Sarah Halimi : baril de poudre et étincelle, par Sarah Cattan

Il s’en fout Elle s’en fout Ils s’en foutent Elles s’en foutent C’est l’été La France est en finale

Sarah Halimi pourtant.

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 Il s’en fout Elle s’en fout Ils s’en foutent Elles s’en foutent Quelques voix s’élèvent pourtant, de ci, de là. Qui s’étonnent. Qui s’indignent. Qui étouffent les voix de la raison. Les voix de ceux qui te parlent du Temps judiciaire. Qui te rappellent que La Justice ça ne se rend pas sur les réseaux sociaux

Elle s’éteint pas, La colère des quelques-uns qui la suivent, L’Affaire, Parties civiles ou simples témoins.

Témoins de ce truc qui décidément ne va pas. Comment elle disait la grand-mère de Martine Aubry ? Que quand c’était flou c’était qu’il y avait un loup

J’aime pas Martine Aubry J’aime pas les dictons Mais j’aime pas comment elle se passe, l’Affaire Sarah Halimi Et même que je trouve tout ça de plus en plus chelou

Certes la Justice française se rend encore avec noblesse : n’a-t-elle pas récemment confirmé que Georges Bensoussan n’était pas le salaud d’islamophobe que ses contempteurs disaient.

Mais la Justice française devait-elle ouvrir le procès d’une métaphore.

La justice française devait-elle pendant près de 30 mois établir le distinguo entre les musulmans et des musulmans

Pourquoi pas.

Je la poserais donc autrement la question : la Justice française devait-elle ouvrir toutes grandes ses portes et ses prétoires au CCIF et autres haineux qui désignèrent la liberté d’expression comme leur ennemie première.

Justice française qu’aujourd’hui nous regardons avec distance. Tel cet ami qui une fois une seule t’a trahi et auquel tu as du mal décidément à redonner… ta confiance.

Affaires Merah. Knoll. Affaire Halimi. Une pathologie française

Affaire Halimi, donc. En laquelle, gage de sa bonne foi, la Juge nous promet ce 6 juillet une troisième expertise. Une contre-expertise de la contre-expertise.

Arrête de rire : Même que c’est La Juge herself qui la demande.

Même que Toi pauvre pomme Tu entends encore en parler dans un papier Un de plus

Parce que voilà : le truc comme quoi y aurait eu abolition du discernement de Traoré Eh ben ça passe pas. Que Toi tu refuses le truc comme quoi ils auraient des tares si spécifiques à leur origine et leur religion.

Que Toi, vu que L’Assemblée a supprimé de la Constitution le mot race et que d’autres proposent de supprimer le mot Cancer, comme ça les métastases disparaitront, tu te dis que Ya qu’à l’effacer, L’affaire Sarah Halimi. Qu’on aille tous au bal Et puis au prochain assassinat d’une femme juive ben on verrait.

Que la Juge ait demandé une troisième contre-expertise ça nous a tous désespérés. Et puis il y a Toi qui revient demander Et les flics sur place alors On sait pourquoi ils sont pas intervenus ?

Et tu répètes

Et tu répètes

Et l’écho te répond Ben non On sait pas On sait pas On sait pas

Parce que Vu que Traoré est malade Ben on sait plus rien de rien de rien Et on n’a qu’à attendre le octobre et puis on verra bien.

Alors Arrête avec tes questions sur la police qui a laissé Sarah hurler puis crever La police qu’est allée la ramasser là, en bas, dans la cour, toute cassée.

Arrête de me dire que c’est pas normal qu’on n’en ait pas parlé parlé parlé parlé Arrête de répéter les mots scandale d’Etat dysfonctionnement.

T’es pas dans un téléfilm

Ecoute-le, lui qui sait, et qui te dit que tu mélanges tout La réalité et les téléfilms qu’on te fait ingurgiter à longueur de chaînes de télé. Lui qui sait et qui te dit qu’être policier, mon cher, ça n’implique pas d’intervenir à tort et à travers techniquement dans un domicile fermé.

