Pologne : une pétition révisionniste, par Patrick Edery

La Pologne s’est dotée d’une loi qui interdirait de la mettre sur le même plan que l’ Allemagne des nazis.
Il est vrai que les camps de la mort, usines à tuer , étaient situés en Pologne dans leur quasi totalité et qu’il était donc facile d’attribuer aux polonais une part dans la responsabilité des crimes .

L’antisémitisme des polonais à l’égard des communautés juives de leur territoire n’est plus à démontrer mais ont- ils eu un rôle actif dans cette tache indélébile de l’humanité que fut la Shoah ?
Plus de 70 ans après, il apparaît que la Pologne voudrait  tourner la page, souhaite qu’on oublie de parler d’elle en évoquant cette période.
Nous avons reçu de l’un de nos lecteurs un texte que nous publions  par respect des opinions de chacun et dont nous ne savons pas s’il est fondé ou non et s’il mérite d’être retenu. Que chacun juge en conscience.
Tribune juive

Pologne : Une pétition révisionniste?

La semaine dernière une pétition de 350 universitaires et artistes francophones dénonçait une « loi liberticide ». Cette pétition, publiée sur le site de Médiapart, appelle « le législateur polonais à reculer » sur le vote de sa loi mémorielle punissant toute personne attribuant à la Nation ou à l’Etat polonais la responsabilité des crimes nazis. En théorie l’objectif est noble : s’opposer à une loi liberticide et à « une insulte à la mémoire des rescapés du génocide ». Par contre on ne peut que s’interroger sur une pétition dont les recommandations permettraient, en s’affranchissant des faits, d’attribuer à la Pologne une responsabilité dans les crimes nazis alors qu’elle en fut une victime.
La loi polonaise mise cause dans cette pétition requiert trois conditions cumulatives pour être appliquée et deux exceptions. Ainsi il faudra tout d’abord qu’une personne attribue la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis perpétrés par le IIIe Reich allemand  à la Nation ou l’Etat polonais. De surcroît cette attribution devra être publique. Enfin et surtout elle devra être à l’encontre des faits. Ainsi une personne qui dénoncera la perpétration de crimes nazis contre un ou des Polonais ne pourra être punie. Sauf à ce qu’elle déclare publiquement et contre les faits responsable des crimes nazis ; de manière collective, tous les Polonais. Or la déclaration se défend elle-même d’ « ignorer ou sous-estimer les souffrances des Polonais non-juifs sous l’occupation nazie, ni minimiser le courage et l’héroïsme des milliers de Justes polonais qui aidèrent et sauvèrent des Juifs. ». Aussi pourquoi cette pétition ?
Ce qui inquiète les signataires c’est selon eux que : «Contrairement à ce qu’affirment les autorités polonaises, la loi n’épargne ni les chercheurs ni les artistes. Mais là aussi l’argument n’est pas recevable. En effet la loi exclut de son champ d’application la recherche et l’art. En fait ce sont les arguments de l’avant dernier paragraphe de la pétition qui posent les plus graves problèmes.
Premier argument des signataires : « Au pénal, un article publié dans une revue scientifique ne sera pas mis en cause, mais le même article paraissant dans la presse sous une forme vulgarisée le sera. ». Il est exact que ce cas de figure n’est pas à exclure. Mais pour qu’il se réalise il faudrait cumuler les trois conditions d’application de la loi. A savoir publier dans la presse grand public un article qui, contre les faits, attribuera les crimes nazis du IIIème Reich à l’Etat ou la Nation polonaise. Or depuis toujours la Pologne est considérée comme une victime de la seconde guerre mondiale. L’Etat polonais n’a pas collaboré avec l’occupant, au contraire. La Pologne a été en partie annexée ou mis sous contrôle administratif allemand. Jusqu’à présent tous les historiens s’accordaient sur le fait que l’Etat polonais n’a pas collaboré avec les nazis qui estimaient les Polonais comme une sous-race et dont ils éliminèrent 17% de sa population. Donc un article qui attribuerait des crimes nazis à l’Etat polonais serait forcément une révision importante de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Si ce cas n’est pas envisageable peut-on alors attribuer à la Nation polonaise une partie de la responsabilité des crimes nazis ? Ce serait affirmer que collectivement les Polonais sont responsables. Ce serait alors aussi une révision importante de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Rappelons que, notamment, la Pologne est le pays qui compte le plus de justes parmi les nations et que nombre de Polonais ont essayé avant tout de survivre pendant cette période. A priori donc les inquiétudes des pétitionnaires sont infondées. Sauf à ce que certains tombent déjà sous le coup de cette loi.
