J’ai une fille. Pas une proie. Par Nathalie Bianco

J’ai une fille. Elle a 18 ans. Elle est magnifique, des jambes interminables, un regard de braise et un sourire (rare) mais ravageur.

C’est compliqué d’avoir une fille. Quand je la vois sortir, en mini short ou bien avec un haut moulant, j’ai des bouffées de stress. Parce que, si mon cerveau rationnel et féministe me dit qu’une femme doit pouvoir toujours, s’habiller comme elle le veut, mon coeur de mère se serre de peur quand je la vois s’éloigner ainsi vêtue, insouciante et affolante gazelle. Alors, je compose, je feinte, je plaisante. Quand elle dit « j’y vais m’man » je réponds, goguenarde « tu t’habilles pas, avant ? » Je ruse, je l’inscrit à des stages de self défense et de Krav Maga. Je négocie : « pas de mini shorts quand tu prends le TER le soir ». Je bénis secrètement le dieu météo quand vient le froid et je m’extasie sournoisement quand elle met une parka et un jean.

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Je ne peux rien faire d’autre. Vous non plus. Ce n’est pas à nous seuls de protéger nos enfants, c’est aussi à la société.

Mais cette société, justement, ne fait pas le job. Elle a renoncé à nous aider à protéger nos filles, partout. A Cologne, en Allemagne, où on a conseillé aux femmes agressées « de se tenir à distance d’un bras » des hommes pour éviter les agressions, à Paris, dans le quartier de La Chapelle, où on suggère d’élargir les trottoirs pour lutter contre le harcèlement, à Telford, en Angleterre, où des milliers de très jeunes filles, issues de milieux pauvres et défavorisés ont été violées, prostituées tranquillement pendant des années par un gang pakistanais, sans que jamais les autorités locales ne réagissent par crainte d’être accusées de racisme…Et maintenant, lors d’un procès pour viol d’une mineure, cette plaidoirie des avocats .

RELATIVISME CULTUREL ANGÉLIQUE

Terrible : le violeur, réfugié bangladais, n’aurait pas eu conscience qu’il violait la jeune fille car il n’avait pas « les mêmes codes culturels ». Alors la plaidoirie n’est pas le reflet des motivations du jugement du tribunal, qui a acquitté ce jeune homme pour surement des raisons recevables .Mais j’aimerai comprendre comment, aujourd’hui, des avocats peuvent tranquillement miser sur ce type d’arguments surréalistes pour tenter de dédouaner leur client ?

Voilà où nous en sommes : au nom d’un relativisme culturel angélique et totalement déconnecté de la réalité du monde dans lequel nous vivons, on refuse d’admettre que certaines cultures sont plus violemment sexistes, patriarcales, machistes, homophobes et archaïques que d’autres. Et que, s’il est possible d’accueillir des réfugiés venant de ces pays, il convient de les accueillir dans de bonnes conditions, c’est à dire en mettant en place des actions d’éducation et de prévention concrètes. Et qu’il convient aussi d’entendre l’inquiétude légitime des citoyens si ces conditions ne sont pas garanties. Sans les museler de méprisantes accusations de populisme et sans incessantes références « aux heures les plus sombres de notre histoires ».

Au lieu de ça, partout, on nous envoie des signaux inquiétants : Un planning familial défend l’excision au nom du respect des traditions communautaires, des élus de la république légitimisent un apartheid sexiste en demandant des horaires de piscines réservés aux femmes, pendant qu’on autorise le burkini à Rennes, on crée des espaces « non-mixtes » un peu partout, on invente des festivals de rock réservés aux femmes. On organise des « hijab days » ludiques à Science po, afin de banaliser auprès de nos futures élites ce symbole politique de l’infériorité des femmes. Des grandes marques se lancent dans « la mode pudique », des chaines de magasins font des campagnes publicitaires avec des fillettes voilées. Et on nous bassine avec ce pseudo néo-féminisme intersectionnel, avec le féminisme musulman, l’afro féminisme, comme si les droits des femmes devaient se moduler selon leurs origines, comme si l’égalité que nous appelons de nos voeux était négociable en fonction de la religion, comme si un viol était moins grave selon l’ethnie du violeur…On instille tranquillement l’idée que les hommes et les femmes doivent vivre séparés, que les femmes, honteuses tentatrices impures, si elles tiennent à leur tranquillité doivent faire profil bas, être pudiques, modestes et rester entre elles.

PAS TOUJOURS LES CODES

Je suis désolée si je mélange beaucoup de choses, j’écris sous le coup de l’énervement, et moi non plus, je n’ai peut-être « pas toujours les codes » pour avoir une analyse fine et complète. Mais ma colère de femme, de mère et mes mots maladroits de citoyenne valent bien le charabia pompeux des indigénistes et des sociologues gauchos-intellos qui ne manquent jamais de renvoyer avec mépris les gens comme moi à leurs obsessionnelles accusations de « stigmatisation » ou de racisme.

Je sais juste que j’ai une fille. Que c’est compliqué. Que je l’ai élevée avec l’idée que rien n’était facile et parfait dans notre société, mais qu’elle serait au moins libre, indépendante et forte et que notre pays lui garantirait l’égalité des droits entre citoyens, quelque soit leur origine et leur sexe.
Je refuse d’accepter la lâcheté de cette société et de nos politiques qui choisissent doucement mais surement de sacrifier nos valeurs universalistes sur l’autel du relativisme culturel.
J’ai une fille. Pas une proie.

Nathalie Bianco

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Publié dans société
2 commentaires pour “J’ai une fille. Pas une proie. Par Nathalie Bianco
  1. lellouch dit :

    je comprends la maman, mais les femmes plutôt que fille, ont un naturel que nous lui envions. C’est leur naturel qui nous affole. La société doit la protéger grâce à l’éducation de chacun. Il faut quelle en profitez , viendront vite les jours où elle s’habilleront plus large , plus couvrant, pour cacher des formes qu’elles croiront trop fortes.
    C’est la vie!

  2. Guillaume BIRO dit :

    Un colossal BRAVO, chère Nathalie Bianco, votre réflexion si spontanément exprimée m’a enthousiasmé par sa formidable exactitude, sa spontanéité dissimulant une révolte exaltante, face à la lâcheté impardonnable et honteuse dont font état nos dirigeants,surtout depuis les années 70, sans se rendre compte qu’ils trahissent nos ancêtres, les valeurs uniques léguées et les citoyens français qu’ils sont justement chargés prioritairement de défendre .

    Chère Nathalie Bianco, un immense merci d’être ce que vous êtes car vous me redonnez l’espoir que des millions de nos concitoyens aient l’intelligence et celle du coeur d’avoir le sursaut de vous suivre dans votre évident besoin de sauver le plus beau pays du monde : la FRANCE !

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