Tu y étais pas, Toi, pendant les 55 minutes où Sarah hurla Supplia Tu y étais pas avec les 28 flics en bas de l’immeuble

Arrête de me dire que tu comprends pas. Arrête avec tes questions Avec tes supputations Que c’était un terroriste Un radicalisé

Ecoute celui qui sait. Qui te dit que voilà les policiers ne pouvaient prendre le risque d’intervenir C’était un malade mental Arrête parce que t’as lui qui te dit que tu n’y connais rien en matière de maîtrise d’un forcené.

Ecoute celui qui te dit qu’il faut du temps et les résultats des investigations diverses pour conclure.

Arrête de répéter que Le temps, ils l’ont pris. Que Sarah Halimi a été lynchée puis jetée par la fenêtre le 4 avril 2017. Que c’est long, 14 mois. 14 mois pour conclure, se basant sur les conclusions d’un collège de 3 experts, que son assassin était irresponsable au moment des faits.

L’arrêt du 5 juillet 2018

Dans L’Arrêt rendu par la Chambre de l’Instruction le 5 juillet 2018 et notifié aux parties le 11, alors même que tout Paris avait déjà entre les mains les pièces, il est donc question de répondre aux parties : Laquelle avait raison, Maître Buchinger suivi par le Parquet qui firent appel du refus de requalifiaction de l’homicide en assassinat et du refus de tenue d’une reconstitution ou la Juge qui dit Non Non Non

L’Arrêt, donc, rappelle que cette nuit funeste, précisément à 5h35, les effectifs de la BAC du 11ème arrondissement assistés d’effectifs de la BAC 75, présents sur les lieux suite à l’appel d’une des filles de la famille Diarra ayant indiqué que sa famille était victime de séquestration, interpellaient Traoré, en train de réciter des versets du Coran, au domicile de la dite famille.

Dans le même temps, des effectifs de police découvraient le corps sans vie d’une femme, tombée dans le jardin de la résidence.

L’Arrêt ? Il fait état de témoignages auditifs et visuels glaçants qualifiant de bestial l’acharnement avec lequel Traoré s’en prit à sa victime, tout en faisant accroire qu’elle était en train de se suicider et lui filant le coup de main décisif, la soulevant et faisant basculer son corps par-dessus la rambarde du salon.

L’autopsie de Sarah Halimi

C’est là et seulement là que des effectifs enfoncèrent la porte de l’appartement de Sarah Halimi où ils trouvèrent, dans les différentes pièces, de nombreuses traces de sang.

L’autopsie ? Elle dit que la mort de Sarah Halimi est due à un polytraumatisme par chute d’un lieu élevé. L’expertise anatomo-pathologique releva des lésions d’hémorragie massive pulmonaire, myocardique, méningée, et diverses fractures associées. Le rapport d’autopsie nous dit bien que Sarah Halimi était vivante au moment de la précipitation dans le vide.

Les auditions qui eurent lieu mirent en évidence que l’auteur des faits récitait des sourates du Coran et faisait référence au Sheitan.

A la suite de quoi, alors que l’état de l’assassin n’était pas compatible avec une audition judiciaire, Traoré fut officiellement mis en examen le 10 juillet 2017 des chefs d’homicide volontaire.

Seulement voilà : Traoré expliqua que deux jours avant les faits, il ne se sentait pas bien. Des joints et un p’tit tour à la mosquée ne réussirent pas à calmer notre Bébé.

Tu fais quoi, Toi, Lecteur, quand tu ne te sens pas bien ? Tu files à 4 heures du matin chez tes amis maliens. Tu récites le Coran. Tu vas prendre le frais sur le balcon. Tu l’enjambes. Oh! Te voilà face à une Torah ! Et puis à une dame que tout ça a réveillée, forcément !

