Vue du Portugal, L’Affaire Georges Bensoussan. Par Olivier Ypsilantis

Le problème n’est pas de savoir si Georges Bensoussan est coupable mais de savoir s’il dit vrai, dit Alain Finkielkraut.

Dans cette affaire, « L’Affaire (Georges) Bensoussan », j’ai été frappé et, pour tout dire, peiné par l’attitude de Juifs de France, certes minoritaires mais néanmoins bien visibles, ces Juifs étant considérés comme des notables. Leur attitude a été comparée par certains à celle d’autres notables israélites (comme on le disait) lors de l’Affaire Dreyfus, plus simplement L’Affaire. Parmi ces notables d’aujourd’hui, Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah.

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Jacques Fredj

Dans un article sans concession, « Georges Bensoussan : lâché par les Juifs de cour, innocenté par la justice », Sarah Cattan  rappelle qu’au moment de « L’Affaire », le Consistoire Central se montra bien timide et que le Grand Rabbin de France, Zadoc Kahn, limita son engagement sous couvert du devoir de réserve.

Il est vrai que lorsqu’un Juif est accusé, à tort ou à raison, qu’importe, c’est toute la communauté juive qui l’est, sinon explicitement, du moins implicitement, et qui se retrouve désemparée. Ainsi, à tout moment, tout Juif peut être tenu de répondre de la faute, réelle ou supposée, d’un autre Juif. Il n’est pas nécessaire que j’insiste. Il est vrai que les Juifs ne sont pas les seuls dans cette situation qui est généralement celle des minorités, hier et aujourd’hui, là-bas et ici ; mais ils ont été et restent de ce point de vue plus exposés que la plupart. La naissance de l’État d’Israël et le rassemblement d’une partie des Juifs ont apporté une protection à ces derniers mais a augmenté le danger qui pèse sur les Juifs de la diaspora, volontiers accusés des « crimes sionistes », sans compter qu’Israël reste le Juif des Nations.

Georges Bensoussan

Georges Bensoussan

Je ne puis décidément cacher que dans cette Affaire, le lâchage de Georges Bensoussan par une partie de la communauté juive – et plus particulièrement par des responsables du Mémorial de la Shoah – m’a particulièrement peiné ; il ne m’a pourtant pas vraiment surpris. Pourquoi ? Georges Bensoussan a servi le Mémorial de la Shoah durant plus d’un quart de siècle. Mais voilà, on aurait aimé qu’il ne s’intéresse qu’à la Shoah et surtout pas aux Territoires perdus de la République (voir « Les territoires perdus de la République. Antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire », publié en 2002, sous le pseudonyme d’Emmanuel Brenner) et à l’expulsion des Juifs des pays arabes (voir « Juifs en pays arabes : le grand déracinement 1850-1975 », publié en 2012). Il y a d’autres livres dérangeants de Georges Bensoussan, dans la France d’aujourd’hui, mais ces deux titres constituent l’essentiel de ce qui est reproché à l’historien. J’ai dans mes documents un épais dossier de presse au sujet de ces deux ouvrages, le premier surtout. Je ne vais pas me perdre en références (consultables sur Internet), simplement, un certain Dominique Vidal ouvre son article dans le numéro de mai 2003 du « Monde diplomatique » par : « Voici un livre schizophrénique » et ainsi de suite.

Quand on connaît la manière dont cette vaste enquête a été conduite, on ne peut que serrer les poings en lisant cet article écrit par une personne qui ne fait qu’obéir aux mots d’ordre de ce mensuel et qui n’en a probablement guère quitté les bureaux. Mais j’allais oublier : Georges Bensoussan a récidivé et aggravé son cas , plus récemment, en 2017, avec la « La France soumise. Les voix du refus ».

J’ai très vite senti, d’une manière d’abord diffuse puis de plus en plus précise, que l’on tiendrait rigueur à Georges Bensoussan pour ces livres, d’être en quelque sorte allé mettre son nez là où il n’aurait pas dû… L’historien de la Shoah aurait dû s’en tenir à son sujet, et le Mémorial de la Shoah n’a pas été le dernier à le lui faire savoir.

