Y a pas de terrorisme, y a que des faits isolés, par Sarah Cattan

Je veux te parler d’entrisme. Oui je sais : encore. D’entrisme partout. A la télévision, après l’université. Je veux te parler de notre pays. Te redire comme il va mal. Ce qui s’y passe chaque instant sous nos yeux et à quoi nous ne prenons pas garde.

Cette fois, c’est l’histoire d’un humoriste, appelé par des gens importants à donner son avis sur le terrorisme. Cet humoriste, moi, j’le connaissais pas. J’aime les artistes. J’aime les humoristes. Ça dépend lesquels.

Toi, ça s’pourrait ce truc il t’a échappé. Même si tu la regardes pas, la télé, tu dois savoir que maintenant, si tu veux être dans le mouv’, il te faut inviter un humoriste dans les émissions politiques. Les émissions quoi ? Tu sais, L’émission politique. Sur la 2. Mais si ! Avec Léa Salamé, celle qu’était chez Ruquier avant. Avec l’autre, François Lenglet, ses graph et ses métaphores. Avec Pujadas. Non, ça, c’était avant.

Donc, si t’as bien tout suivi, il reste sur la chaîne publique une émission qui reçoit des politiques. Même qu’à chaque fois y a un truc qui se passe. Un truc bizarre. On sait qu’il va arriver. Ça s’appelle le buzz. Toi tu crois que c’est juste une manière de chauffer la salle. De faire monter l’audience. Mais regarde bien que je t’explique: c’est politique.

Ce soir-là, moi j’avais pas tout suivi parce que même si tu veux te tenir au courant, ben tu tiens pas tout ce temps avec Mélenchon Toujours de mauvais poil Violent Epuisant Bref tu sais. Donc là te disais-je, je croyais que ça avait juste été une mauvais prestation de l’excité. Avec son lapsus bizarroïde certes. Et puis son agressivité envers Nathalie Saint Cricq à laquelle il aurait demandé in fine d’aller se faire foutre. Va vérifier si tu veux : c’est vrai.

Screenshot

Ce que j’ignorais, sinon je serais restée pour rire un peu, c’est qu’en toute fin d’émission c’était Yassine Belattar qui venait porter le jugement dernier. Ben oui on peut presque dire ça, tu sais, tant il est attendu, celui qu’on te fait entrer juste à la fin, pour débriefer qu’ils disent, et tant sa parole va porter, énoncée juste avant le générique.

Alors Le voilà Il prend place face à Bruckner et Kouchner Tiens il est encore invité tu te dis Kouchner Donc t’as un humoriste qui entre, qui s’assied aux côtés de Clémentine Autain J’suis sûre qu’ils se connaissent Qu’il l’appelle Clém Ça se voit Elle te le couve du regard

Et t’as ce mec, tel le grand pape, qui aurait tout écouté tout vu sur caméra et qui vient délivrer sa synthèse, appelons ça comme ça.

Toi, la séquence tu la revois en replay. Au début tu regardes nonchalamment. Mais tu restes aux aguets. Car vu que l’individu, l’humoriste donc, il a eu des mots avec Fatiha Boudjahlat et que même il a annoncé via tweeter qu’il allait lui intenter un procès en diffamation, tu visionnes. Tu veux rien perdre. Un peu de rigueur.

Là, alors que Bruckner, pour calmer quelque chose qu’a du l’énerver, l’humoriste, essaie de définir la laïcité comme une égalité de traitement des religions entre elles, t’as l’autre, le p’tit jeune, l’humoriste, qui te sort l’arme fatale et qui te l’assènes, le gros mot qui peut t’envoyer à la XVIIème, islamophobie. Notre Bruckner, qu’en a vu d’autres, il se démonte pas, demande si on a déjà égorgé un Imam au sein de sa mosquée Et l’insensé le téméraire il rappelle au p’tit jeune et à la France qu’un Père a été égorgé au sein de son église : le Père Hamel.

Evidemment, aurait pas fallu. Quoi c’est vrai ? Et alors ? Fallait pas. Ce qui est vrai, faut plus le dire. C’est pas parce que c’est vrai que tu peux le dire. Et même je me demande si c’est pas parce que c’est vrai que tu peux plus le dire : c’est devenu comme ça. En France.

