Quand Taddeï croit faire la loi, par Sarah Cattan

Elle, elle s’appelle Fatiha Boudjahlat. Elle est une voix qui monte. On l’entend avec bonheur nous parler de laïcité.

Cette voix qui monte, dont nombreux nous suivîmes les premières interventions, l’encourageant lorsqu’elle émettait des doutes des craintes tout à son honneur, voilà que celui qui invite Ramadan plus souvent qu’à son tour, celui qui a choisi Marc Edouard Nabe comme parrain de son enfant, celui qui fait encore, croit-il, la pluie et le beau temps sur télés et radios, eh bien celui-là la décommande. Fatiha, elle serait trop agressive, dit la raison officielle par la voix de Frédéric Taddeï, l’animateur de Europe 1 social club.

On s’étonne. Enfin, à peine. On s’étonne du scandaleux toupet. D’abord, il nous a toujours paru que plus t’étais agressif, plus t’étais de ceux que les media qualifient de bon client. Ensuite, à y regarder de plus près, on apprend que ce sont les autres invités qui n’en voulurent pas, de la trop méchante Fatiha. Du style J’en veux pas, d’elle, à mon anniversaire. Enfin, on s’étonne qu’un Taddeï ait obtempéré ainsi, au doigt et à l’œil, devant les desiderata des autres.

publicitÉ


Allons-y voir.

L’auteur du Grand Détournement devait intervenir hier dans l’émission du grand chef et débattre des propositions de Blanquer relatives à la laïcité. La laïcité, c’est un peu son domaine à la fille : elle a écrit dessus. Elle est référente laïcité de son collège. T’as Bianco himself qui l’a récemment félicitée pour le travail qu’elle a mené avec ses élèves. Et tu sais quoi ? Chuuuut Tu l’répètes pas : il lui a même dit, Bianco, qu’il penserait à elle l’an prochain pour la remise du prix de l’Observatoire.

Bon. A priori, à la louche quoi, toi tu te dis : ben oui, Boudjahlat, choix plus que cohérent. The choix. T’as à peine le temps de t’enquérir des autres débatteurs que t’apprends que ton poulain, il a été décommandé parce que les autres intervenants, De Cock, Cadène et Jérôme Martin, ils ont mis leur veto à sa présence, arguant de diffamations ou d’injures tenues à leur endroit sur Twitter.

Toi, tu te dis que si on devait empêcher tous ceux qui s’engueulent sur les réseaux sociaux, ça va être coton pour trouver des débatteurs.

Allons- y voirFatiha, elle dit que des bourgeois blancs ont condamné au silence une  racisée. Elle appelle ça de l’oppression. Elle ajoute que de toutes façons, lorsque des bourgeois blancs se plaignent de l’agression d’une racisée, c’est toujours à eux que l’on donne raison. Et tu sais quoi ? Je crains qu’elle dise vrai en ces temps obscurs.

Allons-y voir. Qui étaient-ils, ceux qui ne voulurent point de Fatiha et auxquels on obéit.

Laurence De Cock. Professeur. Historienne. Abritée chez Mediapart. Soutien des camps d’été décoloniaux interdits aux blancs. A écrit que Fatiha Boudjahlat était schizophrène et tarée.  Lui reproche sa proximité avec l’extrême-droite.

Jérôme Martin. Passé d’Act up au CCIF. Hostile à l’interdiction des signes religieux en classe. A écrit, lui, que Fatiha Boudjahlat était islamophobe. Forcément, vu de sa lucarne à lui, soutien de Marwan Muhammad et donc par extension de Youcef Qaradawi, celui qui pense que l’homosexualité est une abomination et qui se demande s’il faut exterminer d’abord les passifs ou les actifs. A Fatiha qui s’étonna qu’un militant gay soutînt des gens qui haïssaient les homos, il avait répondu en la traitant d’homophobe. Tu comprends pas ? Cherche pas : c’est trop complexe. Comme la pensée du Président. Philippe Cadène.

Fatiha aurait insulté les trois autres. Aussitôt, Frédéric Taddeï, le grand maître de tout ça, il a décommandé Fatiha, se faisant complice de ses invités qui ne voulaient pas l’affronter, notamment sur un sujet où elle excelle : l’école. Par peur, ceux-là préférèrent salir la première, que dis-je, ils choisirent de l’exécuter publiquement via Twitter, plutôt que de l’affronter en tout honneur.

Car au moins qu’on nous les montre, les tweets qui auront fait de la jeune femme cette indésirable.

Taddeï ? Il explique que personne ne veut débattre avec elle, et que donc on ne peut pas l’inviter. Sérieux !