Tu sais quoi, Lecteur ? Traoré, il demanda à la dame d’appeler la police. Ils s’embrouillent tous les 2 car Elle, elle dit 30 rue Vaucouleurs et Lui, il crie : non ! 32 !

So what ? Quoi de plus logique : il te la frappe. Te la lynche. Te la jette par la fenêtre. Et s’en retourne chez les Diarra.

Ah Oui : à préciser : Il connaissait Sarah Halimi. Savait qu’elle était Juive Etc Etc

Tout ça C’était rien que la faute au cannabis

 L’Arrêt, il rappelle que la police fut appelée par plusieurs personnes à partir de 4h37.

Le temps passa.

A l’issue de l’interrogatoire du 27 février 2018, Traoré fut mis en examen pour homicide volontaire avec circonstance aggravante pour antisémitisme.

Une première expertise avait conclu que notre homme était accessible à une sanction pénale. L’existence avérée d’une bouffée délirante aiguë n’était pas incompatible avec une dimension antisémite. Un crime pouvait être délirant et antisémite. Dans le bouleversement délirant, le simple préjugé se serait transformé en conviction absolue mais la lucidité dont avait fait preuve le mis en examen avant de défenestrer sa victime était compatible ave une … BDA.

Le temps passa.

Notre Traoré allait mieux.

Mais voilà : il demeurait fragile et il ne pouvait être exclu qu’une reconstitution constituât pour lui… une épreuve. Il devait être protégé d’un climat hostile, fut-il notifié.

Le temps passa.

Le Conseil des Parties civiles sollicita une requalification des faits et l’organisation d’une reconstitution, requête à laquelle la Juge, se saisissant d’une ordonnance, répondit négativement.

Cette énième ordonnance fut frappée d’appel par les Parties civiles et le Ministère public les 30 et 31 mai : voulant savoir la chronologie exacte des événements qui s’étaient déroulés pendant ces 55 minutes, ils en référèrent à la Chambre de l’Instruction : il était nécessaire de comprendre les raisons d’un dysfonctionement aussi grave qui fit que les policiers présents sur les lieux attendirent près d’une heure pour intervenir, alors que de nombreux voisins s’étaient massés dans la cour.

Maître Bidnic ? Lui s’en remit à la Cour, dans la mesure où son client ne contestait ni la matérialité des faits ni leur déroulement.

Comprends bien, Lecteur : Traoré ne niant rien, accepte que la requalification ne sera pas acte utile à la manifestation de la vérité au sens de l’article 81-82 du code de procédure pénale.

Pour ce qui est de la reconstitution, qui ne présente caractère ni obligatoire ni automatique, là encore la dite reconstitution n’apparaît pas utile à la manifestation de la vérité, Traoré reconnaissant les faits.

Que l’état de santé mentale de Bébé paraît peu compatible avec tout ça, et qu’il ne faudrait surtout pas le prendre, ce risque de rechute délirante.

Et hop, le tour est joué : Par tous ces motifs, la Cour donne raison à la Juge. Circulez.

Circulez

Arrête. Arrête de demander alentour qui sont ces experts judiciaires.

De t’offusquer de cet assassinat en direct, en présence de 28 policiers, en plein Paris, en 2018, en 2018, en 2018.

Ils te murmurent Raison d’Etat Chuuuut Ils te parlent de guerre civile que bientôt Toi tu vas soulever avec tes questions.

Arrête donc de demander pourquoi et encore pourquoi la BAC et puis la BRI n’ont pas bougé, postés qu’ils étaient au 26 rue de Vaucouleurs Paris 75011. Pas loin du Bataclan. Pas loin du Bataclan. Pas loin du Bataclan.

Sa responsabilité est rejetée. Au secours, Luc Rosenzweig. T’es même plus là pour nous aider. Toi qui consacras ta vie à dénoncer les dénis de réalité

Irresponsable. C’est ce qui fut expliqué aux enfants de Sarah, venus d’Israël pour se voir notifier ce que tout Paris savait déjà : Les conclusions du Collège des 3 experts.