Si l’on regarde de plus près cette pétition, on peut s’interroger sur sa volonté de protéger un certain courant. Celui de Jan T. Gross (cité en exemple dans la pétition) et ses disciples qui ambitionnent de révolutionner l’historiographie polonaise. Jan T. Gross, à l’origine  sociologue, est l’auteur du livre « Les voisins :10 juillet 1941, un massacre de Juifs en Pologne ». Ce livre est controversé par nombre de spécialistes de l’histoire polonaise. Ce dernier revient sur le massacre atroce de Juifs par des Polonais à Jedwabne . Il est intéressant de noter que ce massacre est souvent cité dans la presse française qui ne modère pas la version de Gross et notamment les critiques d’historiens Américains, Français et Polonais. On rappelle très rarement que dans ce petit village non seulement les Allemands étaient présents mais, qui plus est, filmaient et photographiaient le massacre. On ne sait toujours pas s’ils ont organisé ce massacre, l’ont incité ou encadré. Mais de fait leur présence avérée avec des cameramen peut laisser soupçonner une préméditation. Dans tous les cas le massacre de Jebwane a été perpétré par certains Polonais, on ne peut dignement l’attribuer à la Nation ou l’Etat Polonais. Notons également que M. GROSS a fait scandale en déclarant en Allemagne « Les Polonais n’étaient pas sans raison fiers de la résistance qu’ils ont faite aux occupants nazis, mais en fait, pendant la guerre, ils ont tué plus de Juifs que d’Allemands ».
Les autres historiens de cette « école de pensée » ne sont pas en reste et sont quasiment les seuls à intervenir dans la presse grand public française. Ainsi dans Libération, Mme Engelking déclare : « Les Polonais sont en partie responsables de l’Holocauste ». Lorsque l’on dit les Polonais, cela ne signifie-t-il pas tous les Polonais dans leur ensemble ? Sans être historien mais en faisant œuvre d’un d’esprit critique tout en se rappelant nos cours d’histoire, n’est-ce pas une révision de l’histoire que l’on nous a apprise à l’école ?
M. Potel (un des auteurs de la pétition) dans une interview à BFMTV se scandalise que dans les nouveaux programmes scolaires polonais « La Pologne sera présentée comme une victime innocente des Allemands, oubliant les Polonais complices. » La Pologne est une victime innocente ? Cela veut-il dire qu’elle est une victime qui mériterait son sort ou alors que la Pologne (et non certains polonais) serait complice? Dans ce dernier cas ne peut-on se demander si n’est pas encore une révision de l’histoire admise ?
La loi votée par le parlement polonais pourrait effectivement poursuivre ses propos s’ils ne sont pas étayés par des faits et s’ils sont tenus publiquement. Par contre ces historiens ont tout le loisir de d’essayer de démontrer leurs dires dans le cadre de leurs recherches. En quoi est-il choquant de leur demander de prouver leurs affirmations? Surtout lorsque ces dernières, si elles sont inexactes, calomnient un pays ou une nation ? Si des historiens démontrer demain que l’Etat ou la Nation polonaise sont responsables ou coresponsables des crimes nazis ce serait une révolution. Par contre l’affirmer publiquement sans se baser sur des faits, n’est-ce pas de la calomnie? Cette interrogation est certes choquante mais nous ne doutons pas que les auteurs et signataires de la pétition réclamant le droit de s’affranchir des faits pour attribuer publiquement la responsabilité ou la coresponsabilité des crimes nazis à la Pologne, ne s’offusqueront pas de ce questionnement.