Donc, et c’est Céline Pina herself qui le dit, ils ont sorti la racaille et invité la blonde bien élevée et de bon ton. Et Céline Pina, elle regrette d’avoir accepté de remplacer la racaille : Cela aurait masqué la censure et l’affront qui furent faits à Fatiha. Elle a bien essayé, Céline Pina, d’aborder d’emblée le sujet, mais le présentateur s’empressa de clore le sujet : Il ne souhaitait pas que l’on évoque une censure injuste et s’est défaussé sur ses invités qui auraient refusé de débattre.

Et le débat eut lieu sans Fatiha Boudjahlat. Qui aurait excellé à évoquer la pression de l’idéologie islamiste et le fait que l’école soit une de ses cibles, dimension que les de Cock, Martin, Cadène et leurs potes veulent nier.

La colère prise comme fallacieux prétexte pour faire taire la voix qui gêne. Finkie ? Diabolisé, déformé, décrit en son naufrage, les mains tremblantes, par ceux qui n’ont pas saisi l’ironie du propos. Qui s’empressèrent de demander par pétition qu’on renvoyât ce raciste de l’Académie. Ben oui. Le clown avait bien demandé qu’on radiât Fatiha de l’Education nationale.  Taddeï ? Il avait décommandé Albert Chennouf-Meyer à la sortie de son livre. Pourquoi ? Ben Albert. Ce gros facho, quoi.

Fatiha. L’antisémite des uns et la traitre des autres. Ceux qui veulent la faire taire sont les mêmes qui vont s’insurger contre le licenciement d’une Rokhaya Diallo, proche du PIR. Les plateaux de Taddeï ont toujours été les lieux de promotion du PIR sous prétexte de pluralité. Mais la ficelle est grosse. Ces groupuscules sont tant surreprésentés dans ses émissions qu’elles en sont devenues les véritables plateformes. Le pote de Plenel, Ramadan et Houria Bouteldja fricote bien avec le diable et il est légitime de s’interroger sur son empressement à faire taire les pro- laïcité et à leur préférer cet entre-soi de pleutres qui choisissent de salir plutôt que d’affronter. Complice, Taddeï use d’un procès d’intention pour désinviter Fatiha Boudjahlat.

Sans elle sur le plateau, on peut, sans rire, laisser Cadène, de l’ Observatoire de la laïcité, s’interroger sur la légitimité d’un cours de science portant sur l’idée d’une Terre créée par Dieu. Non, effectivement, il y a un débat qui est tout à fait légitime et qui peut, et qui doit exister au sein de l’école.

Et voilà comment ça débat chez Taddeï. Avec toujours les mêmes. Hourya Bentouham. Houria Bouteldja. Mais Nadia Remadna.  Rokkhaya Diallo. Mais Pascal Bruckner.  Raphael Liogier. Nabil Ennasri. Edgar Morin. Laurence De Cock. Mais Laurent Bouvet. Tariq Ramadan. Emmanuel Too. Mais Charb. Mon Pascal Boniface. Mais Abdenour Bidar. Clémentine Autain. Esther Benbassa. Edwy Plenel. Dounia Bouzar. Yassine Belattar.

Voilà comment l’animateur offre tribune aux islamistes et autres indigènes de la république et donne à considérer Fatiha Boudjahlat comme plus agressive que les racistes du PIR.

Voilà comment, de 2012 à 2016, il invita à Ce soir ou Jamais 26 intervenants pro PIR, CCIF, contre 18 personnes défenseurs de la laïcité.

Voilà comment, sous prétexte de donner la parole à tout le monde, il la donne mieux au PIR et à ses sociologues. A des révisionnistes.

Mais Fatiha Boudjahlat, c’est pas sa came. Trop femme. Maghrébine trop bien dans ses baskets. Ne jouant pas le jeu et ne prêchant même pas la victimisation ! Faut pas déconner.

Fatiha ? Elle s’est sentie insultée car elle se savait la plus légitime, hier : Ce sont de bons bourgeois, ce n’est pas grave. Mais moi …je suis une sauvage qui saute à la gorge des gens.

J’ai écrit un essai. Une cinquantaine de tribunes. Mais cela ne compte pas. Je ne maîtrise pas les codes bourgeois de la communication!

Je vais donc fermer mon compte Twitter demain. Et suspendre mon compte fb quelques temps. Le temps de poster une dernière vidéo de sauvageonne. Et Rester à ma place de petite prof provinciale. Parce qu’ils ont réussi une fois à me faire jeter, ils y arriveront toujours. J’écrirai mes tribunes. Et on verra.

Quel scandale. Quels scandales répétés chaque jour sous nos yeux. Cette montée terrible dans l’injustice et dans l’inversion des rôles.

Fatiha. Ce sont des terroristes, déguisés en intellectuels. Tu dis être de milieu populaire et n’avoir pas les codes. Attends. Des courageux t’inviteront. Le temps te donnera raison. Un mouvement citoyen s’est levé grâce à des êtres tels que Toi. Ils croient avoir tout infiltré ? Ils se trompent. Lève-toi, écris, parle. Les autres finiront bien par entendre.