Irresponsable.

Irresponsable. C’est bien ce qui fut discuté lors de la Conférence de presse organisée le jeudi 12 juillet par les avocats des parties civiles.

Tous unanimes à avoir dénoncé les méthodes d’une Juge qui traîna traîna des pieds pour enfin acter avec une grimace, en se pinçant le nez, onze mois après les faits, la circonstance aggravante antisémite de l’assassinat.

Unanimes pour dénoncer les difficultés extraordinaires qu’ils rencontrèrent avec les institutions judiciaires depuis le début.

Unanimes pour pointer comme un désir de la Magistrate à vouloir enterrer ce dossier.

Unanimes pour dire avec Gilles-William Goldnadel que la Juge n’avait même pas le respect de la robe.

Unanimes pour s’étonner que la magistrate eût demandé de son propre chef et alors que l’avocat de La Défense ne le requérait pas une nouvelle expertise psychiatrique.

Unanimes pour émettre de sérieuses réticences face aux conclusions dites par ce collège de trois experts qui conclut à l’irresponsabilité du mis en examen pour homicide volontaire et qui avait reconnu les faits : Je n’ai jamais vu cela de toute ma carrière, devait conclure GWG. On a tendance aujourd’hui à vouloir déresponsabiliser les criminels.

Unanimes encore pour ne pas se réjouir de l’ordonnance de désignation de 4 nouveaux experts qui devront rendre leur rapport le 17 octobre au plus tard.

Quand est-ce que c’est un crime anti juif, demanda Joann Sfar, redisant que Le truc, c’est que lorsque tu étais Juif, tu n’osais jamais dire que quoi que ce soit relevait de l’antisémitisme parce que tu avais peur qu’on te dît que tu pleurnichais.

Traoré, petit voyou que tous on sait, n’avait jamais eu d’antécédents psychiatriques mais on le mit à l’asile. Quoi ? Devait-on se mettre comme d’autres à douter et à se rappeler l’époque du drame. A interroger la proximité des élections. La peur de la rue. De la rue arabe.

Traoré a répété que son motif n’était pas anti juif. Quoi ? Ce serait comment alors, un assassinat perpétré par antisémitisme, nous demandions-nous tous, avec Joann Sfar. Qu’ eût dû faire de plus l’assassin pour que le tribunal décelât dans son geste un soupçon de haine contre les Juifs.

Arrête de te refaire le film.

Les conclusions de Zaguri, cette seule altération du discernement, qui ne remettait pas en cause la responsabilité pénale du meurtrier, ça l’avait amenée, la Juge, à acter le caractère antisémite de l’acte.

La mission du Collège d’Experts qu’elle désigna pour une contre-expertise, elle la leur avait mâchée. Dire si le sujet présentait des anomalies mentales ou psychiques. Un état dangereux pour lui. Pour les autres.

Dire s’il était accessible à une sanction pénale.

Dire s’il était curable.

Dire s’il était réadaptable.

La nouvelle expertise psychiatrique conclut bien à l’irresponsabilité pénale de Traoré. Elle en rêvait, la Juge ? Ils la lui servirent et ce fut du sur-mesure : le discernement du petit était aboli au moment des faits.

Circulez, il est donc irresponsable pénalement.

Mais oui ! Il est dit encore et encore que Traoré a pu être habité par des préjugés antisémites. Mais voilà : il était malade.

Arrête. Cesse de parler de déni. De trahison. D’abandon face à l’ennemi.

Oublie l’horreur. Oublie la façon dont fut lynchée, défenestrée vivante, Sarah Halimi, en plein Paris, en live, devant mult voisins que les cris de la victime éveillèrent et face à 28 policiers demeurés en attente d’un ordre d’agir qui jamais n’arriva, la nuit du 4 avril 2017 précisément.

Oublie le silence médiatique glaçant, assourdissant, qui entoura L’Affaire.