Mais Bruckner il l’a dit Et donc le p’tit rigolo d’abord il fait non de la tête pendant que calmement le philosophe développe sa pensée. Toi tu sais même pas si l’humoriste l’écoute : Tu le regardes C’est une poupée qui fait non non non non non non

Peut-être il prépare son argumentaire te dis-tu Ben je vais te dire ça se voit pas et d’ailleurs la suite prouve que ben non : il est juste pas d’accord, Yassine Belattar. Toi, éberluée devant son toupet son arrogance tu te demandes presque s’il a existé, le Père Hamel, et s’il s’est bien fait égorger en son église.

Le philosophe que l’humoriste a forcément énervé continue et déroule le film terroriste que vit la France: Qui a intimé aux religieuses dans un carmel de se convertir  et qui a tué des Juifs parce que Juifs

Et là, si t’as pas suivi, T’as d’un côté Léa Salamé qui tente d’arrêter Bruckner Et t’as l’humoriste qui va se lancer Il va parler Il va nous la délivrer sa synthèse Et d’ailleurs il y va tout de go : Ça, Monsieur, ce sont des faits isolés.

Des faits i-so-lés. Et que j’te prends Clém à partie. Elle opine du chef.  T’en as pas un qui réagisse. Des faits isolés. Des détails de l’Histoire bientôt. Et même des faits tellement isolés que t’as les 5 millions de musulmans de France qui sont indignés par tout ça Poursuit le débriefeur

Quoi T’as pas vu ? Ben t’avais qu’à regarder : Depuis l’atrocité qu’a fait Mohamed Merah, nous dit le grand sage, les toulousains ont fait preuve d’un bon sens collectif Ils ont dit On va pas se mettre sur la gueule. C’est presque si tu te dis pas que Pascal Bruckner il devrait de temps en temps aller 7 fois à Toulouse avant de parler. Il saurait que les toulousains auraient donc inventé leur vivre ensemble à eux

Mais toi tu regardes T’as Clém et Léa qui acquiescent à tout ce que dit le nouveau chantre de la paix. Il a parlé. Il ne doute de rien. Il professe. Son aplomb est confondant. La séquence vaut son pesant de cacahuètes. Parce que t’étais dans une émission politique a priori. Là où jadis ils invitaient des spécialistes. Des spécialistes de bric et de broc certes Et maintenant ce sont des spécialistes humoristes. Et donc celui qu’ils nous ont sorti ce soir, revigoré par l’appui de ses groupies, il ajoute, ce pov chéri, cette victime, qu’on lui avait confisqué un mot Le mot Patrie Et lui, qu’était si fier de son drapeau, Eh ben t’as cet empêcheur de tourner en rond, Valls forcément, qui lui a confisqué son joujou, pardon qui lui a confisqué le mot laïcité : Comme s’il l’avait déposé à l’INPI[1] ! C’est pas son concept ! S’énerve l’orateur, Et vas-y qu’il convoque Aristide Briand Toi tu te dis Ben pourquoi pas Mais là, comme souvent, C’est la fête à Valls. T’as remarqué ? Souvent, arrivent comme un cheveu sur la soupe Valls Ou encore les Juifs Tu t’es habitué D’ailleurs Valls il serait pas un peu coupable avec sa violoniste d’épouse. La juive. 

Ben non, essaie Kouchner, Valls fait tout pour éviter de tomber dans le piège tendu par les extrémistes. Mais non C’est trop tard Ça dérape sur les quartiers et même qu’on a droit au classique concours de quéquettes à propos des quartiers Tu les connais, toi ? Et toi ?

Trop tard, te disais-je, c’est mort. Certes Kouchner s’évertue à dire que personne à cette table ne le fait, l’amalgame entre extrémistes et musulmans, mais c’était compter sans le soutien de Clém, qui embraie la troisième et qui veut faire le distinguo entre le terrorisme Lequel ça on sait pas Elle aussi Elle dit juste le terrorisme Et les 5 millions de musulmans. Et pour venir au secours de son pote le clown Elle parle de débats récurrents Et la revoilà bien, l’accusation : Elle elle veut pas de cette entrée sur l’islam. Parce que les musulmans se sentent stigmatisés. Par notre faute.

Tu veux analyser la stratégie mise au point et ses grossières ficelles ? T’as qu’à tendre l’oreille : à Bruckner qui s’égosille que la France est un pays détesté par les extrémistes car justement elle n’opprime pas les musulmans mais les libère en leur offrant la possibilité de pouvoir s’arracher à leur religion, l’autre lui saute au visage : Quoi vous définissez les musulmans par leur religion !!!! Shame. 