Georges Bensoussan a été qualifié, et de diverses manières, de trouble-fête, d’empêcheur de danser en rond, d’incitateur à la haine, de porter atteinte au sacro-saint vivre ensemble. Et puis à quoi bon se préoccuper du grand déracinement ? Pourquoi salir la belle image de la convivialité en pays arabes où, affaire entendue, les Juifs ont coulé des jours plutôt heureux ? La Shoah, pourquoi ne pas s’en être tenu à la Shoah – une vieille histoire et une affaire entendue – qui ne suscite plus guère de polémique en dehors du cercle restreint des révisionnistes et des négationnistes ?

Au cours de cette Affaire, Georges Bensoussan est gentiment écarté de ses activités liées au Mémorial de la Shoah, dont ses fonctions de formateur auprès des policiers, magistrats et professeurs. Il a été accusé d’islamophobie, un mot de propagande destiné à écraser toute opposition selon une méthode qui avait prouvé toute son efficacité (et je ne me laisse pas entraîner à la facilité d’une comparaison) dans l’U.R.S.S. de Staline. Une démocratie comme la France sait utiliser l’air de rien cette bonne vieille méthode, toujours très efficace.

Des responsables du Mémorial de la Shoah lui reprochèrent d’engager la respectabilité de cette institution – et de lui porter préjudice – avec la publication de son enquête sur les Territoires perdus de la République. Ces responsables oubliaient, ainsi que le signale Sarah Cattan, qu’Alain Finkielkraut l’avait invité au micro de France Culture pour la nouvelle édition des Territoires perdus de la République, et que c’est à ce titre seul qu’il s’exprima. Ce sont donc des propos tenus sur France Culture, le 10 octobre 2015, au cours de l’émission Répliques, que le tribunal jugea en première instance puis en appel, suite à la relaxe de Georges Bensoussan. On sait que sa métaphore inspirée du sociologue français d’origine algérienne Smaïn Laacher ne fait appel à aucun essentialisme, à aucun racialisme et qu’elle est exclusivement culturelle, contrairement à ce que les ennemis de l’historien se sont efforcés et s’efforcent de faire accroire. Des Musulmans de grande culture et à l’intelligence libre confirmèrent la pertinence des propos reprochés à Georges Bensoussan. Peine perdue. On voulait la peau de l’historien ou, tout au moins, le mettre au pilori. On l’accusa donc d’islamophobie, un mot de propagande particulièrement efficace comme nous venons de le dire.

Georges Bensoussan, un précurseur

Étrange affaire. Georges Bensoussan a été un précurseur en désignant les Territoires perdus de la République, une vaste enquête sur le terrain et non un ouvrage écrit dans la quiétude d’une bibliothèque par un idéologue bien décidé à préparer la Shoah des Musulmans pour une France Musulmanenrein, une enquête menée par des professeurs de lycées et de collèges sous la direction de Georges Bensoussan (Emmanuel Brenner), par ailleurs auteur de la postface.

Lors du procès en appel, l’avocat de la Ligue des droits de l’Homme (L.D.H.) déclara tout de go que les propos reprochés à l’historien étaient pré-génocidaires . Et vas-y, hardi-petit ! C’est ainsi, on jalouse aux Juifs jusqu’à leurs souffrances d’où nombre de considérations dans le genre : les Musulmans en Europe vivent ce que les Juifs y ont vécu en 1930, d’où aussi le glissement vers Israël et le jeu des sonorités qui séduit tant les antisiomites (néologisme né de la fusion d’antisioniste et d’antisémite), Gaza / Auschwitz. On guettait donc l’historien qui-aurait-dû-s’en-tenir-à-la-Shoah. La publication du Manifeste contre le nouvel antisémitisme , dans le numéro du 21 avril 2018 du Parisien, aggrava le cas de Georges Bensoussan.

Sarah Cattan, femme de courage, fit part de son étonnement indigné et posa la question : pourquoi le Sépharade (Georges Bensoussan est d’origine marocaine) est-il écarté de l’establishment ashkénaze de la mémoire de la Shoah ? (N’oublions pas que des centaines de milliers de Sépharades ont été assassinés par les nazis). Et Sarah Cattan questionne la vanité sociale d’un certain establishment juif. Peut-il choisir l’arbitraire et trahir par lâcheté, une lâcheté qui emprunte à ces vieux mécanismes des Israélites français qui auront trahi pour des raisons de classe depuis l’Affaire Dreyfus jusqu’aux missives adressées au maréchal Pétain, en 1940 ?

