Répudiée. Bloquée. Michèle Chabelski

Bon
Lundi

Quelle merveilleuse utopie ce Facebook !

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Je te demande en ami.

C’est un peu comme une demande en mariage.
Sauf qu’au lieu de mettre un genou a terre, on le met sur le clavier.

Ouille!

Ça fait mal, mais c’est le prix à payer.

Donc t’es devenu mon ami et Facebook, pas chien, reste à proximité, pour gérer les nouvelles épousailles.
Tu es donc invité à faire un petit coucou a ton nouvel ami.

Ce que je fais, bien évidemment, y ajoutant une petite phrase de remerciement très cordiale.

Suivie d’un sourire complice, ha ha! Le bonheur est aux portes de l’écran.

Nous voilà donc dans une bulle amicale et nous échangeons avec allégresse…

Comme nous sommes amis, nous avons accès l’un et l’autre à des tiroirs secrets, et nous bavardons gaiement dans une connivence de bon aloi.

 

Mais un jour, aie!!

Je ne suis plus tout à fait d’accord avec toi…

Comme nous sommes amis et que je t’ai juré amitié et honnêteté, je te le dis.

Je dis: pas d’accord.

Tu me réponds: relis-moi.

C’est vrai: si je ne suis pas d’accord, c’est que je n’ai pas compris ou que j’ai mal lu.

Docile, je relis.

Je regarde même à côté, dessous, pour voir si je n’aurais pas négligé un document explicatif essentiel.

Non, j’ai bien tout lu.

Tu argumentes un peu.
Tu essaies de me convaincre, mais une certaine aigreur monte sur le clavier.
Si je ne suis pas d’accord, c’est que certaines synapses se sont usées de n’avoir pas servi, un peu comme les piles d’autrefois.

Si j’avais tonifié mes neurones par une intense activité cérébrale je n’en serais pas là, à bafouiller d’irrecevables allégations comme une pochtronne au petit matin.

Si j’en suis là, c’est que je me contente de regarder devant moi, les yeux et les oreilles couverts de mes préjugés ouatinés au lieu de me pencher avec subtilité derrière le mur des apparences.

Car derrière ce mur se cache l’intelligence de mon nouvel ami, qui ne raisonne pas de traviole comme certaines – suivez mon- regard…

Je ratiocine encore un peu et mon ami Qui -aime – bien- châtie- bien m’assène l’estocade.

« Fachiste »,
Lâche-t-il, ivre de colère.

Et là, dans un geste d’une grandeur propre à Facebook, il me répudie.

Oui oui. Vous avez bien lu.
Il me répudie.
Me chasse de son château et de ses terres, me jette à la rue, piétinant nos mutuelles promesses d’amitié éternelle, il me bloque.

Bloque!!!!!

Châtiment exemplaire pour insubordination, dissidence et inqualifiable remise en cause de la Vérité …

Car bien sûr, sur Facebook n’existe qu’une vérité, celle de chacun, et comme on compte environ 1,49 milliards d’utilisateurs fb par jour, faites le compte…

Et là je demande humblement pardon à ceux que j’ai offensés.
Deçus.
Trahis.

Je fais amende honorable en promettant de ne contredire ni contrarier personne pour éviter cette ineffaçable sanction, cette indélébile infâmante fleur de lys posée sur ma virtuelle épaule : le blocage….

Que cette journée signe la communication libre et gaie, faite de tolérance , d’humour et de compréhension…

Je vous embrasse

Michèle Chabelski

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Publié dans société

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