Toi, tu te demandes où t’habites. Tu jettes un œil sur le net Tu vois que le nouvel analyste Celui qui vient débriefer Tiens il en est  pas à son coup d’essai. Les plateaux-télé, il connaît. Son aplomb, il l’a déjà démontré. Ses énormités, il les a déjà proférées face à de supposés contradicteurs comme anesthésiés. Ah ouai alors on peut plus dire les Musulmans T’avais pas noté. On dit bien les Juifs les Chrétiens Eh ben c’est fini tout ça Yassine Belattar il a dit qu’on devait les appeler les contribuables Et toi tu repenses au procès fait à ton pote Georges Bensoussan Et tu te dis que ça s’est pas arrangé, tout ça. T’es même un brin épaté devant cet art d’esquiver De retourner le sens des mots Voire de désarçonner le plus fort des interlocuteurs : Ils paient les dos d’âne les crèches les écoles le taxi du service public que vous allez prendre pour rentrer chez vous C’est qui qui le paye C’est le musul Non c’est le con-tri-bu-a-ble. Les musulmans, comme vous les appelez, paient cette laïcité.

Et de renchérir, passant du coq à l’âne mais pas tellement car Tout ça est solidement ficelé, fort bien rodé : Y a pas d’islam politique en France.

Y a pas d’islam politique en France, assène donc le prétendu rigolo face à L’autre qui tente bien de parler de l’UOIF Ben non gros béta l’UOIF ils sont pas à cette table. Et devant un tel argument, tu fais quoi, toi ? Tu te tais. Y a pas d’UOIF à cette table. Y a pas d’UOIF. C’est le Sans dot de Molière. 

Les Inrocks, ils appellent ça le salutaire coup de gueule de Belattar contre Pujadas. Parce que ce que tu sais pas, toi, Lecteur, c’est qu’à un moment la tension elle est montée d’un cran quand le french Doctor, tentant de remettre en place le gamin, et évoquant le conflit ouvert entre Charlie Hebdo et Edwy Plenel, aurait tutoyé ce sale gosse, qui s’est saisi de la perche trop belle, parlant de condescendance, de colonisation, thème qu’il devait poursuivre sur les réseaux sociaux le soir-même. Mais de toutes façons Libé a fait le job pour lui, évoquant la vision simpliste de l’islam aux relents islamophobes de Bruckner et Kouchner, leur perception caricaturale du fait islamique, face à un humoriste sympathique et talentueux qui se serait plutôt bien tiré de ce traquenard. Pour info, sache que l’humoriste, c’était leur Agitateur, à Libé, pendant la campagne présidentielle.

Et sur les réseaux sociaux, t’avais tous ses potes qui dénonçaient le fait qu’on renvoyât l’humoriste à ses origines et qui évoquaient ce racisme condescendant du quotidien, cette plaie. Bref Faut pas tutoyer les enfants d’immigrés, et là, tu peux pas argumenter. Kouchner, T’as pas vraiment envie de monter au créneau pour lui. Et ça continuait : Sophia Aram, tu peux pas la présenter comme musulmane : d’abord elle est athée, et puis t’as le Bondy Blog qui tweete : Le faciès comme assignation religieuse. Une belle définition du racisme.

Imagine-toi que dans tout ça, Y a une nana, et pas qu’une, qu’a pas trop aimé l’histoire des faits isolés. Aucun media n’en fit mention, préférant tous dénoncer le tutoiement raciste dont aurait été victime l’humoriste, mais plein, sur les réseaux sociaux, ironisèrent sur ces faits isolés avec une idéologie commune et des assassins hurlant allahu Akbar au moment de tuer. T’en as qui comparèrent les propos de Belattar avec ceux de Ramadan et les taxèrent d’ignobles. Tous sciés qu’on était devant la séquence où tout était permis aux uns et le mot musulman interdit à d’autres sous peine d’écoper de la peine maximale : le djihad judiciaire. Si tu l’ouvres, t’es mort.

Et d’ailleurs tu finis par t’interroger : va-t-en savoir si tous ces procès intentés par l’UOIF et consorts ce s’rait pas encore des faits isolés. Bruckner Bensoussan Kersimon Fourest Pina Boudjahlat Benhabib et les autres poursuivis car ils seraient tous d’horribles racistes. Islamophobes de surcroît. Et peut-être bien un brin philosémites. Charb en est mort de la plaisanterie Cette affaire elle a assez duré.

Comme ça, sur le mode pépère, impunément, à une heure de grande écoute, t’avais ce zig qui venait de déclarer que l’égorgement du Père Hamel et les assassinats antisémites étaient des faits isolés. En rien prémédités. En rien organisés. Myriam. Arie. Jonathan. Sarah. Abel. Mohamed. Et tous les autres. Vous êtes des faits isolés.