Le Mémorial de la Shoah

Sarah Cattan termine son article en nous entraînant au Mémorial de la Shoah. Elle livre quelques intéressants éléments en toute discrétion, des éléments qui suggèrent la complexité d’un certain imbroglio. Elle évoque la structure pyramidale du Mémorial de la Shoah, une structure qui fait courir le risque à ses responsables (pensent-ils) d’être mis au pilori (après avoir été marqués au fer rouge du sceau de l’infamie) en compagnie d’un « islamophobe », Georges Bensoussan en l’occurrence. Bref, il s’agit de préserver l’institution dont ne peut que saluer par ailleurs le travail remarquable, travail dont Georges Bensoussan aura été l’un des maîtres d’œuvre, notamment par le poste de rédacteur en chef et de responsable éditorial (qu’il occupait depuis 1993) de la Revue d’histoire de la Shoah, revue qui se présente ainsi : Seul périodique européen consacré à l’histoire de la destruction des Juifs d’Europe, et première revue d’histoire sur le sujet, cette publication est essentielle pour tout étudiant ou chercheur travaillant sur cette césure de l’histoire. Elle entend donner un aperçu des chantiers actuels de l’historiographie du judéocide. La Revue d’histoire de la Shoah ouvre également son champ d’étude aux autres tragédies du siècle : le génocide des Tutsi au Rwanda, celui des Arméniens de l’Empire ottoman et le massacre des Tsiganes.

Sarah Cattan confirme cette crainte que je portais en moi depuis quelque temps, à savoir que l’homme libre, Georges Bensoussan, était guetté par des groupes postés en embuscade et désireux de le ligoter et de le bâillonner. Je le redis, je savais que sa vaste enquête ( Juifs en pays arabes : le grand déracinement 1850-1975 ) dérangeait, une somme que j’ai lue et relue, une somme nourrie de documents inédits et originaux dont une part importante provient des immenses archives de l’Alliance israélite universelle (A.I.U.). Georges Bensoussan a apporté des notes discordantes, et à plusieurs reprises, dans la sérénade suave qui nous compte l’idylle juive en pays arabes et, plus généralement, musulmans. Voilà qui méritait une sévère correction ! Cette embuscade avait commencé à s’organiser bien avant, avant 2012, date de la parution de ce livre. J’avais quitté la France depuis des années lorsque fut publiée l’enquête Les territoires perdus de la République, en 2002 donc. Je n’avais guère accès à Internet, alors bien aléatoire là où je vivais, et je ne lisais pas la presse française. J’ai donc été en quelque sorte déconnecté de la France pendant des années. Mais depuis que j’ai rétabli un contact plus soutenu (grâce en grande partie à Internet), je reprends et suis le fil de l’aventure de Georges Bensoussan, l’homme qui a choisi de dire la vérité dans un monde qui veut faire taire certaines voix et pour des raisons que je vous laisse deviner. La publication de cette minutieuse enquête, Les territoires perdus de la République , commença à rendre Georges Bensoussan suspect. Ce fut son premier faux pas .

L’enquête plus récente, Une France soumise, sous-titrée Les voix du refus et qui porte en couverture, inscrite sur fond rouge, cette information : Après « Les territoires perdus de la République », cette enquête, avec préface d’Elizabeth Badinter, fit de lui un récidiviste… Encore une note discordante dans la sérénade suave…

Les différends entre l’historien et l’Institution (le Mémorial de la Shoah, en l’occurrence) ne datent pas de l’Affaire Georges Bensoussan (ce que nous dit Sarah Cattan). Mais je ne dispose pas d’assez d’éléments pour les évoquer, d’autant plus que Sarah Cattan reste discrète à ce sujet. Par ailleurs, je sais que la majorité des Juifs de France et que de nombreux non-Juifs supportent Georges Bensoussan. Outre ses qualités d’historien, je salue en lui, et j’insiste, un homme libre, c’est-à-dire un homme courageux, car il faut avoir du courage dans la France d’aujourd’hui pour dire publiquement ce qu’il dit. Je salue en lui un homme qui poursuit son chemin, sans jamais craindre les passages les plus escarpés, un homme qui porte cette belle devise, devise qui signifie aussi et d’abord la fidélité à soi-même – soit la liberté – : Etiam si omnes ego non, devise qui fut aussi celle d’un résistant au nazisme, Philipp von Boeselager, devise radicale de fidélité à soi-même, à une vérité et à la mission qu’elle implique, ce qui revient dans tous les cas à entrer en résistance, en démocratie comme en dictature…