 Sarah Cattan

Tagués avec : , , , , , , , ,
Publié dans médias
11 commentaires pour “Quand Taddeï croit faire la loi, par Sarah Cattan
  1. Lanah dit :

    Fatiha Boudjahlat, je ne connaissais pas et je remercie Sarah Cattan de me l’avoir fait connaître.

    L’empêcheuse de haïr en rond: c’est d’la balle !

  2. Victor Garcia-Obadia dit :

    Je ne soutiens pas du tout l’ignoble et stupide décision de Tadeï. Mais je témoigne que Fatiha Boudjahlat a une fâcheuse tendance à bloquer rapidement sur les réseaux sociaux des personnes pour des broutilles , où à envoyer balader des personnes qui osent lui poser des questions . Ce comportement a choqué nombre de personnes qui applaudissaient à ses tribunes . Elle devrait réfléchir à cela .
    Cela n’empêche pas de la soutenir par rapport à cette décision indigne de Tadeï .

  3. Ben Hilel dit :

    Je me demandais ce que ça allait donner, le verdict est sans appel : disqualification officielle et psychiatrisation en sus de la diabolisation. C’est révoltant.
    Comment ne pas rentrer dans la soumission islamisto-babaches-médiatico-salafiste ? En s’éloignant du paysage audiovisuel français, et fissa ! Elle n’est pas la première à être marquée au fer rouge pour troubles à l’ordre existant, qu’elle se rassure, elle ne sera certainement pas la dernière.

    Nous restons lucides et éveillés.

    This is our plight.

  4. sarahcattan dit :

    A Lanah et aux autres lecteurs. Fatiha Boudjahlat , que je connais depuis peu, était très légitime pour parler laïcité.
    Aucune preuve de ses injures n’a été fournie.
    Qu’elle bloque ses contradicteurs sur facebook? Sincèrement je n’en sais strictement rien. Ce qui m
    Intéresse c’est son combat. Et qu’elle ait le droit de parole aussi. Ah que Johnny dédicace Lanah

  5. Naudy François dit :

    Bon article et Merci à Fatiha Boudjahlat d’exister, seuls les musulmans ( les néo-souches croyantes ou pas ) pourront endiguer le radicalisme politique totalitaire des porteurs du voile.
    Si on veut interdire de parole Fatiha Boudjahlat, c’est qu’elle dérange, présenter la vérité est une insulte. Voltaire doit l’inspirer dans ces combats qui ne font que commencer.

  6. Lanah dit :

    J’espère que Voltaire odieux antisémite ne l’inspirera pas du tout. Mais j’espère que vous n’êtes pas sérieux quand vous dites que seuls des musulmans peuvent contenir l’islamisme. Un peu facile non de les laisser tous seuls en première ligne alors qu’ils sont tout autant que les non-musulmans cibles de l’islamisme !

  7. Lanah dit :

    Voltaire cf article Juif du Dictionnaire Philosophique. Un autre courageux qui craignant l’Inquisition tapait sur les Juifs plutôt que sur les cathos

  8. sarah dit :

    Le terrorisme islamiste: notre ennemi. A tous. De quelque religion De quelque sexe que nous fussions De quelque bord politique. Nous, en France, perdons notre temps à qualifier Griezmann de raciste Dénonçons Finkielkraut Et comme écrit Boualem Sansal: Continuez dans le déni et faites comme ceux qui, lorsqu’on leur montre la lune, regardent le doigt.

    • Lanah dit :

      Les mesures pratiques immédiates pour contenir l’islamisme sont :

      interdire la publication sans appareil critique des versets de Médine -seconde période de Mahomet qui le rend, comme Luther après avoir constaté qu’il ne réussisait pas à convertir les Juifs cf Propos de table – enragé et ultra-violent; on ne publie pas Mein Kampf sans appareil critique mais les versets de Médine qui appellent à tuer les non-islamistes si !

      interdire l’enseignement et les prêches des versets de Médine; si on veut un « islam de France » seuls les versets de la Mecque encore tolérants doivent avoir droit de cité dans les mosquées.

      Pourquoi personne ne le dit et surtout ne le fait ?

      Dénoncer c’est bien, dire ce qu’il faut faire c’est mieux, et le faire c’est bien le moins !

      Lancez vos juristes là-dessus et donnons aux politiques le protocole à suivre dans une lettre ouverte. On attend encore combien d’attentats pour se décider ?

  9. André dit :

    Taddeï préfère la Bouteldja à Fatiha Boudjahlat, comme tous les merdeux branchés de son genre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Recevez notre Newsletter
Tribune Juive, L’histoire continue…