Oublie ce traitement à tout le moins particulier du dossier par Anne Ihuellou, la Juge chargée de l’Affaire, qui réussit à faire l’unanimité contre ses méthodes.

Oublie ses ordonnances ad nauseam.

Oublie ces onze longs mois avant de consentir à acter un beau jour la circonstance aggravante constituée par le caractère antisémite de l’acte de l’assassin.

Oublie que le Parquet suivit Maître Buchinger en en référant à la Chambre de l’Instruction pour lui demander la requalification de l’homicide en assassinat accompagné de barbarie et de séquestration et puis aussi, en passant, la tenue d’une reconstitution que discutait la Magistrate, craignant que cette séance fût dommageable à l’esprit fragile du mis en examen.

Oublie que Maître Goldnadel lança : J’en ai vu des instructions à charge, mais là, il s’agit d’un cas d’instruction à décharge.

Accepte que les experts, ce sont Eux

Arrête de me parler de ce jihad judiciaire qui fonctionna avec dynamisme dans l’affaire Georges Bensoussan.

Arrête de pointer ces atermoiements qui consistent à vouloir faire de ce tueur un dément, alors qu’il était un assassin dont la démence présumée ne saurait pour autant occulter l’antisémitisme haineux.

Accepte que les experts, ce sont eux. Que Traoré a été entendu le 24 mai pendant 2 heures par deux des trois psychiatres et le 7 juin durant deux heures trente par le troisième expert.

Relis les lignes qui suivent, extraites du rapport d’expertise : Oui Kobili Traoré souffre d’un trouble psychotique chronique, vraisemblablement de nature schizophrénique, faisant suite à un épisode délirant aigu inaugural. Il souffre par ailleurs d’une addiction ancienne au cannabis. Il dispose encore d’une personnalité pathologique antisociale et d’une propension à la violence. OMG. Qui l’eût dit. Oui, son discernement était aboli. Kobili Traoré est inaccessible à une sanction pénale. Les soins seront longs et difficiles. On ne peut que constater l’extrême dangerosité de ce patient que nous considérons, hélas, comme durable en dehors d’un milieu psychiatrique.

Alors que, selon Daniel Zaguri, Kobili Traoré, sans antécédent psychiatrique, atteint au moment des faits d’une bouffée délirante aiguë provoquée par une forte consommation de cannabis, était considéré comme passible de poursuites pénales, son discernement étant altéré et pas aboli, son crime avait été qualifié d’acte délirant et antisémite : Aujourd’hui, il est fréquent d’observer, lors d’efflorescences [en psychiatrie, perte de contrôle lors d’une phase délirante] délirantes, chez les sujets de religion musulmane, une thématique antisémite : le juif est du côté du mal, du diabolique. Ce qui est habituellement un préjugé se mue en haine délirante. Dans son bouleversement délirant, c’est l’incarnation du diable qu’il terrassait.

Le baril de poudre et l’étincelle

Ecoute les conclusions de la contre-expertise ? Elle dit ça de très très important : Nous sommes en plein accord avec le diagnostic d’état psychotique aigu et avec l’analyse qui est faite de la dimension antisémite du geste, même si nous ne pensons pas qu’elle a été déterminante dans le processus psychopathologique du passage à l’acte. Nous dirions en résumé que Monsieur Traoré était au moment des faits, du fait de la prégnance du délire, un baril de poudre. Mais que la conscience du judaïsme de Madame Attal a joué le rôle de l’étincelle.

Quoi Lecteur ? Tu comprends pas ? Tu cherches le point de désaccord entre les deux expertises ? Ecoute un peu et tire profit : La question est de savoir s’il s’agit d’un trouble induit par le cannabis ou si le cannabis n’a joué qu’un rôle précipitant d’un délire. Zagury, il disait que la consommation excessive de cannabis était consciente et volontaire et les 3 loustics, ben ils sont pas d’accord.