Philipp von Boeselager

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Dans un article intitulé Procès Georges Bensoussan : séisme et répliques , Danielle Khayat (magistrate à la retraite) écrit : Pour ceux qui le pourchassaient, ce gibier était la proie rêvée : un spécialiste mondialement reconnu de l’étude de la Shoah, un Juif par surcroît, et sioniste en plus, qui a osé décrire la condition précaire et misérable des Juifs en terres arabo-musulmanes et ainsi anéantir le mythe de l’âge d’or d’Al-Andalous, le faire condamner comme raciste « islamophobe ». De quoi combler tous les fantasmes des antiracistes qui ont enterré la lutte contre l’antisémitisme – au point de faire disparaître ce mot de leur dénomination, comme l’a fait le M.R.A.P. .

C’est exactement la conclusion que j’ai tirée dès le début de l’Affaire Georges Bensoussan ; aussi ai-je lu ces lignes en manière de confirmation.

L’Affaire Georges Bensoussan aura permis d’étranges rapprochements, comme celui d’islamistes du C.C.I.F., et d’associations fondées pour lutter contre l’antisémitisme, comme la L.D.H. et la L.I.C.R.A.

Parmi mes amères surprises relatives à cette Affaire, une surprise et non des moindres, la suppression sur le site Akadem (l’un de mes sites favoris) d’un entretien Georges Bensoussan et Antoine Mercier. A ce propos, j’avais apprécié la très haute tenue d’un interview d’Antoine Mercier avec le regretté Raphaël Draï. Dans l’entretien Georges Bensoussan et Antoine Mercier mis en ligne le 31 mai 2018, il était question de l’article de Sarah Cattan, Georges Bensoussan : lâché par les Juifs de cour, innocenté par la justice. Le lendemain, 1er juin, la vidéo de cet entretien fut supprimée et on expliqua que suite à des pressions de dirigeants communautaires envers la direction d’Akadem pour réaliser des coupes, la direction a préféré retirer la vidéo dans son intégralité plutôt que de se soumettre à la réalisation d’un montage qui aurait rappelé, etc., etc… La vidéo fut donc supprimée tandis que l’enregistrement vocal resta quelques jours en ligne avant d’être à son tour supprimé.

Depuis le début des années 2000, Georges Bensoussan se bat pour faire connaître et reconnaître l’existence des Territoires perdus de la République. Cet historien est pionnier dans la dénonciation d’un antisémitisme bien différent du « bon vieil » antisémitisme, l’antisémitisme arabo-musulman appuyé par divers supplétifs, un antisémitisme pas si nouveau, avatar de cette haine et de ce mépris séculaire que suscite la seule existence du peuple juif, d’Israël. Des faits, et en grand nombre, sont venus confirmer les enquêtes supervisées par Georges Bensoussan.

Ainsi que le souligne Georges Bensoussan, le refus d’affronter la réalité est la chose la mieux partagée au monde, un refus qui n’est en rien limité à un lieu et à une époque. Proverbe hindou cité par Georges Bensoussan : Racontez-nous de belles histoires et nous vous croirons . L’accusation d’islamophobie (et autres accusations dans le genre) est destinée à paralyser et à faire taire les timorés, soit le gros de la troupe. Pascal Bruckner évoque à raison un racisme imaginaire élaboré par les islamistes pour imposer le silence et, enfin, soumettre.

Chantage intellectuel et conformisme, conformisme prêt à tous les renoncements et à toutes les compromissions pour un peu de tranquillité. Confort et conformisme ne font qu’un. Afin de se protéger, afin de perdurer, le conformisme élabore un monde binaire, un monde qui éprouve, par exemple, quelque difficulté à envisager qu’un opprimé puisse être aussi un oppresseur (tant individuellement que collectivement), que des victimes du racisme puissent être des racistes, etc., etc. Il y a enfin ce refus de désigner le danger comme si le désigner le faisait exister, une attitude naïve, puérile même, et assez répandue. Cacher le danger ne revient pourtant pas à le faire disparaître. La fermeté peut le plus souvent épargner la violence aux uns et aux autres. La fermeté, c’est d’abord savoir nommer et ne pas savoir nommer conduit aux violences extrêmes, à l’affrontement a sangre y fuego. La paix sociale (et autres paix) n’est pas le produit de concessions ou, plus exactement, n’est pas que le produit de concessions. L’homme libre n’a que faire de l’antiracisme et de l’antifascisme instrumentalisés par des coteries qui se sont érigées en garantes du Bien.