Patrick Edery

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Publié dans opinions
44 commentaires pour “Pologne : une pétition révisionniste, par Patrick Edery
  1. Réal Bergeron dit :

    Que la Pologne, hypocrite et négativiste, enlève ses oeillères à la mémoire de l’histoire qui ne sera jamais oubliée.

    En l’occurrence, le massacre de Juifs en 1941 à Jedwabne.

    Génocide Juif par leurs voisins polonais.

    Soyez assuré que les nazis ont bien apprécié cette initiative polonaise.

  2. pas d'accord avec votre lettre M. Edery dit :

    M. Edery n’a pas compris, il ne s’agit pas de mettre en cause l’ensemble de la « Nation » polonaise et bien évidemment l’Etat polonais puisqu’il était en exil à Londres !

    Par contre, les recherches récentes des bons historiens polonais se sont concentrées en effet sur la participation à des pogroms (et ce dès les années 1930), à l’antisémitisme y compris au sein des universités, quand les Juifs étaient obligés de s’asseoir sur les bancs du fond des amphis, ou carrément bastonnés.

    Les recherches récentes ont aussi montré une sorte de participation « artisanale » à la Shoah, la chasse aux Juifs dans les forêts, les maitres chanteurs, les profiteurs, les délateurs. Et elle s’est portée aussi sur les pogromes de l’après guerre comme Kielce en 1946, qui a montré que l’antisémitisme ne s’était pas éteint durant la guerre.

    Cela ne retire rien au courage des milliers de Polonais qui ont caché au péril de leur vie des Juifs, les ont aidés etc. Ni à la résistance polonaise et à son action de sauvetage des enfants.

    Mais il faut regarder l’histoire en face: oui certains polonais ont participé à la Shoah, certains ont collaboré avec les nazis, certains étaient antisémites sans être des collabos aussi. C’est complexe et comme toute chose complexe nécessite une liberté de recherche et d’expression.

    • marie dit :

      Vous vous moquez de nous en disant  » plusieurs milliers de polonais….. »
      Sur 3 millions de morts juifs et sur une population de dizaines de millions chrétiens polonais on trouve que 6700 Justes et en France pour 300000 juifs on trouve 470 juifs
      Le fait grave est la tuerie dans des circonstances abominables , le violé es habitations et des biens, le pillage…lkes conversions à la fin et apres la guère : ce sont des crimes contre l’humanité
      Et avouons le les églises catholiques poussés également par Pie 12 ont donné le feu vert à tous ces massacres
      Pas d’oubli pas de pardon pour cette racaille de peuple qui ne veut pas reconnaître son histoire criminelle contre les juifs polonais ,leurs voisins!!!

      • marie dit :

        S’en France on trouve 4700 juste set non 470

      • Patrick Edery dit :

        Je pense que vous confondez beaucoup de chose. Les Allemands ont été d’un violence inouïe avec la population polonaise aussi la plupart des Polonais ont d’abord essayé de survivre. De plus il y a surement beaucoup plus de Justes polonais mais hélas les Allemands en Pologne ont été particulièrement efficaces en les assassinant eux et leurs protégés. Vous ne vous rendez pas compte à quel point la Pologne a été martyrisée. D’abord les nazis puis ensuite les soviétiques. Les deux plus grandes tyrannies se sont acharnées sur ce pays. Aussi retrouver les Justes dans ces conditions, retrouver les témoins de leurs actes, est bien plus difficile qu’en France.

        • André dit :

          Après guerre les soviétiques n’ont pas fait de la Pologne un immense camps d’extermination de population ni ne se sont comporté comme les nazis l’ont fait. Faut arrêter ces comparaisons ineptes. La Pologne communiste n’a rien à voir avec la Pologne sous la botte nazie.

          • Patrick Edery dit :

            Où voyez vous une comparaison? J’énonce juste un fait les deux plus grandes tyrannies: les nazis et les communistes. C’est faux? Je ne les compare aucunement je les nomme.

