Une souscription pour la gare de déportation de Bobigny

Ouverte au public les 17 et 18 septembre pour les Journées du Patrimoine, la gare de Bobigny d’où partaient les convois de déportés vers Auschwitz, va faire l’objet d’une restauration et devenir un lieu de mémoire.gare-bobigny-deportation

Ce furent les derniers pas des déportés juifs sur le sol français avant de monter dans les trains pour Auschwitz. Un appel aux dons  a été lancé samedi 17 septembre par la ville de Bobigny (Seine-Saint-Denis), sous l’égide de la Fondation du patrimoine, pour restaurer les pavés de l’ancienne gare.

Les derniers pavés français avant Auschwitz

La ville espère récolter auprès de particuliers et d’entreprises la somme de 480 000 € correspondant au coût des travaux de restauration des sols pavés de cette gare désaffectée d’où furent déportés 22 453 Juifs français et étrangers vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en Pologne entre l’été 1943 et l’été 1944.Cet appel aux dons s’inscrit dans le cadre d’un projet plus vaste d’aménagement« paysager et scénographique » de ce lieu de mémoire, ouvert au public les 17 et 18 septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, a expliqué Bernard Saint-Jean, chargé de mission à la mairie de Bobigny.

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’est le cabinet néerlandais OKRA, associé l’architecte Philippe Prost (qui a notamment réalisé le mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette) qui a remporté le concours de maîtrise d’œuvre organisé par la ville.

Fin 2018, date prévue de l’achèvement des travaux, ce site à vocation pédagogique sera ouvert quatre demi-journées par semaine, en plus des visites organisées dès cette année par le Mémorial de la Shoah à Drancy dans le cadre d’un « parcours de mémoire » destiné aux scolaires.

Une restauration à 2,5 millions d’euros

Le coût d’ensemble du projet est évalué à 2,5 millions d’euros. Outre l’argent récolté dans le cadre de cette campagne de mobilisation du mécénat populaire, le ministère de la Défense apportera 600 000 €, la région 650 000 € et la Fondation pour la mémoire de la Shoah au moins 90 000 €, a précisé Bernard Saint-Jean.

La SNCF avait financé la restauration de la grande halle aux marchandises, inaugurée en janvier 2015, qui accueille des commémorations.

À partir de la fin 1941, des Juifs ont été internés au camp de Drancy, à 3 km de là, et déportés depuis la gare du Bourget. Mais, en raison de la présence de voyageurs, les nazis lui ont préféré, dès l’été 1943, celle de Bobigny, désaffectée et plus discrète.

Après la guerre, le site a été loué par la SNCF à un ferrailleur. Sa transformation en un lieu de mémoire commence dans les années 1990, sous l’impulsion de la municipalité et d’associations d’anciens déportés.

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Publié dans Shoah

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