Le débat sur l’immigration, promis par Macron, n’aura pas lieu, par Yves Mamou

Attend-on d’un Président de la République qu’il organise un «débat»? Celui sur l’immigration qu’Emmanuel Macron a proposé dans son allocution télévisée du 10 décembre, a tourné au fiasco avant même d’avoir commencé. Le 12 décembre, en conseil des ministres, il était clairement annoncé cinq débats nationaux, dont un sur l’immigration «dans un contexte de mondialisation et de laïcité parfois bousculées». Mais si l’on en croit le journal L’Opinion du 14 décembre, à la fin du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement a annoncé quatre débats et non pas cinq. Entre le compte-rendu écrit du conseil des ministres et sa retranscription orale, un écart notable avait déjà commencé de se creuser. Non seulement, l’immigration est devenue un sous-thème de la question «citoyenneté» mais l’intitulé même du débat est présenté de façon moins dramatique: les mots «inquiétudes des Français» ont disparu du compte rendu oral et le gouvernement n’entendait plus discuter de la question migratoire que sous l’angle des attentes des Français «dans le cadre de la mondialisation». Difficile de traiter un brasier de manière plus désincarnée.

Pour Yves Mamou, «poser la question de l’immigration – surtout après trois années de pic migratoire – revient forcément à interroger une population qui souffre, tant du terrorisme islamiste que des conflits liés à la multiculturalité» PHILIPPE WOJAZER/REUTERS

En matière d’immigration, les déclarations sibyllines n’apaisent pas.

Entre l’Élysée et Matignon, le «débat» immigration a donc déjà viré au conflit. Sur une simple retranscription. Pourtant, le 10 décembre, dans son allocution télévisée, Emmanuel Macron s’était montré très clair. «Je veux aussi que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter. Ces changements de fond qui demandent une réflexion profonde et partagée, imposent un débat sans précédent. Il devra se dérouler au niveau national dans nos institutions, chacun y aura sa part: gouvernement, assemblées, partenaires sociaux et associatifs ; vous y aurez votre part. Je veux (…) prendre ainsi le pouls vivant de notre pays.»

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Que voulait dire par là le président? En matière d’immigration, les déclarations sibyllines n’apaisent pas. Sitôt l’allocution terminée, Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a revêtu son armure de combat. Si le gouvernement entend faire des immigrés un «bouc émissaire jeté en pâture des frustrations sociales» des «gilets jaunes» a-t-il annoncé, il trouverait à qui parler. Nicolas Dupont-Aignan, député de Debout la France, avait, lui, sifflé de colère, et traité d’ «hypocrite» la proposition d’un président qui n’avait jamais caché (ni annoncé) qu’il allait souscrire au lendemain de son allocution, au fameux «Pacte de l’ONU en faveur de migrations sûres, ordonnées et régulières». Ce Pacte qui fait de l’immigration un quasi droit de l’homme, que l’on soit réfugié ou pas, n’a certes pas valeur de traité, mais n’en contient pas moins de quarante fois l’expression «nous nous engageons à…».

Source et article complet : lefigaro.fr

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Publié dans politique

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