    • Patrick Edery dit :

      J’ai très bien compris, je pense que c’est vous qui n’avez pas compris ou n’avez pas lu mon texte:
      1. D’abord cette loi ne touchera pas tout ce qui s’est passé avant 1939. Donc je ne comprends votre paragraphe sur l’antisémitisme polonais d’avant guerre.
      2. Vous avez raison de dire qu’on ne peut mettre en cause la Nation et l’Etat polonais. C’est tout ce que demande la loi. Cette loi ne s’appliquera pas au reste de vos affirmations. Je pense que vous n’avez pas lu mon texte. Je vous invite à le faire.
      3. Pour le Grand Rabin de Pologne, cette loi: « ne condamnera pas la vérité, mais seulement les mensonges ».

  3. Azriel dit :

    Excellent article de Patrick Edery, malgré quelques erreurs de forme.

    Illustrons le propos davantage moyennant la comparaison entre la France et la Pologne ; certes pendant la guerre mais pas seulement :

    • En 1933 la Pologne comptait 3 millions de Juifs ; en faisant, de loin, la première communauté juive d’Europe (notons qu’au 19eme siècle, avant la vague migratoire vers les Etats-Unis, elle fut la première du monde). La France, en 1933 n’en comptait que 250 000 ; douze fois moins, alors qu’elle est plus grande et plus peuplée que la Pologne. Le quartier de Varsovie devenu ultérieurement « le Ghetto » était, en 1933, simplement le quartier juif ; passablement prospère comparé au reste de la ville (et du pays, sachons-le) il en coïncidait avec le centre.
    • Les Juifs furent-ils maso au point d’habiter plutôt une Pologne malade de son antisémitisme que la France ? Pourquoi préférèrent-ils, aussi massivement, vivre en Pologne qu’en France ?
    • Ce n’est pas la Pologne qui condamna un officier innocent au bagne uniquement à cause de sa (discrète, d’ailleurs) judéité.
    • Ce n’est pas la Pologne qui fut gouvernée, pendant la guerre, par un régime collaborationniste et viscéralement antisémite.
    • Ce n’est pas la police polonaise qui remit de dizaines de milliers de Juifs à l’occupant pour les livrer à l’extermination.
    • On peut attribuer de crimes de guerre à des individus polonais, non au pays, encore moins à la nation. En France ces crimes furent, sans doute aucun, du fait de l’Etat : le gouvernement et ses lois antisémites, promulguées et appliquées sans que l’occupant nazi ait à intervenir.

    Ceux qui poussent, en France, de cris d’orfraie contre cette tentative polonaise (maladroite peut-être…) de combattre la campagne de dénonciation calomnieuse à son encontre devraient balayer devant leur porte.

    • Patrick Edery dit :

      Merci Azriel pour votre commentaire et vos précisions

    • André dit :

      « Les Juifs furent-ils maso au point d’habiter plutôt une Pologne malade de son antisémitisme que la France ? Pourquoi préférèrent-ils, aussi massivement, vivre en Pologne qu’en France ? »

      Comparaison n’est pas raison. Il faut d’abord connaître l’histoire de la présence de juifs en France et en Pologne, qui étaient-ils et d’où venaient-ils. L’ U.E. n’existait pas encore à ces époques et je doute que les juifs pouvaient s’installer où bon leur semblaient simplement en « choisissant »…

      • Patrick Edery dit :

        Comment expliquez-vous qu’ils étaient si nombreux en Pologne?

        • André dit :

          Lisez un livre d’histoire des juifs polonais comme ceux de Daniel Tolet ou de Henri Minczeles et vous le saurez.
          En ce qui me concerne je pense simplement que les juifs ne se sont pas dit au Moyen-Age : « Allons en Pologne c’est mieux qu’en France »… D’autant moins que les frontières à ces époques pour des entités comme « France » et « Pologne » étaient encore peu définies et très mouvantes.

          • Patrick Edery dit :

            Vous ne pourriez pas, s’il vous plait, nous faire un petit résumé de ces 2 livres et nous expliquer pourquoi il y avait 12 fois plus de Juifs en Pologne qu’en France en 1933? Soit 10% de la population polonaise et 0,6% de la France. Cela ne vous interroge pas un petit peu?

          • Azriel dit :

            Puisque vous nous conseillez de lire un livre d’Histoire, commencez déjà par le faire.

