Deux pavés de mémoire de la Shoah posés sans autorisation à Anvers

L’Association pour la mémoire de la Shoah (AMS) a posé samedi et dimanche dix-sept nouveaux pavés de mémoire en Belgique, dont deux sans autorisation à Anvers dimanche. Un autre pavé de mémoire sera posé lundi à Gand, à l’initiative d’associations gantoises et avec le soutien de l’AMS.
L’artiste allemand Gunter Demnig, concepteur de ces pavés de mémoire, était présent lors de ces événements.

Samedi, sept pavés ont été posés en souvenir de résistants et de déportés en Wallonie, à savoir un à Pepinster, un à Jambes, un à Tamines, un à Beaumont, deux à Charleroi et un à Bois-d’Haine (pour le socialiste résistant Fernand Lalieux en présence de l’échevine bruxelloise de la Culture Karine Lalieux).

« Un acte de désobéissance civile légitime »

Dimanche matin, un pavé a été installé devant l’entrée du lycée Emile Jacqmain à Bruxelles pour l’enseignante Madeleine Sulzberger, exclue de l’établissement par les autorités et gazée au camp d’Auschwitz. Deux pavés ont ensuite été posés rue aux Laines à Bruxelles et cinq à Anderlecht, rue Rossini et rue Georges Moreau.

Dimanche après-midi, deux pavés ont été posés à Anvers. Le premier, sur la Pretoriastraat, rend hommage à Émile Zuckerberg, recueilli dans la maison d’Izieu en France et déporté avec de nombreux autres enfants à la suite de la rafle du 6 avril 1944. Il avait six ans quand il a été gazé au camp d’Auschwitz. Le second, sur la Stoomstraat, honore la mémoire de Keyla Gitla Szafirstein, issue d’une famille de résistants juifs.

« Anvers est l’unique ville où des policiers ont orchestré les rafles »

« C’est un acte de désobéissance civile légitime parce que la pétition a recueilli plus de 5.700 signatures, dont 1.000 personnes originaires d’Anvers, juives et non juives », soutient Michel Lussan, porte-parole de l’AMS. La pétition adressée au bourgmestre Bart De Wever (N-VA) fait valoir qu’Anvers et Munich sont les deux seules villes d’Europe à s’opposer à la pose de ces pavés de mémoire.

« Anvers est l’unique ville où des policiers ont orchestré les rafles », rappelle Michel Lussan. « C’est pour cela qu’Anvers a eu le plus haut taux de morts de personnes juives pendant la guerre, à savoir 65%. Le refus empêche aussi la pose de pavés pour des policiers qui n’ont pas voulu participer à ces rafles, sont entrés dans la résistance et ont été déportés ».

Au total, le nombre de pavés de mémoire dépasse les 260 en Belgique et les 65.000 dans toute l’Europe.

Source 7sur7 

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