Ce 13 novembre Viens mon petit garçon mon enfant mon amour, par Sarah Cattan

C’est seulement au petit matin que toi tu t’es souvenu que c’était le 13 novembre Avant même de mettre les nouvelles Ben oui ça va revenir tous les ans Faut que tu t’habitues

Y aura le 7 janvier et puis aussi la semaine du 11 au 19 mars Tout ça dans l’ordre Mais t’inquiète au milieu y aura Le Père Noël Enfin pour les crèches je peux même plus trop te dire Tiens y aura la Saint Sylvestre et même la Saint Valentin Ça nous fera comme des pauses Histoire qu’on reprenne notre souffle  Hier donc forcément t’avais ceux qui allaient rester scotchés aux chaînes d’info en continu Ceux qui allaient décider de rejoindre les lieux de recueillement Toi t’as pu t’offrir ce grand luxe Zapper tout ça J’ l’allumerai pas la télé J’l’écouterai pas France Info D’ailleurs ça tombe bien Rien qui m’oblige à prendre ma voiture Rien qui m’entraîne à regarder les titres devant le kiosque Du travail Encore du travail Tiens ce que je vais faire c’est le désactiver ce Facebook dévoreur de temps Et puis aussi Twitter dans la foulée J’vais laisser passer en boucle cette chanson débile Cette machine à tristesse

T’as remarqué plus personne ne parle de l’angoisse de la page blanche On dit quoi aujourd’hui Et d’ailleurs y a peut-être plus d’angoisse Tout le monde est inspiré Tout le monde écrit des chroniques et puis aussi des Tribunes

Jadis existaient les Essais Tu imagines la modestie que ça sous-entend Aujourd’hui T’es Plenel ou T’es Charlie Et t’en as même une qui dit on est pas obligé de choisir

Toi t’es face à ton écran Ton clavier qui bloque au détour d’une phrase Il semble aux ordres Il te dit ben tu fais quoi là

Toi en réalité ce matin tu t’en fous Mais alors tu t’en balances de tes sujets en cours Tu essaies de comprendre pourquoi hier ils te paraissaient urgents à traiter Tu balaies tout ça distraitement Tu passes de l’un à l’autre Tarik Ramadan t’as plus envie d’en parler Tes potes le font très bien Et puis Balance ton porc c’était pas trop ta cup of tea mais voilà Aurait fallu beaucoup travailler pour expliquer Certes y a lui qui a écrit un bouquin sur la shoah Et toi tu sais pas pourquoi à lui tu as dit Je m’en occupe Y a bien cette série The Meyerowitz Storie dont tu as envie de parler Et puis surtout t’as ce gros sujet Ce scandale à la mairie de Bagnolet qui décidément va bientôt battre les Balkany Les Conseils municipaux là bas C’est Au théâtre ce soir avec un mauvais vaudeville Et puis y a aussi les élections au Consistoire Un homme et une femme Quel cran elle a d’y retourner Mais toi T’avances pas Comment traiter de cette grande mascarade encore Des élections au Consistoire

Au téléphone t’as l’élue de Bagnolet Remontée sur ressorts Elle en finit plus A raison C’est fou ce qu’elle te raconte Et toi t’as déjà tout validé Quelle imposture Tu dois raconter ça

Mais tu sais pas pourquoi Tu mets le haut parleur Tu écoutes de moins en moins cette femme que tu estimes tant Toi tu regardes ton écran Ne dis pas non Je te vois

Franz en double appel Tu pourrais saisir le prétexte Tu saisis rien du tout T’écoutes l’élue Y a cet échange de textos avec Gaëlle Ça tu gères L’élue elle est sur haut-parleur Elle vérifie à peine si t’es toujours là Tu clos l’échange de textos avec le bisou d’usage Tu te surprends à ajouter C’est le 13 novembre aujourd’hui Mais elle est passée à autre chose Un rendez-vous sans doute

Ouf pendant ce temps l’élue se rappelle qu’elle a un truc urgent Affaire conclue Tu vas bosser avec elle