            Le début de l’installation massive des Juifs en Pologne date du roi de Pologne Casimir dit justement « Le Grand » qui, au 14eme siècle, ouvra grand la porte aux Juifs, les déclarant les bienvenus, leur octroyant de terres peu peuplées à l’est du royaume et le droit de circuler partout.

            Le pays étant accueillant et fertile, les juifs continuaient à s’y installer pendant de siècles.

            Sachant qu’à l’époque de Casimir il n’y avait presque plus de Juifs en France suite surtout au sort que leurs réservèrent les croisés.

            Cette différence entre l’attitude de le France et de la Pologne à l’égard des Juifs est une constante.

  4. CHARLES dit :

    Pays maudit, bien sur qu’il ya une petite minorité de « justes parmi la nation « qu’il faut respecter et remercier mais hélas la majorité qui a bien sentie et vu se que dégager les cheminer des fours crématoires et qui veut nier ,rappeler que les Juifs qui se sont sauver en Russie et leurs retour dans leurs propres demeures vont être massacrer des mains de polonais par milliers ils Ya des villes ou ne vit plus un Juif mais les slogans et des caricatures très touchantes décors les murs comme a Lodz.bien des ruisseaux de larmes ont été versés.hélas hélas aujourd’hui des juifs vont revenir et s’installe dans les gd ville maudites comme Varsovie,loubline,etc crée des centres Talmudiques ou pour commerces sur les taches de sang de leurs frères.
    Honte a eu….. honte a eu…..

  5. Patrick Edery dit :

    Je vous invite à lire le commentaire d’Azriel plus haut et de vous demander pourquoi les Juifs étaient si nombreux dans ce « pays maudit ».
    Voici ce qu’en dit Shevah Weiss, survivant de l’Holocauste, ancien député de la Knesset, Président du conseil de Yad Vashem:
    « Je voudrais que les jeunes juifs entendent la vérité. Dans de nombreux pays européens il y avait des gouvernements qui collaboraient avec l’Allemagne Nazi: la France, la Norvège, la Slovaquie, la Hongrie, la Croatie, mais il n’y pas eu d’Etat polonais collaborant avec Hitler! La Pologne a été une glorieuse exception en Europe. »

  6. fautpasnousprendrepourdesschmoks dit :

    Personne ne pourra faire croire à ceux d’entre nous qui ont eu ou ont encore des parents qui ont quitté la Pologne dans les années trente, que les relations entre les juifs polonais et leurs « voisins » polonais étaient bonnes.

    En 60 ans, mon père (zal) n’a jamais regretté d’être parti de Pologne.

    Il n’a jamais exprimé l’idée de retourner vivre dans ce pays ni même simplement d’y séjourner ne fût-ce qu’un instant.

    Pourquoi d’après vous ?

    Si la réponse n’est pas immédiate, faites marcher votre « seykhel » (cerveau).

    A guitt « shabès » (shabbat)

    • Patrick Edery dit :

      Vos arguments sont d’une telle intelligence que je m’incline et laisse parler un des plus illustres Juifs Polonais: Shevah Weiss, survivant de l’Holocauste :
      « Je voudrais que les jeunes juifs entendent la vérité. Dans de nombreux pays européens il y avait des gouvernements qui collaboraient avec l’Allemagne Nazi: la France, la Norvège, la Slovaquie, la Hongrie, la Croatie, mais il n’y pas eu d’Etat polonais collaborant avec Hitler! La Pologne a été une glorieuse exception en Europe. » Je vous invite à lire sa bio sur wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/Shevah_Weiss

      • André dit :

        Il n’y a pas eu d’État polonais collaborant avec Hitler ? La bonne affaire !

        État Français collaborateur : 90% des français juifs survivants.
        État polonais non collaborateur : 90% des polonais juifs morts.

        Peut-être eut-il mieux valu qu’il y en eut un…

        • André Mamou dit :

          Non ! En France 1/3 de déportés et 2/3 qui ont survécu

          • André dit :

            Vous avez raison mais je parlais uniquement des juifs ayant la nationalité française, la majorité des déportés étaient étrangers.

