Vivre avec le Hamas sans la politique du pire, par Freddy Eytan

Voilà un an que le Hamas tente de franchir la barrière et d’infiltrer par la force et par millier ses terroristes en territoire israélien.

Depuis 52 semaines, il tient en otage sa population et utilise femmes et enfants comme bouclier humain.

Depuis plusieurs années, il imagine que la retenue de Tsahal est une faiblesse et un désarroi.

Durant cette dernière longue année toutes les tentatives ont été vouées à l’échec et le Hamas a perdu plus 150 de ses membres par le feu de Tsahal. Ses bases militaires et ses infrastructures ont été bombardées et ses réseaux terroristes démantelés. De nombreuses opérations effectuées n’ont pas encore été dévoilées.

Depuis un an, les Gazaouis mettent en scène la soi-disant “Marche du Retour” (site du Hamas)

La soi-disant « Marche du retour » du fameux million vers la « conquête de toute la Palestine » demeure utopique car Tsahal ne permet pas à un seul Palestinien de traverser la barrière. Toutes les multiples intentions du Hamas de relancer également une Intifada en Cisjordanie et sur le Mont du Temple ne sont pas suivies. Les échecs du Hamas sont donc criants en dépit de ses déclarations triomphantes. Les Gazaouis plongent dans la misère et ressentent l’étouffement des islamistes sans pouvoir réagir.

Comment chasser des chefs lâches et corrompus tout en étant toujours terrorisés et pris en permanence en otage ?

Mis à part l’Egypte, aucun pays arabe n’ose vraiment intervenir directement dans ce bourbier. La communauté internationale et l’ONU protestent contre les raids israéliens et contre la « disproportion de la riposte », mais n’intervient pas pour désarmer les terroristes de la bande de Gaza et démilitariser tout ce maudit territoire.

Quant à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, elle demeure impuissante et incapable de maîtriser toutes les troupes et gérer les affaires quotidiennes de son propre peuple. Aucune réconciliation entre les deux frères ennemis ne sera possible sur le terrain tant que le Hamas ne rendra pas définitivement les armes.

Le Hamas demeure un mouvement religieux fanatique et une filière de la confrérie des Frères musulmans. Il est encouragé et financé par le Turc Erdogan, et les Ayatollahs d’Iran. Le Hamas ne souhaite aucun compromis et ne cherche que sa propre survie.

Nous avons déjà essayé toutes sortes de trêves, et notamment celle qui s’achemine actuellement. Nous avons signé des accords qui ont tous été bafoués. Nous avons tenté d’apporter un soutien humanitaire en ouvrant les passages, ils ont été sabotés et mis à feu et à sac. Nous avons exigé le rapatriement de nos soldats tombés, mais le Hamas refuse cyniquement toute négociation en employant toutes sortes de ruses macabres.

En cette période électorale, nous entendons toute sorte de déclarations de la part des leaders de partis, certaines sont parfois farfelues et mêmes irresponsables.

Certes, nous ne pourrons plus tolérer la terreur, la provocation et le chantage du Hamas, mais comment minimiser les dégâts et rassurer les villageois israéliens de la région de vivre en paix ? Comment éviter la politique du pire ?

Pour Gaza, il n’existe pas de solution miracle qui mettrait fin aux hostilités. Tsahal est capable d’envahir toute la bande de Gaza mais à quel prix ? Rappelons que depuis 2008, nous avons mené trois opérations militaires. Jusqu’à quand ?

Même après une nouvelle conquête de Gaza, qui gèrera le lendemain les affaires courantes d’un million et demi de Palestiniens ? Gaza est différent du Golan. Ce territoire est problématique et non stratégique.

Le Hamas envoie des enfants en première ligne contre Israël (capture d’écran)

L’option d’envahir Gaza n’est pas souhaitable et rien ne sert de faire pression sur le gouvernement pour qu’il ordonne à Tsahal de lancer rapidement une nouvelle offensive terrestre. A quoi servirait-elle si nous retournons une fois encore au point de départ sans obtenir la bonne solution ?

Les dilemmes sont donc énormes et les réponses sont complexes car elles concernent notamment des aspects géopolitiques et diplomatiques.

Pour l’heure, nous sommes dans l’obligation de grincer les dents et d’être sur le qui-vive. Le gouvernement n’a pas de solution concrète à long terme. L’état-major actuel non plus, ni les anciens généraux devenus par les circonstances des hommes politiques.

C’est clair, après les élections législatives, le nouveau gouvernement israélien devra changer de cap et réviser sa politique à l’égard du Hamas. Il ne s’agit pas seulement d’aboutir à une trêve, mais d’appliquer une politique cohérente qui comprendra également des aspects humanitaires et économiques pour les années à venir. Le but est de se détacher complètement et définitivement de la bande de Gaza. Assurer une vie paisible à tous les Israéliens à Sdérot comme à Tel-Aviv.

Freddy Eytan                                                                                                                Le CAPE de Jérusalem, jcpa-lecape

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