Tu te souviens et tu rappelles ton double appel Que voulait-il Ben rien il appelait comme ça Avec lui comme souvent tu parles de tout de rien Surtout de tout Tu t’entends lui dire C’est le 13 novembre Lui il répond Ce matin va savoir pourquoi Je me disais un attentat au collège Ben oui forcément ton fils est aussi un père Non on changera rien On résistera On continuera à aller aux concerts Et puis aussi aux matchs

Les autres coups de fil tu les prends pas T’arrives pas Tu te prends à te dire que décidément t’es bizarre aujourd’hui Toi qui as toujours décrété et n’as jamais voulu en démordre que la Shiv’ah  t’étais contre Tu repenses à l’impérieuse nécessité dont ils ont tenté de te convaincre Toi t’es scotchée face à ton écran Ce texte Quel texte

T’as laissé personne aujourd’hui interférer Zone interdite Espace privé Pourtant tant de gens que tu aimes Même que parfois tu te dis Y a trop de gens à aimer T’es invitée T’as promis de l’organiser ce dîner Ça te paraît dérisoire Cherche pas pourquoi Habitue-toi

T’avais zappé un truc T’avais oublié de le désactiver ton Smartphone Et est arrivé ce qui devait arriver T’as fait quoi Tu l’as regardé Trop tard T’es mort

Se mettent à pleuvoir les flash info Brigitte Macron en larmes aux commémorations Sur la photo tu le vois ton Président Le gamin Il prend dans ses bras un parent Tu regardes la photo Tu lui dirais presque merci Pour une fois il a décidé de pas prendre la parole  Ça servait à quoi Regarde  Ils ont tous une tête de coupable Hollande Cazeneuve Collomb Toi tu tapes Ministre et Va savoir pourquoi ton clavier il tape monstre

C’est quoi ce flash info Nolwenn Leroy T’as rien contre elle Mais Ça existe vraiment la soirée Winter Time 2017 du Comité du Faubourg Saint-Honoré Et ces gens qui te promettent la plus glamour des Tombolas et même que la jolie bretonne elle procèdera aux illuminations Je t’avais dit Noël c’est demain Toi tu regardes ton clavier Tu te demandes si un clavier ça fait des lapsus

Tu sais pas pourquoi Tu repenses à cet enfant interviewé le 13 novembre 2015 Quand il disait les méchants c’est pas gentil Faut qu’on s’en aille Papa Ils ont des armes Mais non T’inquiète pas lui répondait son papa Nous on a des fleurs et puis même des bougies Et toi te souviens que le gamin ben ça l’avait pas fait dans sa tête Même qu’à la fin il avait répété l’air sceptique Bon ben alors puisqu’on a des bougies et des fleurs  hein

Et puis voilà T’as cet ami qui poste les photos des stèles d’hommages Qui te fait remarquer Pas une qui le nomme l’ennemi T’avais pas fait gaffe T’en reviens pas d’avoir zappé ça

T’es en colère Contre Eux Contre Toi Tu te dis On a fait quoi On a brassé de l’air Ils nous parlent de terrorisme exogène qui serait devenu endogène Peut-être l’inverse Tu t’en fous parce que tu les crois plus quand ils te parlent de victoires De ces terroristes sans territoire Et tu sais bien que ça change rien Qu’ils aient ou pas un Etat Puis tu repenses à cette effarante coïncidence cette indécence T’es obligé d’aller vérifier pour y croire nos 130 morts et ces 130 quoi Intellectuels Célébrités Ces Signataires Qui n’ont pas trouvé mieux que de se rallier au collabo Plenel

Tu respires et puis tu vois que des potes à Marwan Ben non ils pourront pas entrer le visiter Israël leur a dit niet Toi tu te dis qu’est-ce que ça aurait été si j’avais perdu mon enfant Tu sais que à jamais ça piquera Ça revient en boucle Noel qui approche les cadeaux la bûche