            Pour les français c’est estimé à 24.000 morts (source Klarsfeld) sur une population estimée en 1939 entre 150 et 200.000 nationaux. Soit effectivement entre 12% et 16% et non 10%.

            Cela fait quand même 85% de juifs de nationalité française ayant survécu sous Vichy. Pour les juifs étrangers c’est une autre histoire malheureusement.

  7. André dit :

    « Rappelons que, notamment, la Pologne est le pays qui compte le plus de justes parmi les nations et que nombre de Polonais ont essayé avant tout de survivre pendant cette période. »

    Oui il semble plus facile de compter les justes que les injustes, trop nombreux peut-être…

    • Patrick Edery dit :

      Peut-être, mais cela doit être prouvé et ne peut être énoncé juste parce que cela convient à nos préjugés. C’est trop grave d’affirmer qu’un pays est coresponsable de l’holocauste avec l’Allemagne.

      • André dit :

        Extrait d’un article paru en 1944 dans The Nation, le journal des Démocrates Chrétiens polonais : « Le problème juif doit être résolu par une émigration graduelle des Juifs qui après la politique allemande d’extermination sont encore en vie… Le point de départ sera la confiscation par l’Etat des propriétés juives sans héritiers … »

        Après quelques massacres perpétrés entre 1945 et 1947 pour bien leur faire comprendre, et donc sans plus aucune occupation nazie, c’est 100.000 juifs polonais qui partiront…

        • Patrick Edery dit :

          Pourriez-vous svp m’envoyer un lien ou une source? Le titre de ce journal polonais est The Nation? Vous auriez la date exacte et le lieu d’édition svp? Merci d’avance.

          • André dit :

            Non ce n’était pas un journal polonais bien sûr mais celui des démocrates-chrétiens en Angleterre dans lequel un polonais s’exprimait apparemment. Je vous laisse vérifier.

            source : http://www.europe-israel.org/2017/09/lelimination-des-juifs-de-pologne-apres-la-guerre-1945-1947-par-marc-andre-chargueraud/#_ftn2

            • Azriel dit :

              Ce lien n’est donc pas un journal polonais mais le site juif francophone Europe-Israel qui n’a rien de polonais et dont je ne me porterais pas garant de la fiabilité, si vous voyez ce que je veux dire.

              L’article est signé « © Marc-André Charguéraud pour Europe Israël News » ; Charguéraud étant né en 1924 (94 ans, si je ne m’abuse) je ne parierais pas sur l’authenticité de la signature ; on en a vu d’autres, textes attribués à de personnage connus (mais décédés ou trop âgés pour réagir) qui s’avèrent, à la vérification, être des FAKE.

              D’autant plus que les sources citées dans l’article sont bien numérotées (1,2 etc) mais cliquer dessus renvoie à l’article lui-même… Sources donc invérifiables ; m’est avis : fausses.

              Bref, vous vous laissez empoisonner par la propagande et vous tentez de nous empoisonner à votre tour.

            • Azriel dit :

              Etre victime de propagande est une chose ; consentante voire complice, une autre.

              Vous dites ci-dessus « journal…des démocrates-chrétiens en Angleterre ».
              Le mot « Angleterre » est absent de l’article (certes douteux) qui vous sert de source.
              Vous « améliorez » donc la propagande en lui apportant de « précisions ».

              MAIS «en Angleterre » il y’a de conservateurs (le parti « Tory ») et de « travaillistes (« Labor »). Aucun n’est « démocrate-chrétien », notion plutôt latine ayant cours sur le continent (Allemagne, Italie).

              Du vent que tout ça.

              • André dit :

                Arrêtez votre cinéma, le texte parle d’un article du 20 janvier 1942 et renvoi à une note avec source alors allez vérifier vous même puisque vous êtes si tatillon et que vous ne faites pas confiance aux sites « juifs »…

                • Azriel dit :

                  Le texte peut parler de ce qu’il veut; même de Mathusalem; encore faut-il apporter les sources.
                  Si vous étiez capable d’étayer vos dires j’aurais été moins tatillon.
                  Je vous mets au défi de trouver une source digne de foi.