Quoi on sort du sujet ? Fais montre, Lecteur, d’un zeste de bonne volonté : les taux de THC[1] relevés dans le sang de l’assassin étaient modérés donc ça n’est pas la prise de cannabis qui aurait induit une crise aigüe : elle n’aurait fait qu’aggraver un processus psychotique déjà amorcé.

LOL L’ironie de Daniel Sibony qui relève en tout ça un … hic. Le hic, c’est que pour ne pas dire que ces radicaux sont antijuifs, on va dire qu’ils sont tous malades psychiquement. D’une maladie qui n’atteint principalement qu’eux. N’est-ce pas, conclut notre psy, plus stigmatisant que d’admettre l’existence d’appels sacrés antijuifs ?

Dessaisi. T’étais l’avocat des enfants et t’es dessaisi. Tu l’apprends pas proprement. Non. Tu l’apprends par la presse. Et puis ça t’es notifié en 2 lignes. Par courriel.

Te remplaceront les seuls Maîtres Toby et Szpiner. Ne t’interroge pas outre mesure : Tu as fait le job.

Pour mon amie et collègue Nadia Lamm, le simple fait que la juge d’instruction ait éprouvé le besoin de demander une deuxième expertise qui, logiquement, était destinée à contredire la première, puis demande à présent une troisième expertise, qui, selon toute vraisemblance ne donnera pas raison à celle du professeur Zaguri, mais sera une sorte de côte mal taillée, destinée à offrir les apparences de l’impartialité, pour faire taire les présomptions de partialité qui entachent l’exercice professionnel de la juge d’instruction, tout cet enchaînement, à lui seul, ne devrait donner aucun espoir à la famille – la malheureuse famille – de Mme Sarah Halimi : Il ne s’agit plus maintenant de Traoré, dont ni les policiers ni la justice, à présent, ne contestent le boulevard d’impunité qu’ils lui ont offert de facto et continuent de lui offrir; il s’agit de ne pas paraître trahir les missions de la Justice française tout en les trahissant dans les grandes largeurs – mais en se donnant les formes d’une procédure impeccable : expertise n°1, je classe; n°2, je me place; n°3, on se lasse et laisse assener n’importe quoi. Il y aura quelque chose du genre : lucide au début, puis emporté par ses émotions, perd conscience et agit en roue libre comme un automate. Puisqu’on vous a dit : « Circulez y a rien à voir! » Là, c’est clair maintenant ?

 Sarah Cattan

[1] Le principe actif du cannabis.

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6 commentaires pour “Sarah Halimi : baril de poudre et étincelle, par Sarah Cattan
  1. Nadia Lamm dit :

    Le « jeu » de l’antisémitisme c’est de faire tomber les Juifs de leur piédestal – incidemment celui-ci peut devenir un balcon – pour pouvoir se moquer de leur prétendue grandeur. Jeu bien « innocent » au demeurant, et toujours inspiré par un sentiment obscur de sa propre infériorité, ce pourquoi il est pratiquement toujours excusé, imputé à culpabilité à la victime plutôt qu’au bourreau et perçu, plus d’une fois, comme libératoire au sens quasi-médical,celui d’un pharmakon, mot employé sciemment par les Grecs de l’Antiquité pour désigner les esclaves ou les prisonniers de guerre qui allaient être sacrifiés publiquement pour exorciser la violence de leur société. Or le peuple juif, souvenez-vous- en, a démarré en interdisant les sacrifices humains, alors quoi d’étonnant qu’ils en deviennent les victimes privilégiées, car après tout, les autres, eux n’ont pas fixé de si exigentes normes de civilisation, même si les Chrétiens retiennent dans leur corpus religieux l’histoire du sacrifice interdit d’Isaac par Abraham et que les Musulmans soutiennent mordicus que c’était Ismaël et non Isaac qu’Abraham croyait devoir sacrifier! Oui mais ça ils le font pour faire la bisque aux Juifs et pas en s’y attelant sérieusement.