Tu sais bien que every thing is over control Mais là t’as tout zappé Tu sais même plus si tu la veux ta dose d’anesthésiant Y en aura d’autres des jolies rencontres Même que tu savais pas que ça pouvait exister ces secondes sans sens Cet instant de grâce qui te donnerait envie de dire merci à un Dieu Mais tu te souviens que toi, ben t’es pas croyant

Tu jettes encore un œil sur les flash info de ton Smartphone Non Non Non T’achèteras pas le 8 Et puis pas le X non plus Qu’est ce qu’il dit Goldnadel Il dit que c’est bon la France se reprend en mains Que les prières de rue la France elle en veut plus Qu’elle veut plus se prostrer la France Mais alors pourquoi il ajoute qu’à Clichy au même moment Pour le même prix on te distribuait quelques tracts en vue de l’élimination des “mécréants et des juifs

Tu l’avais oublié dans tout ça mais tu retombes sur le prédicateur Tu apprends que c’est grâce à lui et ses soutiens qu’à Genève on n’a plus joué  Le Fanatisme ou Mahomet le Prophète tu sais cette pièce de Voltaire censurée à sa sortie pour scélératesse, irréligiosité et impiété Mais ça c’était avant comme dit la pub de Krys Et Toi tu vois quoi ? Tu vois que notre Tartuffe à nous Il a bien œuvré Puisque même lors du 300ème anniversaire de la naissance de Voltaire la censure opèrera  Frère Tariq il a argué des sensibilités malmenées et blessées d’une minorité religieuse Toi tu te dis que tu rêves Faire taire Voltaire Qui de son propre aveu admettait que pour démontrer les méfaits du fanatisme il avait fait Mahomet plus méchant qu’il ne l’était

Voltaire qui de Mahomet avait fait un imposteur un fourbe Ecrivait Rousseau dans un texte d’éloge Tout ça pour ça Tu voulais répondre au petit garçon Oui y a des méchants Des terroristes Des terroristes islamistes Viens mon petit garçon mon enfant mon amour Ça sert pas à ça les fleurs Va jouer Nous on sait pas encore très bien comment on va te sortir de là Mais la photo est moins floue Les signataires On marchera pas avec eux Regarde Coco Et puis Riss Ils ont pas de kalash Puis ils ont pas de fleurs non plus Des petits cœurs Ils en mettent pas Viens on va marcher avec eux

https://www.facebook.com/LPJofficiel/videos/1013093998733798/

Sarah Cattan

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Publié dans opinions
4 commentaires pour “Ce 13 novembre Viens mon petit garçon mon enfant mon amour, par Sarah Cattan
  1. une lectrice dit :

    Je vous lis souvent même un peu plus…mais là…c’est illisible, tellement mal écrit.
    Je veux bien, le coup du souffle court mais bon…on écrit pas comme on parle, hein!??

  2. Sarah cattan dit :

    Bonjour a « une lectrice »
    Quelques mots que je vous dois alors. En guise d’explication . Oui cnest un choix. Ça porte même un nom et depuis Édouard Dujardin en passant par James Joyce ou Albert Cohen, certains se sont intéressés au Monologue interieurs, sorte de retranscription par un magnétophone de ce qui se percute dans nos têtes à tous. Lorsqu’on passe du coq à l’ane. Je ne sais pas si je suis claire. L’absence de ponctuation et de syntaxe classique sont la règle. La majuscule aide à suivre l’idee qui suit. Voilà ce n’est Pas, vous l avez dit, mon style. Je l’ai toutefois choisi ce matin – là tant il correspondait au mieux au fracas dans mon cerveau. À tout ce qui s’y bousculait. Merci de votre commentaire car de très nombreux lecteurs « sautent «  les pages en Monologue intérieur ce qui, chez Albert Cohen par exemple, est au détriment du sens.

  3. josaphat dit :

    J’aime bien ce texte, il me fait penser aux films tournés caméra sur l’épaule…pour quelle raison serions nous « étiquetés » dans une écriture donnée…?

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