        • Azriel dit :

          Il serait utile d’apporter une preuve de cette phrase ; au moins un lien web. Pourquoi un journal polonais porte un nom en Anglais, quelle fut la langue d’origine du texte, quelle fut le contexte et qui est responsable de la version française que vous citez ?

          Le dernier paragraphe de votre commentaire étant de votre propre plume, il est une association d’idées libre dont vous êtes seul responsable et dont le lien avec le texte attribué au journal « polonais » est au moins incertain.

          Par ailleurs : qu’un nombre important de Juifs polonais (survivants, en principe) quitta la Pologne dans la suite immédiate de la guerre est indéniable.
          Est-ce étranger au rideau de fer qui menaçait déjà de tomber, entrainant la glaciation de l’Europe de l’Est et le risque d’une impossibilité de partir ultérieurement ?
          Est-il faux que de nombreux Polonais « de souche » tentèrent de partir à cette époque, mais ce fut beaucoup plus facile pour les Juifs, « encouragés » au départ (merci, la Pologne ! Un grand service rendu vu la suite des évènements) et aptes à trouver de terres d’accueil ailleurs?

          • André dit :

            Bref, les braves polonais n’ont rien à voir avec le fait que 90% des juifs polonais sont morts. Quant à ceux qui sont parti après 1945 rien à voir non plus avec l’attitude de certains polonais. Les seuls et uniques responsables sont les allemands et les russes soviétiques…

            Bravo et bonne continuation…

  8. Azriel dit :

    Tout est relatif en ce bas monde.

    Mon père a fui la Pologne en 1939 (vers la Russie) dès l’invasion allemande ; au début de la guerre donc.
    Mon beau-père l’a quitté en 1932 pour mieux gagner sa croute en occident (en France, en l’occurrence) ; pour de raisons essentiellement économiques donc.
    Je n’en ai jamais entendu aucun prononcer une parole hostile à l’égard de ce pays et de ses habitants.

    S’il est vrai qu’aucun des deux n’a songé revenir y habiter, ni même en visite, (comme le vôtre d’ailleurs) c’est que le rideau de fer est tombé dans l’immédiat après-guerre et le régime communiste inféodé à l’URSS rendait ce pays assez invivable pour ses habitants et désagréable, voire risqué, pour les visiteurs.
    Les plus mal lotis ayant été les Polonais « de souche », pour lesquels l’émigration était certes douloureuse mais aussi dangereuse voire impossible.

    Pourtant ils s’en échappaient ; en témoignent les importantes communautés polonaises catholiques en Occident, surtout anglophone (ceux de France sont arrivés essentiellement au début du 20eme siècle pour travailler dans la mine).

    Il faut se mettre bien au fond du crâne que la douloureuse Histoire que certains ici considèrent comme spécifique aux Juifs en Pologne était, en vérité, polonaise ; parfois pire pour les autochtones que pour les Juifs.

    C’est mon beau-père qui m’a balancé, un jour, ceci : « les Juifs polonais n’avaient que de pommes de terre à manger ; mais les paysans locaux en mangeaient les épluchures ».

    Prenez mieux connaissance de l’Histoire, souvent tragique, de la Pologne et faites marcher votre « seykhel ».

  9. fautpasnousprendrepourdesschmoks dit :

    Est-ce que vous pensez que losu żydowskich ofiar niemieckiego ludobójstwa nie można izolować od cierpienia ofiar innych ludobójstw ?

    • Patrick Edery dit :

      Je ne suis pas certain de comprendre le sens de votre question. Pourquoi voudriez vous dénier aux victimes de l’Holocauste le caractère unique de ce génocide ?

    • Azriel dit :

      Il eut été intéressant de traduire cette phrase en Polonais (que je comprends d’ailleurs sans difficulté) si elle présentait un intérêt quelconque.
      Mais il est inutile de réagir à de généralisations prononcées par j’ignore qui dans j’ignore quel contexte dans le but de noyer le poisson.
      Je ne m’engage pas dans un débat stérile sur le sexe des anges.

      Vous devriez d’ailleurs changer votre pseudo ; personne ne prend personne pour ce que vous savez.