Alors elle, Fatiha Boudjahlat, en toute cohérence, elle a, à raison, élargi à la Shoah le raisonnement du sieur Belattar. Moi, ce qui m’a juste un peu étonnée, c’est qu’elle appelât ça un raisonnement. Hmmmm. Non rien. Fatiha Boudjahlat, elle n’a pas écrit que Belattar était antisémite. Elle a juste fait une analogie entre sa récusation d’une entreprise terroriste et ceux qui tenaient le même genre de discours sur la Shoah : Quand il parle de l’égorgement du Père Hamel, des assassinats de juifs (Ilan Halimi, Ozar Torah, Hyper Casher, Sarah Halimi ) comme de « faits isolés », l’islamisme est un nazisme, rétorque-t-elle. Daesh s’est livrée à la liquidation des chrétiens et des yezidis. Il n’est pas acceptable de parler de faits isolés quand il s’agit d’une action préméditée, qui dure, organisée. Et d’ajouter qu’elle empruntait le terme à Gilles Kepel qui parlait de dénégationnisme : Ils sont dans la dénégation. Yassine Belattar est dans la dénégation permanente et militante face à l’entreprise terroriste islamiste.

Mais lui, ça lui a pas plu du tout cette affaire, alors ni une ni deux : il a demandé pour la dangereuse donzelle un procès en diffamation et son renvoi de l’Education Nationale Ben oui Imagine t’as un gosse Et il a qui, comme prof ? Fatiha Boudjahlat. Toi t’essaies d’en rire mais l’extrême violence de la chose ne t’échappe pas : la première chose que faisaient les nazis et les staliniens pour détruire leurs adversaires n’était-elle pas de leur interdire de gagner leur vie. Ce premier pas dans la destruction civique de celui qu’on voulait éliminer.

Celle que dès demain Blanquer va virer , les amis islamistes et indigénistes du comédien se mobilisèrent d’emblée contre elle. Et lui, pendant ce temps, il continue. Sous son p’tit air de pas y toucher, muni de la vieille méthode attribuée à Staline : pour faire taire un opposant, traitez le de fasciste. Le temps qu’il se justifie, il n’argumente pas, m’a expliqué patiemment cet ami alors que j’essayais de l’identifier, sa stratégie. Très au point qu’elle était. Tiens, le voilà face à Pujadas cette fois et là il s’en prend à L’Imam Chalgoumi, qu’il appelle la nouvelle figure de l’humour français. Qu’il accuse, méprisant, de voler le job des humoristes Ah qu’il est drôle Belattar

C’est que cette fois, le nouveau juge débriefeur venait conclure une émission qui demandait si, concernant le 13 novembre, on avait vraiment tiré les leçons. Non ! Fallait pas dire Les terroristes du 13 novembre Et d’abord Ils sont Belges : Allez-vous inviter tous les belges, demanda sans plaisanter le petit merdeux. Et là, croyez-moi ou allez visionner la séquence : il arriva même à placer Tintin. Tu vois le truc Tu lui parles du 13 novembre Il te répond, outré, Vous n’allez pas vous en prendre à Tintin aussi quoi ! Et le voilà reparti à chanter encore la même antienne : Et de tous nous accuser de jeter l’opprobre sur les millions de musulmans Mais lui l’humoriste Heureusement tel Zorro il arrive.

Il arrive et il nous explique ce qu’est être français. Quelque chose de non négociable, qu’il dit.  Et toi tu vois que L’émission politique elle se met au pas, tancée par celui qui parla de faits isolés. Le voilà qui nous chante le couplet patriote. Qui convoque Trenet Douce France Et d’ailleurs toi, est-ce que tu pleures quand tu perds une coupe du monde Eh ben voilà les 5 millions de con-tri-bu-a-bles ils ont été touchés dans leur chair avec le Bataclan et ils en ont ras le bol d’avoir à se justifier: Vous nous appelez comme si on était complices. Moi je vous appelle pas si un journaliste fait une mauvaise chronique. Si ça c’est pas de l’argument ! Il accuse l’émission et en réalité la France de faire un lien entre les migrants et l’islamisme, il interdit que la question soit seulement posée, t’as les autres les courageux sur le plateau qui s’excusent presque. D’avoir osé. Monsieur Je sais tout et je dirai tout il conclut que les leaders de cette atrocité ont un problème avec leur pays Que t’as pas remarqué mais ils viennent tous de Molenbeek Et le revoilà qui s’en prend encore à Valls le seul invité sur 577 députés mais aussi à Caroline Fourest au Printemps Républicain à Sifaoui Et évoquant Valls il parle de propos sordides Mais sache bien que dans sa bouche c’est pas une insulte Il en arrive aux vedettes de l’affaire Weinstein Et lui il dit que tous on s’en prend davantage à Tariq Ramadan qu’aux autres : On peut pas tout islamiser, conclut le malhonnête, t’expliquant que jadis la rupture exutoire se faisait via le rap Eh ben aujourd’hui elle se faisait via l’islamisme.

