Sans contact… par Michèle Chabelski

Cartes sans contact… dit l’affichette sur l’avaleur de Carte Bleue. Nombreux sont les appareils nantis de cette nouvelle possibilité : sans contact.

Ça signifie que tu poses la carte, et l’appareil la saisit sans les mains : un code, hop hop, au revoir madame la marchande…

Sans contact…

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Le monde n’est-il pas devenu un univers sans contact où, reliés les uns aux autres par des machines ultra performantes, on se passe de ce toucher nourricier qui câline l’âme et le cœur?

Sans contact…

Parents, enfants, petits-enfants, posés aux 4 coins de la planète comme des pions sur un échiquier, s’aiment sur Skype, Face Time, échangent régulièrement : sans sentir sous leurs doigts le velouté d’une peau d’enfant et l’odeur enivrante d’un cou de bébé…

Sans contact

Les amoureux éloignés se caressent via des textos tendres, des photos rieuses, des messages torrides qui allument des incendies propres à brûler le lit miséricordieux qui abritera leurs retrouvailles…

Sans contact

Le salon devient le bureau de travail de ceux qui sporadiquement ou définitivement ne se déplacent plus devant la machine à café qui brûlait la langue, lui faisant cracher ses ragots perfides et ses minauderies qui agaçaient les libidos conjugales en berne…

Ah! Les regards en coin, et les sous-entendus, messages codés de rendez-vous adultères qui épiçaient les heures laborieuses…

Chez toi, la machine à café est dans la cuisine et ton prochain rendez-vous avec un mec aura lieu ce soir.

Avec ton mari. A la réunion des copropriétaires.

Sans contact

Même les enfants se font sans contact…

Ovule et spermatozoïde s’étreignent en éprouvette dans un rencart fixé par l’homme de science, hop hop, retour au nid, ni vu ni connu, un beau bébé et des draps propres…

Sans contact…

Quoi de plus onctueux, de plus enjôleur qu’un collier de bras aimants autour du cou, qu’une peau tiède au parfum grisant désaltérant une espérance déshydratée au creux de nuits solitaires…

Sans contact…

Mais c’est la mort assurée, le dessèchement de notre cœur assoiffé de tendresse, la robotisation de relations mécaniques déshumanisées…

Que cette journée caniculaire vous colle les uns aux autres, enfants et amoureux mêlés, dans les rires et les émotions qui ravitaillent si délicieusement l’âme et le cœur…

Michèle Chabelski

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Publié dans société

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