La leçon Syrienne par Maxime Perez

Perspectives régionales

Après la promesse d’une action forte et rapide contre la Syrie,

les atermoiements actuels de la communauté internationale,

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en particulier des Etats-Unis,

constituent un très mauvais signal pour Israël

à l’égard du programme nucléaire iranien.

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Maxime Perez

Ceux qui perçoivent les Etats-Unis comme l’ultime rempart du monde libre et démocratique, le garant de sa sécurité, d’un ordre moral et de valeurs pour l’humanité ont été certainement déroutés par l’allocution prononcée samedi soir par Barack Obama depuis les jardins de la Maison Blanche. Quelques jours après avoir livré un vibrant hommage à l’héritage de Martin Luther King (« I have a dream »), le président américain a donné la troublante impression de balbutier, de se défaire de son rôle historique, et au fond, de ne pas aller dans le sens de la justice.

Pris au piège de sa propre « ligne rouge » après l’effroyable attaque chimique menée dans la Ghouta par les forces d’Assad – 1429 morts, selon les estimations des renseignements américains -, Barack Obama n’a pas d’autre choix que de réagir. Mais face à l’extrême gravité des faits et la nécessité d’une réponse militaire immédiate et cinglante, le chef de la Maison Blanche a choisi de s’en remettre au verdict du peuple américain, autrement dit le Congrès qu’il consultera au cours de la semaine du… 9 septembre.

Même guidé par un souci de droiture, le président Obama prend un risque évident en conditionnant tout recours à la force dans la tragédie syrienne au bon vouloir de ses adversaires républicains, majoritaires à la Chambre des représentants. Au vu des récents débats sur les armes à feu, le budget ou la réforme de l’immigration, rien ne laisse présager d’un vote facile. A court terme, il met en péril sa crédibilité aussi bien sur la scène internationale que sur la scène politique intérieure, potentiellement dommageable pour le parti démocrate. A plus long terme, c’est la force de dissuasion des Etats-Unis qui pourrait être durablement affectée. Dans une semaine ou un mois, quelle sera l’impact d’une action américaine limitée ? Quelle sorte de message de fermeté est transmis aux dictatures et aux organisations terroristes ?

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Au moment où la Russie et la Chine affirment à tout va leur puissance, l’Amérique de Barack Obama bascule dans le ventre mou de la communauté internationale. Comme dans les vieilles chancelleries européennes, l’indignation se cantonne à des mots et se heurte à l’impérieuse nécessité de trouver une légitimité avant d’agir ou même de réfléchir. La doctrine occidentale du « plus jamais ça » (Never Again) se cherche un nouveau sens : s’applique-t-elle au devoir d’ingérence humanitaire face à l’horreur ou exprime-t-elle un refus de la guerre pour toujours ?

Cette quête de vérité, inhérente à toute démocratie qui se respecte, peut provoquer des situations absurdes. Jeudi, le parlement a infligé un camouflet historique au premier ministre britannique, David Cameron, en rejetant le principe d’une intervention militaire en Syrie qu’il avait âprement défendu. A New York, le verrouillage annoncé de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité, alliés indéfectibles du régime syrien, empêche l’obtention d’un mandat onusien. En France, le président François Hollande se dit prêt à passer outre, mais l’opinion publique est réticente à l’idée d’une nouvelle guerre.

Pendant ce temps, la Syrie de Bachar el Assad peut respirer. Elle a tout le temps de redéployer ses troupes, de déplacer ses centres de commandements, de disséminer ses armes stratégiques – chimiques notamment – dans des sites souterrains, moins faciles à atteindre par des frappes aériens ou des tirs de missiles Tomahawk. Sur le terrain, le pilonnage des positions rebelles a repris de plus bel à l’issue du discours d’Obama.

Les alliés régionaux de Damas de la planète peuvent jubiler : ils ne risquent pas grand-chose à défier la communauté internationale en franchissant ses « lignes rouges ». En Israël, nul doute que le premier ministre Benyamin Netanyahou observe avec attention les atermoiements de Barack Obama. Dans l’optique d’un conflit majeur avec l’Iran qui résulterait de la poursuite son programme nucléaire, l’Etat hébreu pourrait se retrouver bien seul sur le champ de bataille. Et s’il devait faire face à un déluge de missiles balistiques, mieux vaut qu’il ait tous les moyens de se défendre. Au mieux, les démocraties occidentales tarderont à lui venir en aide.

Par Maxime Perez

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Publié dans Moyen-Orient

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