Source http://zakhor-online.com

Publié dans France, Islamisme, société
11 commentaires pour “Vue du Portugal, L’Affaire Georges Bensoussan. Par Olivier Ypsilantis
  1. BENAMOU dit :

    Pourquoi une telle injustice ? Parce qu’un homme, un grand homme a fait son travail d’intellectuel, d’historien et d’écrivain en osant dire une vérité qui dérange. Quand on veut se débarrasser de son chien on dit qu’il a la rage. Le procédé est connu : l’accuser et le discréditer pour mieux le condamner. Je souhaite que les dirigeants qui ont fait pression contre son travail ou qui l’ont éloigné reconnaissent publiquement leur faute et lui demandent pardon (Kippour arrive à point nommé) car ils se sont fait complices de cette oeuvre écoeurante de dénigrement en le sanctionnant et en le privant de son poste au lieu de le soutenir. Quant aux organisations qui se sont portées partie civile dans cette affaire, elles sont aussi coupables que les auteurs de cette cabale puisqu’elles ont participé à tenter de le faire condamner.

  2. Bali dit :

    A la lecture de ce texte on se demande :
    L’incompréhension de choses basiques et essentielles dont fait preuve l’auteur : est-elle feinte ou réelle ? Cet article : est-ce une erreur de bonne foi ou une propagande consciente et voulue ?

    Car il mélange deux choses différentes :
    • L’accusation pour « islamophobie » dont Georges Bensoussan fut acquitté par la justice (en première instance et en appel).
    • L’interminable conflit de travail entre GB et son employeur le Mémorial de la Shoah qui a, logiquement, mené au départ de GB du Mémorial. Départ intervenu en mai 2018 alors que l’intéressé avait largement l’âge de la retraite et en parfaite conformité à la loi ; sachant qu’aucune juridiction, prud’homale ou autre, ne fut, à ce jour, saisie de l’affaire.

    Est-ce sciemment ou par ignorance que cet article passe outre le « droit de réponse » publié, ici-même, par le Mémorial en février dernier ?
    Et qui dit, entre autres, ceci :
    • « Georges Bensoussan a pendant 26 ans exercé ses missions en toute indépendance, bénéficiant d’une liberté totale dans l’organisation de son travail et de ses journées. Rémunéré à temps plein par le Mémorial, il a pleinement profité de cette liberté en poursuivant ses recherches personnelles et en publiant ainsi 15 ouvrages ».
    Traduisez : depuis des années GB NE FOUTAIT RIEN au boulot ; tout en touchant un salaire (payé par les contribuables que nous sommes) il écrivait ses livres ; un travail personnel, rémunérateur sans doute, indépendant du Mémorial.
    • « Depuis plusieurs mois le Mémorial de la Shoah fait l’objet d’une campagne mensongère et diffamatoire suite au départ à la retraite de M. Georges Bensoussan ».
    • « Depuis la fin mai 2018, à un mois de son départ à la retraite, Georges Bensoussan a attaqué directement ou indirectement dans plusieurs médias, les principaux dirigeants du Mémorial de manière PERSONNELLE et DIFFAMATOIRE. »
    • « Une nouvelle attaque dirigée contre le Mémorial, son Bureau et plus particulièrement contre son Directeur Général, Jacques Fredj, est apparue récemment dans TRIBUNE JUIVE »….

    Sachant que le Mémorial évite, pour des raisons compréhensibles, de pointer du doigt la nuisance principale des deux casquettes incompatibles de GB :
    • Historien en chef du Mémorial de la Shoah et donc figure de proue de la Communauté juive de France.
    • Fer de lance de la dénonciation des effets délétères de l’Islam ; entre autres, par ses ouvrages cités (cf. « Les Territoires Perdus de la République » etc…).

    Ce mélange des genres fut nuisible aux deux casquettes : discréditant ET la dénonciation des effets délétères en question ET l’Histoire de la Shoah. Car :
    • Il permettait, surtout aux islamistes, de présenter la problématique liée à l’importante présence musulmane en France comme une dispute limitée entre Juifs et Musulmans, attisée par la question palestinienne. Alors que c’est un dilemme identitaire majeur concernant l’ensemble des Français et non seulement le 1% de Juifs.
    • Il permettait aux antisémites, Musulmans ou pas, de présenter la Shoah comme un prétexte entre les mains des Juifs, « argument massue » dans la concurrence victimaire, pour mieux asservir autrui, surtout les Musulmans (et notamment, évidemment, les Palestiniens…). Jetant l’opprobre, au passage, sur le Mémorial et son narratif.

