Justes parmi les Nations : La famille Weisz sauvée par la famille Moncet

Yvonne, Marie-Thérèse et Jeanne Moncet, qui vivaient à Decazeville pendant la guerre,  recevront à titre posthume le diplôme et la médaille de Juste parmi les nations, le 24 Juin.

Yvonne Moncet – 1947/1986

Alexandre Weisz est né en 1911 à Nusfalau en Roumanie. Il émigre en France pour chercher du travail à l’âge de 19 ans.
Czarna Karmazyn est née en 1912 à Pabianice en Pologne. Elle vient à Paris à l’âge de 17 ans. Ils se marient en 1933. Alexandre Weisz est tailleur apiéceur, son épouse l’aide. La famille Weisz habite Faubourg Saint-Denis à Paris 10ème. Deux enfants naissent de cette union, Céline en 1934 et Jacqueline en 1935.

Le 21 octobre 1939, Alexandre Weisz est engagé volontaire pour combattre pour la période de la guerre. Le 24 juin 1940, il est fait prisonnier à Allain (Meurthe et Moselle) et interné dans le stalag XII-E à Metz. Il programme son évasion avec un détenu politique, René Combes originaire de Mur-de-Barrez (Aveyron) et avec la complicité d’une famille allemande pour laquelle il travaillait comme tailleur. Après plusieurs jours de marche, de fatigue, de peur et de froid, ils parviennent à Mur-de-Barrez, petit village d’environ 800 habitants.
Le Maire prend contact avec la Résistance. Yvonne Moncet et ses sœurs Thérèse et Jeanne prennent en charge Alexandre Weisz. Elles lui louent une chambre dans un petit hôtel de Decazeville, rue Cayrade, lui procurent vêtements, ustensiles de cuisine et du travail dans les mines de charbon de Decazeville.

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La vie à Paris devient très difficile et très dangereuse pour Madeleine Weisz et ses filles. Yvonne Moncet vient à Paris chercher Céline et Jacqueline et les ramène en train. Madeleine Weiszemprunte un autre train. La famille est enfin réunie. Les « trois Moncettes » obtiennent du curé de faux certificats de baptême.

Malgré toutes les précautions prises, fin 1942, la famille est dénoncée. La Gestapo vient arrêter Alexandre Weisz, fort heureusement absent, mais emmène Madeleine Weisz à Rodez pour un interrogatoire. Elle leur affirme que son époux est prisonnier et sera libérée au bout de quelques jours. Yvonne Moncet la récupère et la conduit chez elle pour lui donner des vêtements et la restaurer et se met en recherche de nouvelles caches. Les fillettes Weisz sont mises à l’abri dans un couvent. Les sœurs Moncet leur tricotent des vêtements chauds et leur apportent des friandises et des cartes de rationnement.
Les parents trouvent refuge à Campuac où le curé leur procure une vieille maison hors du village. Les villageois participent à l’installation de la famille.
Les fillettes rejoignent leurs parents. Elles iront à l’école et à la messe. La famille passe pour une famille de Parisiens en quête de calme et de nourriture. Ils vivent avec de faux papiers au nom de « Blanc », procurés par Yvonne Moncet.
Monsieur Esquieu, tailleur à Decazeville, recommande Alexandre Weisz à Monsieur Barrié, tailleur à Campuac.

Après la guerre, la famille Weisz regagne Decazeville où Alexandre Weisz est artisan tailleur. Céline et Jacqueline vont en pension à Rodez.

En 1954, la famille regagne Paris et récupère son logement vidé de tous ses biens. Des liens affectueux unissent à jamais ces deux familles.

Le 5 Juin 2017, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Yvonne Moncet, et a souhaité exprimer sa gratitude à ses sœurs, Thérèse et Jeanne Moncet pour leur assistance et leur générosité.

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Publié dans Shoah
Un commentaire pour “Justes parmi les Nations : La famille Weisz sauvée par la famille Moncet
  1. Schouman dit :

    Pourquoi une reconnaissance si tardive ?

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