toute confession. Toujours est-il que d’autres artistes juifs moins connus, comme les auteurs Chava Rosenfarb et J.I. Segal, de même que les peintres Sam Borenstein et Ghitta Caiserman-Roth, ont exploré au moyen de leur art les rues et les ateliers de la ville, sans oublier, bien sûr, la montagne.

Nourriture emblématique de Montréal

Outre l’art, la gastronomie est l’une des grandes voies par lesquelles la culture juive est devenue partie intégrante de la plus vaste culture montréalaise : les trois mets les plus connus de Montréal sont la poutine, le smoked meat et les bagels, les deux derniers étant des dérivés de plats traditionnels ashkénazes. Le smoked meat de Montréal est fait de bœuf séché, épicé et fumé qui est ensuite tranché à la main tout juste avant d’être servi. De nombreux restaurants de type « deli » sont établis à Montréal, mais Schwartz (3895, boul. Saint-Laurent) est certainement le plus célèbre. Fondé en 1928 par Reuben Schwartz, l’établissement appartient aujourd’hui à un groupe de partenaires d’affaires qui comprend Céline Dion. Comme la file de clients s’allonge souvent à l’intérieur, il est possible, si Dame Nature le permet, de commander son repas puis d’aller le déguster dans le parc Jeanne-Mance situé tout près. Autrefois connu sous le nom de Fletcher’s Field, ce parc était au début du XXe siècle l’un des lieux de rencontre préférés des membres de la communauté juive. Des générations d’enfants y ont joué au baseball, des écoliers y ont passé des classes vertes, des familles ont organisé des pique‑niques dans ce lieu, et des poètes et peintres y ont puisé leur inspiration. Le parc est encore et toujours un riche et vibrant espace pour la collectivité.

Si vous êtes plus pressé, mettez plutôt le cap sur Wilensky’s Light Lunch (34, rue Fairmount Ouest) afin d’y savourez un repas classique du même genre. Ouvert en 1932, Wilensky n’a pas beaucoup changé depuis : pénétrer dans ce restaurant c’est pratiquement faire un voyage dans le temps. Les boissons gazeuses y sont toujours préparées sur place à l’ancienne avec du sirop maison et de l’eau de Seltz. Pour manger, Moe Wilensky recommande de choisir le « spécial », plat de son propre cru. Il s’agit de bologne et de salami de bœuf servi dans un petit pain rond, toujours accompagné de moutarde, mais jamais coupé en deux. Du moment que vos suivez ces règles, le personnel sera heureux de vous faire le récit d’une ou deux anecdotes montréalaises.st-viateur_bagel-alice_gao

Un peu plus loin se trouve Bagel Fairmount (74, rue Fairmount Ouest), l’une des deux principales boulangeries montréalaises spécialisées dans le bagel. Il faut savoir que les bagels de Montréal sont exceptionnels : ils sont plus petits, plus sucrés et plus denses que les bagels ordinaires, puisque faits à la main et bouillis dans une eau de miel avant d’être cuits au four à bois. Bagel Fairmount entretient une célèbre rivalité avec Bagels Saint‑Viateur (263, rue Saint‑Viateur Ouest), qui est situé à quelques rues seulement. Peu importe pour quelle boulangerie vous opterez, ne manquez pas de demander un bagel au sésame chaud, car il ne se fait rien de mieux qu’un bagel de Montréal tout droit sorti du four.

Hof Kelsten (4524, boul. Saint-Laurent), qui a ouvert ses portes en 2014, est la plus récente boulangerie juive de Montréal. Dans un lieu exigu et élégant de type industriel, l’établissement offre une grande variété de pains et de pâtisseries françaises et juives des plus savoureuses – une fusion qui n’a pas son pareil. Cette approche s’inscrit dans le nouveau mouvement culinaire juif proposant des plats traditionnels constitués d’ingrédients de qualité supérieure et préparés de main de maître. Nul doute que vous succomberez au challah (offert seulement le vendredi) et à au rugelach aux fraises et aux noix.

Avez-vous fait vos commandes? Did You place your order for #RoshHashanah? #babka #challah #saumonFume

Une photo publiée par Jeffrey Finkelstein (@hofkelsten) le

Fletchers (4040, boul. Saint-Laurent) est un espace culinaire situé dans le Musée du Montréal juif. Les week-ends, l’endroit fait office de café; on y sert des mets accompagnés d’un peu d’histoire, car chacun des plats est inspiré de l’héritage culinaire et des souvenirs de la communauté juive de Montréal. Le Fletchers organise également des événements sur l’histoire de l’alimentation, en plus d’offrir des cours de cuisine.

Fondé en 1942 par Hymie et Frieda Skolnick, le resto Beautys (93, rue du Mont-Royal Ouest) est l’un des préférés de la population du Plateau. On y propose des brunchs classiques comprenant quelques plats uniques comme l’omelette « Mishmash ». L’établissement est depuis longtemps une excellente entrée en matière de cuisine et d’histoires juives montréalaises. Allez y faire un tour, il y a fort à parier que Hymie sera tout près du comptoir, fin prêt à vous accueillir lorsque vous franchirez la porte.

Sur l’autre versant de la montagne, dans le quartier Saint-Henri, un nouveau restaurant juif vient tout juste d’ouvrir ses portes : il s’agit du Arthurs Nosh Bar (4261, rue Notre-Dame Ouest), qui gagne rapidement en popularité auprès des amateurs de brunch. L’aménagement de l’établissement s’inspire des anciens restaurants de type « deli », bien qu’il soit actualisé de manière lumineuse et épurée. Même si le décor rappelle une autre époque, la nourriture diffère passablement, celle-ci étant influencée par les traditions sépharade et ashkénaze et mettant l’accent sur le poisson.

Si la nourriture savoureuse n’est pas tout ce qui vous intéresse, le Musée du Montréal juif de Montréal (4040, boul. Saint-Laurent) propose la visite gastronomique « Au-delà du bagel », qui vous transportera dans tous les endroits importants du Mile End et du Plateau afin de vous exposer leur histoire. Le musée offre également des visites historiques de ces quartiers et il a d’ailleurs ouvert un local sur le boulevard Saint-Laurent, dans un ancien atelier de vêtements.

Dirigez-vous un peu plus loin à l’ouest de la ville et arrêtez-vous Chez Benny (5071, rue Queen Mary) afin d’y déguster une excellente nourriture cachère, dont de savoureux plats sépharades, de même qu’une variété d’autres cuisines. Profitez de votre présence dans le secteur pour visiter laBibliothèque publique juive (5151, chemin de la Côte‑Sainte‑Catherine) et le Centre Segal pour les arts de la scène. L’édifice de la Bibliothèque publique juive abrite également le Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal, qui relate l’histoire de l’Holocauste par l’intermédiaire du récit de survivants établis à Montréal. Au fil de l’exposition, le musée se penche sur les réactions du Québec et du Canada face aux divers événements évoqués.

La contribution importante de la communauté juive se retrouve sur les scènes artistique et culinaire de Montréal. Il existe une grande diversité au sein de la culture juive à Montréal, de sorte que chacun y trouvera un musée, un auteur ou un restaurant à sa mesure.

Magdalene Klassen étudie l’histoire à l’Université McGill. Elle se spécialise en histoire de Montréal. Elle travaille aussi au Musée du Montréal juif comme recherchiste, coordonnatrice et guide touristique. 

Source tourisme-montreal

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Publié dans tourisme international

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