    Jeu bien « innocent » donc, disais-je et d’autant plus facile à réaliser qu’il trouve de nombreux complices de tous bords politiques, sociaux et idéologiques (religions incluses) mais aussi beaucoup de beaux arguments et de belles circonstances atténuantes, depuis que le monde est monde…
    A un moment donné, à force de s’en donner à coeur joie de ce jeu bien « innocent »au demeurant, on est venu, petit, petit, à faire du savon avec la graisse de ces arrogants et des abats-jours avec leur peau. Cela n’a du reste pas suffi pour capter l’attention des philosophes (en-dehors de quelques Juifs) qui ont continué à affirmer scandaleuses les prétentions d’une troupe, qui à présent se dit « peuple » – on aura tout vu ! – et qui, au fond, aura tout fait mais alors TOUT, pour se faire lyncher par la bonne, la saine société, celle qui ne trouve rien à redire aux sacrifices humains. Le jeu au demeurant bien « innocent » de l’antisémitisme, désormais baptisé « antisionisme » a repris comme par le passé. Jeu de l’Europe avec sa dignité et avec sa crédibilité en tant que civilisation durable. Jeu dangereux pour aller jusqu’au bout du mépris d’elle-même et pour voir si elle y survivra. Jeu auquel jouent tous ceux qui sont affligés de ce que la psychologie appelle : perversité narcissique.

  2. Rousseau dit :

    L’affaire Sarah Halimi prend les traits d’un naufrage judiciaire qui en rappelle d’autres ; comme celles du « petit Gregory » et d’Outreau ; sans oublier les nombreuses passées sous le radar médiatique…
    Avec souvent, à la base du problème, un(e) juge d’instruction ayant une conception « personnelle » (restons polis) de sa mission et dont sa hiérarchie se lave les mains.
    Sauf que la différence est de taille : les naufrages « ordinaires » concernent des crimes isolés. Alors que le cas Halimi relève d’une épidémie psychiatrique, vu qu’un Musulman qui tue un Juif par motivation religieuse est considéré d’office comme judiciairement irresponsable.
    Le système judiciaire français tend donc à définir l’Islam comme maladie psychiatrique contagieuse, la République ayant pour vocation de devenir un établissement de soins pour malade mentaux.
    Bref, ceux qui ne sont ni malades ni soignants ni footballeurs sont priés de déguerpir d’ici.

  3. Miralb dit :

    Et moi qui croyait que le cannabis était une drogue douce et qu’il fallait le légaliser…

  4. Pastrèsfroummaistrès juif dit :

    Soutien inespéré de la presse juive américaine qui suit avec attention l’affaire Sarah HALILIMI :

    Dans un article du 19 juillet 2018, paru sur le site jns.org https://www.jns.org/opinion/frances-reputation-is-at-stake-again-over-the-murder-of-sarah-halimi/ et repris sur le site the algemeiner, Ben COHEN est très sévère sur l’état actuel de l’affaire Sarah HALIMI.

    Dans son article, Ben COHEN met en garde » si ce tueur sadique et antisémite est envoyé dans un hôpital psychiatrique au lieu de répondre de ses crimes » (if this sadistic, anti-Semitic killer is sent to a psychiatric hospital instead of answering for his crimes).

    Il écrit : « LA REPUTATION DE LA FRANCE EST DE NOUVEAU EN JEU DANS LE MEURTRE DE SARAH HALIMI » (France’s Reputation Is at Stake Again Over the Murder of Sarah Halimi).

  5. Sarah cattan dit :

    Cher Lecteur, merci de votre mot. Oui la presse américaine relaye la tragique affaire et la presse anglaise la suit dans la même idée. Notre lecteur et ami Paul Leslie se fait le relai des articles britanniques. Un vrai merci à vous.
    PS: savez vous qu’un journal texan fut le premier à parler de cet assassinat antisémite…

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