Où se situe la frontière entre islamiste et déséquilibré ?

«Les terroristes sont-ils “fous”?» Cette question est au cœur d’une note confidentielle de l’Unité de coordination de la lutte anti-terroriste (Uclat) que s’est procurée Le Figaro et qui a été publiée en «diffusion restreinte» dans sa revue trimestrielle. «L’analyse des actes commis, tentés et déjoués depuis janvier 2015 montre que les individus présentant des troubles psychologiques sont aujourd’hui surreprésentés, assurent les policiers spécialisés. Cette évolution confirme que le phénomène de passage à l’acte de la part d’individus présentant une instabilité psychologique s’inscrit aujourd’hui comme une tendance lourde.» Datée de novembre 2017 et d’une actualité toujours brûlante même si elle est en rapport lointain avec les dernières affaires de Lyon et de Paris, cette note l’affirme: «Cumulant une forte réceptivité à la propagande bien huilée de Daech et une extrême sensibilité à un “effet Werther” entretenu par une médiatisation accrue, cette population psychologiquement perturbée constitue aujourd’hui le vecteur majeur de la menace endogène en France.»

photo, LP: Olivier Corsan

Depuis 2012 et l’agression au couteau d’un militaire par une «personnalité de structure psychotique», l’Uclat observe que «ce type d’actes est devenu récurrent à tel point que le ministre de l’Intérieur chiffrait à 30 % le nombre des cas pathologiques au mois d’août dernier». «De son côté, le monde de la psychiatrie dans son ensemble qualifiait d’“amalgame” les liens tissés entre terrorisme et psychiatrie», précise la note mentionnant le psychanalyste Fethi Benslama, pour qui «selon les études internationales, entre 4 % et 7 % des radicalisés violents présentaient des troubles psychiques». S’ils concèdent que «définir la folie et la quantifier au mieux au regard des actes terroristes constituent des enjeux de taille pour des policiers peu accoutumés aux vocabulaires de la médecine expertale», les policiers insistent sur l’immensité du vivier potentiel.

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«En France, 6 % de la population souffrirait d’un trouble psychique et […] 27 % de la population serait touchée par une détresse psychologique en réaction à une situation éprouvante ou à des difficultés existentielles.» «Si la quête narcissique de reconnaissance apparaît comme un catalyseur puissant chez de nombreux terroristes», l’Uclat considère qu’«il est rare de diagnostiquer chez [eux] des pathologies psychiatriques au sens strict du terme telle que les schizophrénies». «Cette analyse semble confortée par quelques études de cas», assure la note qui évoque Mohamed Merah, Amedy Coulibaly et Mehdi Nemmouche: «Ils ont manifesté une volonté de reconnaissance médiatique exacerbée (Merah, Coulibaly), ont tous trois développé leur religiosité en milieu carcéral, ont été placés en foyer (Merah, Nemmouche), avant d’être orientés dans des filières professionnelles et d’interrompre leur cursus (Merah, Coulibaly).»

Le Figaro

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Publié dans société
2 commentaires pour “Où se situe la frontière entre islamiste et déséquilibré ?
  1. L.Aicard dit :

    Mille excuses, mais comment, dans le contexte de cet article (du Figaro), ne pas réitérer mes commentaires en marge de l’interview avec Richard Prasquier par Sarah Cattan ici même du 6/9.
    S’agissant de l’affaire Sarah Halimi :

    « …c’est la notion d’irresponsabilité psychiatrique qui régi certaines « idéologies » de justice ; alors qu’elle est adaptée au droit commun classique ; et non à la cassure identitaire qui sévit désormais en France et qui génère de comportements à mi-chemin entre le psychiatrique et le religieux ».

    « …la justice (donc LA juge) dans cette affaire se comporte, pour l’instant, en parfaite conformité aux règles d’un monde révolu. Elle peut se considérer de bonne foi irréprochable car conforme aux procédures légales ; mais ses principes sont frappés de caducité vu que son environnement, à son insu, a changé : l’Islam est là. »

    « compte tenu…de la difficulté culturelle….pour un(e) juge bien gaulois(e) d’assimiler le nouveau paradigme (un assassin fou musulman peut bien être judiciairement responsable), nous n’avons pas affaire à de l’antisémitisme mais à un blocage idéologique ».

    « ….militer pour un changement de paradigme en matière de définition de l’irresponsabilité psychiatrique dès que le crime est reconnu comme raciste (en l’occurrence antisémite….) : pas d’irresponsabilité psychiatrique pour des crimes racistes ».

  2. Chantal-Isabelle Chodkowski- Lemoine dit :

    Ce sont surtout des psychotiques narcissiques .

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