Desculpa, Brigitte! Ô Tempora, Ô Mores. Sarah Cattan

Du grec polis, la Cité, et technè, la Science, la politique se définit d’ordinaire comme une science du gouvernement de la cité, supposée étudier les questions relatives au pouvoir, à l’Etat, à l’art de gouverner, à la Loi, à la politique, à la paix, au bien commun.

Et puis aussi à la prévision, à l’adaptation, à l’évolution, en somme … tout un art.

Cet essai de définition ne devrait-il pas se conjuguer au passé.

Un passé révolu.

Corruption, affaires, absence d’éthique, mélange des genres, Stature ne convenant décidément pas à la Fonction sont aujourd’hui du tout-venant.

Des Simone Veil, Robert Badinter, Philippe Seguin, pour ne parler que de la France : nos enfants ne sauront pas qu’ils étaient l’exception qui nous permit d’oublier alors un paquet de couleuvres.

Eux, et nous désormais, nous voyons moult hommes politiques perdant leur réputation. Passant par la case prison. Et même parfois revenir. Sur la Place publique.

Ce que nous n’avions encore pas vu, ce sont les Présidents ou Ministres twittos.

Addicts à leur smartphone pour interpeller tel autre, là où jadis on prenait son téléphone. L’interpeller à coup d’invectives. Une cour d’école. Sans adulte qui vous surveillât ça et rappelât aux règles de la bienséance.

Ce que nous n’avions encore pas vu, ce fut la façon dont le Président du Brésil et ses pairs réagirent aux propos de notre Président concernant la tragédie amazonienne. Comme notre PR avait traité son collègue de … menteur, et même un peu … d’incapable, une salve d’insultes du plus bas niveau répondit en écho, injures proférées à l’encontre de l’épouse du PR de la France, laquelle avait le grand tort, aux yeux de ces ploucs doublés de malotrus eux-mêmes dotés d’un goût fort discutable en matière d’esthétique féminine, d’être, imaginez un peu, plus âgée que son époux!

Vous rendez-vous compte !

Pour ces personnages d’un autre temps, la messe était dite : cette femme était une vieille.

Une vieille ? Donc Une moche. Mieux ? Une très très moche.

Brigitte Macron n’ayant pas en effet le profil de la bombe attendue par ces messieurs, Elle n’avait pas les gros seins des skets d’Elie Semoun, et tout le reste à l’avenant.

Eh oui : nous avions, nous, malheureux, hérité d’une Femme. Moderne. Lettrée. Engagée. Qui brisa un tabou en faisant fi d’une différence d’âge qui dut glacer les auteurs des injures, En parla de surcroît avec humour et sincérité, accompagnant le tout d’une certaine classe et de la réserve adéquate.

Pire : elle avait un charme fou, Bref, C’était Elle qui, paraît-il, faisait sans le chercher un brin d’ombre à l’époux.

Comment Diable en est-on arrivés là. A des dirigeants qui fissent honte à tout un peuple par des manières et des mots qu’on n’eût jamais cru, tous, avoir à tolérer.

Que ce Peuple en vînt à s’excuser auprès de la Dame à force de Desculpa, Brigitte !

Ce peuple brésilien que son Président outragea à l’occasion.

Nous n’étions pas très étrangers à la chose, puisque celui qui fut un très / trop proche de notre PR prit à son tour son clavier pour convoquer l’autre en combat, lequel se passerait dans un … octogone.

Kaaris et Booba s’étaient ridiculisés à ce jeu et l’avaient, semble-t-il, compris. Eux qui n’étaient pas … politiques. Nos media ? Ils relayèrent les tweets. Sans guère, m’a-t-il semblé, exprimer leur ahurissement : Si, le magazine Elle vient de s’exprimer à ce sujet éminemment sexiste. Et Elle, elle remercia ceux, brésiliens, qui lui avaient montré soutien.

Publié dans France, société

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