  10. Azriel dit :

    Apprenez la vie du général Anders, un véritable De Gaulle polonais MAIS présent, non dans un bureau à Londres mais sur le champ de bataille, et l’armée polonaise en exil pendant la guerre :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/W%C5%82adys%C5%82aw_Anders

    Courage et abnégation ; respect et honneur à sa mémoire et à ses soldats.

  11. André dit :

    Tout mettre sur le dos de l’Allemagne et des allemands pour disculper le reste des pays européens et de l’attitude d’une partie de leur population est trop facile, malhonnête et faux historiquement.

    • Azriel dit :

      Disculper le reste des pays européens ? Lesquels ? Ai-je disculpé, par exemple, la France ?
      Le sujet est la Pologne, vue sa nouvelle loi. Ne tentez pas de changer de sujet.

  12. OLIVIER COMTE dit :

    TRIBUNE JUIVE avait publié un article remarquable sur les massacres de juifs survivants en Pologne, après la défaite nazie et avant le régime communiste. Contrairement à la France, il n’y eut pas de participation de l’Etat à l’Holocauste puisque le seul Etat était nazi. Cependant, il est évident que la violence de l’antisémitisme en Pologne a favorisé l’Holocauste. La vieille haine contre les Juifs, toujours présentés comme étrangers, quelle que soit leur ancienneté dans le pays et leur contribution au génie national, était renforcée par la haine anti-communiste et l’amalgame habituel juifs/communistes, tout cela soutenu par le caractère autoritaire/fasciste du régime et l’antisémitisme violent de l’Eglise catholique. Le chaudron antisémite était chauffé à blanc même si les responsables habituels de l’antisémitisme n’étaient plus là pour agiter la louche: les officiers, aristocrates et prêtres étaient massacrés systématiquement par les nazis, au même titre que TOUS les Polonais.
    Cette haine raciale anti-polonaise et anti-russe semble trop facilement oubliée aujourd’hui. Expliquer n’est pas justifier mais il faut comprendre que les Polonais modernes soient outragés par cet oubli. Ils pensaient être sanctifiés par leur martyre aux mains des Soviétiques et ils croient toujours être évoqué l’Holocauste et l’indéniable responsabilité polonaise, sans qu’on parle de la tentative de génocide nazi du peuple Polonais. Himmler disait que les Polonais (et les Russes) n’étaient même pas des animaux et tout servait à les massacrer: liquidation des élites, combats, répression de la Résistance, travail forcé. Je ne connais pas les pertes mais elles furent immenses. Il faut parler de ce martyre, non pour écarter la tragédie majeure de l’Holocauste mais pour réconforter ce peuple héroïque qui n’a jamais caché son nationalisme exacerbé.
    Je ne vois pas l’opportunité des insultes contre le pape Pie XII dont le nonce en France ne put forcer la résistance des responsables de l’Eglise. Les archives sont maintenant connues. Si on veut considérer les pertes française par catégories, les rabbins sont évidemment les premières victimes mais les prêtres catholiques sont les seconds. On peut examiner le fanatisme anticommuniste et anti-orthodoxes du clergé catholique Croate si on recherche des criminels, les pleurnicheries d’Evelyn Waugh ne purent masquer la vérité.

    • Patrick Edery dit :

      C’est votre vision de l’histoire (radicale) que je ne partage pas. La mienne est très proche de celle de Serge Karsfeld dans cette interview:http://jewpop.com/serge-klarsfeld-tous-ceux-qui-evoquent-les-camps-polonais-insultent-la-pologne/

      PAR CONTRE je ne peux vous laisser dire que la violence de l’antisémitisme en Pologne a favorisé l’Holocauste. Dire cela n’a rien de scientifique (il faudrait l’évaluer et comment?) c’est votre impression. Surtout c’est terrible car c’est dilué la responsabilité de l’Allemagne. Avec ou sans l’antisémitisme polonais il y aurait eu l’Holocauste, la machine mise en place était tellement implacable et perverse que même des non-antisémites ont collaboré et participé (de force ou non) à l’Holocauste.

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