Quoi ? T’as pas pigé ? Tant pis pour toi D’ailleurs il continue : Poser la question de l’islam et de l’islamisme c’est mettre en cause les musulmans 

Là t’as le journaliste d’Atlantico qui essaie d’en placer une Ah non pas vous Pas Atlantico Islamophobes pires que le FN décrète l’humoriste En gros, Atlantico, t’as trop critiqué Marlène Schiappa, Alors ferme ta boite à camembert.

Tout ça à 19h30 Sur la télé publique Devant des millions de français Et toi tu te dis Mais pourquoi un humoriste Ben c’est la mode Ou peut-être Delphine Ernotte c’est sa marotte Y a bien une voix qui s’élève sur le plateau Une voix qui s’exclame et dénonce : Vous l’érigez en juge

Ben c’est trop tard On l’entend pas Elle est trop seule Elle tape pas assez fort Le mal est fait On aura parlé encore une fois que d’islamophobie, ce mot inventé par les organisations islamistes internationales qui visent à implanter l’islam, ce mot qui  délégitime tout débat. Ce mot inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles, nous dit Salman Rushdie.

A moi à présent. Ta plainte pour diffamation, Yassine Belattar, il va falloir la porter contre beaucoup d’entre nous : nous sommes plein à vouloir accoler notre signature à côté de celle de Fatiha Boudjahlat qui n’a fait que relayer notre parole. Comme ça on s’en partagera ensemble, si elle devait être reçue, les frais et les tracas, comme ça on fera front face à ce djihâd judiciaire qui prétend faire taire Kersimon Bensoussan Bruckner Pina et tous les autres mais qui n’arrivera jamais à nous bâillonner.

Je ne suis pas juriste. Je sais néanmoins que l’on peut être poursuivi pour procédure abusive. La méthode des islamistes pour museler toute critique a assez duré. Moi j’étais avec Fatiha à 13h03 je me souviens fort bien du moment où nous avons tweeté. J’étais aussi devant le poste lorsque vous aviez, Yassine Belattar, traité Ardisson de chemine brune et de nazi. Les tweets de vos amis qui moquèrent le patronyme de Fatiha Boudjahlat et la traitèrent de beurette de service, nous en avons gardé trace.

Quelqu’un vous qualifia, vous et vos compères, constitutifs d’une force sociale comme puissance négative et le même convoqua à titre d’exemple le flux de boue noire de l’occultisme contre lequel Freud voulut élever un bastion inébranlable. Cette boue que vous déversez désormais chaque jour. Des plateaux télé aux chaires d’universités.

Toi tu te demandais qui donc pouvait être le porte plume de l’humoriste. Tu savais aussi qu’en cas de plainte pour diffamation, la mise en examen était automatique.  Tu te demandais encore au bout de combien de faits isolés on parlerait de phénomène de fond. Tu te disais que ça en faisait beaucoup, des faits isolés, pour la seule France. Qu’au regard de l’histoire de France, c’était du jamais vu. Tu te demandais depuis quand exactement ils avaient pignon sur rue, les Dieudonné et autres comiques de la même espèce qui, se prenant pour des La Rochefouchauld, jouaient aux moralistes.

Certains connaissent mieux que d’autres l’animal. Ses sketches. Il dirait, sous licence d’humour, que les frères Kouachi ne sont pas des terroristes. Humour ! C’est pour de rire ! Il serait un pro du double discours. Tu sais, la rhétorique des banalisateurs de l’extrême, du racisme génocidaire, des crimes contre l’humanité.

On est nombreux. Nos potes, ils veillent. Ils font des captures d’écran du Saigne-la sans pitié lancé contre Fatiha Boudjahlat sous le post de Monsieur Belattar. Sans aucune réaction de la part du politicien idéologue, cet islamiste en costume Pinder. Ce mec, encore un, qui cherche à tout prix à relativiser l’antisémitisme qu’osa dénoncer Bensoussan.