    La double casquette de GB confortait donc les Dieudonné, Soral et consorts et ouvrait un boulevard au négationnisme. Il aurait dû choisir de lui-même : soit démissionner du Mémorial pour se focaliser sur l’Islam en France, soit rester au Mémorial et laisser la question musulmane à d’autres.

    Non, GB n’est pas Dreyfus. Son obstination de porter la double casquette est à l’origine du problème.
    Et c’est à juste titre que le Mémorial a fini par prendre la difficile décision qui s’imposait.
    De manière irréprochable d’ailleurs : attendant que la procédure pour islamophobie à l’encontre de GB soit close et que l’intéressé puisse faire valoir ses droits à la retraite.

    Par ailleurs, je dénonce avec vigueur la nauséabonde tentative de l’auteur de l’article d’attiser je ne sais quelle discorde sépharade-ashkénaze autour de cette affaire.
    Dont sa définition, irresponsable et calomnieuse, du Mémorial comme une « institution ashkénaze ».

    Ainsi que la légèreté de Tribune Juive qui jugea utile de publier de tels propos. Ce n’est hélas pas la première fois.

    • André Mamou dit :

      Tribune juive publie les écrits de ceux qui se succèdent à La Tribune ! Tribune juive ne distribue pas les bons et les mauvais points ! Elle est fidèle à sa mission qui est rappelée à la une : » Tous les sujets…tous les points de vue … »L’auteur de l’article a exposé ses idées et vous avez pu le contredire! Liberté d’expression et journalisme de qualité !

    • BENAMOU dit :

      Le point de vue de BALI (qui se cache derrière ce pseudo?) est brillamment exposé mais ses arguments sont discutables car ils sont orientés et reflètent une seule partie de la réalité, celle de la direction du Mémorial de la Shoah. Pour ma part, je suis triste de constater que lorsque leur collaborateur a (à titre personnel) rédigé les ouvrages qui sont à l’origine de cette affaire, ces « notables » l’ont misérablement lâché.

  3. David dit :

    L’intervention de « Bali » n’est pas dénuée d’intérêt mais elle contient d’étranges propos, des propos qui appellent d’amples précisions. Par exemple, que signifie : « La double casquette de GB confortait donc les Dieudonné, Soral et consorts et ouvrait un boulevard au négationnisme » ? Je crois deviner le raisonnement mais j’aimerais avoir des précisions. « Le Mémorial de la Shoah » reste dans tous les cas une grande institution et Georges Bensoussan un très grand monsieur auquel on ne peut que « reprocher » sa haute stature intellectuelle, son courage et son indépendance. L’expression « double casquette » qui revient sans cesse me semble, dans le contexte de cette intervention, fortement péjorative.

    • David dit :

      Bali ne répond pas. Il est probablement parti à la plage, en Indonésie peut-être…
      Je tiens à préciser ce qui suit car j’ai eu la chance de rencontrer Georges Bensoussan plusieurs fois. Sa capacité de travail est très au-dessus de la moyenne (et oublions la « double casquette »). Être rédacteur en chef d’une revue telle que la « Revue d’histoire de la Shoah », dont chaque numéro constitue une sorte de monument, suffit déjà à en imposer. Donc, j’insiste sur la puissance de travail de cet historien, entre autres qualités. Je comprends que certains en soient irrités…

  4. Cattan sarah dit :

    Un de Vous, chers Lecteurs, a demandé Qui de « cachait » derrière le pseudo Bali.
    Nous a TJ, nous le savons.
    Il a un zeste de culture, pour ne pas être cruelle et parler de «  restes de culture »
    Il a ici moult pseudos
    Ici et ailleurs …
    Pour le reste, bien évidemment que le travail et l’apport de Georges Bensoussan ne souffrent aucun questionnement.
    Et puis… Interrogez-vous: si un mot un seul de nos dires étaient faux, n’aurions-nous pas été poursuivis…
    Nous aurions nous aussi aimé que cette déplorable Histoire n’eût jamais lieu.

