Avignon : Isabelle Adjani et Lambert Wilson brûlants d’amour en Casarès et Camus

La cour du Musée Calvet est prise d’assaut ce vendredi 13 juillet. Lambert Wilson, chemise blanche, s’assied en bord de scène, Isabelle Adjani, longue robe hippie chic, en retrait, dos au public. C’est elle qui lit la première lettre de cette correspondance amoureuse, artistique et intellectuelle qui durera 15 ans (1944 et 1959). Elle rejoint Camus, qui souffre de poussées de tuberculose, chez lui rue Vaneau à Paris. « Il évoquait l’Algérie et ses plages, les parties de foot et les baignades ».
 
Plus tard, à partir 1948 : « Ce que tu es est ce que j’aurai rêvé d’être si j’étais né homme » (…) « Je te veux partout, en tout et tout entier » (…) « Ton désir de toi s’exaspère et m’exaspère » (…) « Décidemment, loin de l’intelligence je me fane ».

« Un amour brûlant de cristal »

Des lettres pour conjurer l’absence, parfois de plusieurs mois, et les séparations. Il est question d’amour, d’Art, Maria Casarès raconte les répétitions des « Justes », pièce de Camus dans laquelle elle incarne Dora. Alors que le jour tombe, les grillons et le léger souffle du vent accompagnent la belle voix d’Adjani, pleine d’ardeur et de passion.

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Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes reconnus, nous nous sommes abandonnés l’un à l’autre, nous avons réussi un amour brûlant de cristal pur, te rends-tu compte de notre bonheur et de ce qui nous a été donné ?

Maria Casarès, 4 juin 1950

Ils se sont effectivement rencontrés à une date symbolique, le 6 juin 1944, jour du débarquement allié. Elle a vingt et un an, il en a trente. Maria est fille de républicains espagnols réfugiés en France lors de l’accession de Franco au pouvoir. Albert Camus, alors séparé de sa femme Francine Faure par l’occupation allemande, était engagé dans la Résistance. Les deux amants se séparent quand Francine Faure peut enfin rejoindre son mari en octobre 44. Mais le 6 juin 1948, clin d’oeil du destin, ils se croisent de nouveau boulevard Saint Germain : ils ne se quitteront plus.

Egalement lucides, également avertis, capables de tout comprendre donc de tout surmonter, assez forts pour vivre sans illusions, et liés l’un à l’autre par les liens de la terre, ceux de l’intelligence, du cœur et de la chair, rien ne peut je le sais, nous surprendre, ni nous séparer

Albert Camus, 4 juin 1950

Raphaël Perraud, violoncelliste, Isabelle Adjani et Lambert Wilson à Avignon © S.Jouve/Culturebox

 » Toi, toi encore et plus jamais aucun être « 

Quand Lambert Wilson se lève et entame quelques pas de danse avec Adjani-Casarès on est bouleversé par la délicatesse, l’évidence de leur amour et aussi la manière dont ces deux très grands acteurs l’incarnent (accompagnés par le violoncelliste Raphaël Perraud).  « Toi, toi encore et plus jamais aucun être », écrit Camus à son amour à qui il promet « une robe de baisers ».

On n’oubliera pas dans nos compliments, le travail de Valérix Six, la mise en espace subtile et sobre de Jérémie Lippmann.

Source : culturebox.francetvinfo.fr

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Publié dans théâtre

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