T’as bien une pote qui considéra que ce pitre n’était pas à considérer comme un interlocuteur pendant qu’une autre évoquai le fascisme et la sombre ambiance qui régnait en France.

Toi, tu repensais au papier de Raphaël Nisand publié dans Tribune juive et réfutant que l’islam serait maltraité par les occidentaux et l’ensemble du monde non musulman. Ce papier qui revient sur les 20 ans de réclusion attribués à Slobodan PRALJAK pour crimes de guerre contre les musulmans. La sévérité réelle des juridictions internationales à l’encontre des tueurs de musulmans. Ce papier qui se félicite de notre Justice implacable contre les assassins de musulmans quelle que soit leur provenance. Qui dénonce ces djihadistes qui appellent à la guerre sainte contre un occident prétendument tueur de musulmans, dénonce la thèse paranoïaque d’un islam écrasé et maltraité, d’Alger à Karachi en passant par Jérusalem, Damas et Bagdad. Termine ainsi : Non personne n’a déclaré la guerre aux musulmans si ce n’est les salafistes, les terroristes d’Al Qaida et de l’état islamique.

T’as sous le nez ce passage où Marie écrit que le monde musulman a un angle mort philosophique : la notion de responsabilité.  Ils sont les préférés de Dieu, et les victimes de l’Occident.  Toujours passifs, donc jamais responsables de leurs actes. Déni et victimisation.

Tu repenses à celui qui t’a rappelé les mots de Malraux : Une culture ne meurt que de sa propre faiblesse. Toi t’as le spleen quand tu les vois utiliser les armes de la démocratie pour mieux la contraindre. Mais t’es déterminée. Tu repenses au Manifeste censuré d’Albert Camus. Ce texte vibrant qui nous exhorte à rester libres. Tu décides de rester obstinée. Lucide. De refuser de la laisser entrer, la police de la pensée.  Et tu en veux vraiment à ceux-là qui n’ont trouvé d’important que le moment où un pauvre humoriste fut tutoyé par un ancien ministre has been.

[1] Institut National de la Propriété Industrielle.

Sarah Cattan

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Publié dans opinions
2 commentaires pour “Y a pas de terrorisme, y a que des faits isolés, par Sarah Cattan
  1. josaphat dit :

    Un bien bel article Mme Cattan!
    Tant sur le fond et la forme généreux, sur le plan intellectuel et de lucidité. On mettra en valeur l’analyse pertinente de la progression du « nazislamisme »: manipulation donc censure donc empêcher l’autre d’accéder à…pour arriver à ce qui pourrait être la dernière phase à savoir l’ELIMINATION.
    Savez-vous que, grâce à vous, tout le plaisir est de sortir des « Unes » d’hier…
    Brigitte Macron en Chantal Goya pour le baptême d’un panda, symbole désuet d’une biodiversité en perdition…
    Un humoriste de troisième zone qui tutoie la vulgarité et la contre façon historiques et qui s’offusque publiquement d’un « tu » citoyen et révolutionnaire…
    La neige!!!Vous vous rendez compte??? Il neige avant l’hiver officiel! La poudre blanche vendue dans les territoires perdus de la République va recouvrir les plaines du rural profond…
    Le tirage des 32e finales de la coupe de France. Vous vous rendez compte!!! Le petit David Moulins-Yzeure va rencontrer le Goliath Monaco!!!! Ils sont formidables ces petits gars « blacks, blancs, beurs »…!
    Les vociférations haineuses, les cris et la souffrance indicible des passagers des trains fantômes! Vous vous rendez compte!!!!Une vie brisée par une attente cauchemardesque dans la nuit et le brouillard des fumeurs de cigarettes…!
    Merci Mme Cattan de remplacer la machine à oxygène qui ferait mes nuits plus belles.

  2. BEN HILEL dit :

    Je ne regarde pas la télévision, mais je l’ai fait pour comprendre.
    En substance, il demande qu’on oublie ces crimes commis par l’islam qu’il ne saurait voir.
    C’est que les faits sont têtus.
    Ils érigent des tribunaux idéologiques lorsqu’ils ont été pris au piège par leurs propres mensonges à propos des crimes antisémites, antichrétien et anti-français. Ils n’aiment pas le débat. Si nous y réagissons intelligemment en soutenant cette jolie jeune femme, pleine de courage, il n’y aura pas de motif d’instrumentalisation de la justice. Réagissons bord… ! Il est déjà beaucoup trop tard.

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