  5. Nina Eden dit :

    Tout comme Sarah Cattan, je trouve que le Sieur Bali tient des propos non pertinents.

    Que dit O. Ypsilandis sinon un résumé des faits et des gens qui ont entouré toute l’affaire G. Bensoussan ?

    Le travail de l’historien est intellectuellement honnête, ce qui en nos jours peu glorieux, est déjà un exploit.

    Il nomme ses sources et ce procès fut une mise en scène par les frères musulmans (CCIF) mais pas seulement. Jakubowitz n’avait pas à mêler la LICRA à cette parodie lorsqu’on connaît les activités récurrentes du CCIF.

    J’ajouterais pour ma part, que la présence de Mohamed Sifaoui aux côtés du CCIF et de la LICRA m’a parue très douteuse.

    Lorsqu’on combat comme le martèle souvent Sifaoui, pour la laïcité, on se demande comment il peut se trouver sur le même banc que les frères musulmans.

    Tout comme l’auteur de cet article précis, je suis restée perplexe au début puis dégoûtée par la suite, des réactions des confrères de Georges Bensoussan appartenant au Mémorial de la Shoah.

    Il semblerait qu’on lave plus blanc que blanc dans certaines sphères à moins qu’on aie trouvé le moyen de se débarrasser de Bensoussan pour de fausses raisons.

    L’engagement d’un homme doit être censuré ?

    Le fameux « Bali » qui donne des arguments spécieux sur l’article et non sur le fond doit être au mieux un ami du nouveau président et au pire une sorte de taupe au service de je ne sais qui au juste. Il semblerait que les places sont chères…

    Bravo à Tribune juive pour avoir pu éditer cet article. Il était nécessaire d’avoir tous les détails et nous les avons enfin dans leur entièreté.

  6. OLIVIER COMTE dit :

    J’aimerais bien raisonner toujours en termes de justice et de vertu pour ce qui serait la défense de la pureté individuelle contre le vice fatalement collectif, position rassurante quand je subirai bientôt le jugement divin.
    Je suis désolé, mais cela n’est pas possible: l’individu n’a pas toujours raison par sa pureté de principe et les institutions sont nécessaires et ne font pas que rassembler des vanités et des ambitions intolérantes. Cela vaut aussi pour le peuple juif français qui devrait moins souffrir de discordes internes, pour sa cohésion et par sa petite taille.

    Tout cela n’est pas et je ne devrais pas le rechercher pour la blancheur de mon âme et l’éclat de ma cause:
    L’excommunication judaïque de Spinoza était justifiée: l’humanisme athée, avec son armure éclatante de tolérance, est le plus grand danger pour la foi et l’accomplissement spirituel des croyants, de la même façon que le cléricalisme qu’il prétend combattre. Aisi, la sainte Inquisition était nécessaire pour combattre l’hérésie qui menaçait l’Eglise; elle se perdit dès que sa fonction fut dénaturée.

    Comme vieux républicain non-juif, je n’apprécie pas les fantaisies politiques du CRIF mais celui-ci est indispensable, face aux pouvoirs publics. Les organisations et les responsables sont nécessaires et les conflits doivent rester discrets. Le Mémorial de la Shoah est plus utile que la personne de M Bensoussan. Celui-cu aurait dû accepter de se soumettre et refuser les excès de ses défenseurs. Les excès contre M Bensoussan n’ont rien à faire avec le Mémorial. L’esprit libertaire qui prétend triompher est une agitation dangereuse, particulièrement quand la lutte de la Nation entière contre l’hérésie politique et religieuse de l’Islamisme doit garder sa cohésion.

    Les tentations de nombreux juifs vers une lutte qui serait anti-musulmane et justifiée par la connerie triomphante du faux dragon de l' »islamophobie » ne sont pas acceptables; elles mettent en danger le combat républicain contre l’Islamisme et l’antisémitisme. Oublier le vieil antisémitisme , au nom d’une lutte contre un « antisémitisme nouveau », réalité évidente contre laquelle la guerre a la forme et les voix des vieilles politiques réactionnaires, est une faute grave.

    Que les musulmans français se convertissent au catholicisme romain serait une heureuse surprise, mais ils font toujours partie de la communauté nationale; le problème du moment est que des hérétiques réformés fanatiques américains prétendent défendre un Etat d’Israël dont ils ne partagent pas le combat démocratique et ne comprennent toujours pas le passé.

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